Archive for the ‘presse’ Category

La lettre des travailleurs du sexe au président du Burkina Faso

Wednesday, July 22nd, 2009

Le Télégramme - Fait du jour - Une volonté de nettoyer la toile

Monday, July 6th, 2009

4 juillet 2009

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Le Strass, Syndicat du travail sexuel, est né en mars dernier. Ce nouveau syndicat, qui regroupe téléopérateurs roses, stripteaseuses, acteurs pornos et prostituées, entend obtenir pour ces derniers une réelle reconnaissance sociale (Sécu, retraite etc). Mais aussi des pistes de reprofessionnalisation pour ceux et celles qui désirent mettre un terme à leur activité.

Des filles fichées par la police

Selon ce syndicat, en Midi-Pyrénées, la police aurait commencé à ficher les filles travaillant via internet. En se faisant passer pour des clients. «Les sites sont dans le collimateur de la Justice, souligne Isabelle Schweiger, porte-parole du mouvement. En 2003, la loi de sécurité intérieure a porté un sacré coup à la profession en nettoyant les trottoirs. À présent, elle s’attaque au net sous couvert d’un très vieux texte qui interdit d’émettre ou de répondre à des annonces vénales.»

Des personnes isolées

Pour le Strass, la situation est préoccupante. «La prostitution n’est pas interdite en France. Mais on fait tout pour qu’elle le soit. Sur ce sujet, les politiques sont considérablement en retard sur l’opinion.» L’activité d’escort-gril serait-elle menacée? «En tout cas, il sera bien difficile à ces femmes et ces hommes de se faire entendre sans réelle volonté de se fédérer, poursuit Isabelle Schweiger. Par définition, ces personnes sont extrêmement isolées.» Seuls quelques forums leur permettent de rentrer en contact, d’échanger sur les clients à éviter. Mais rien de réellement constructif..

* D.D

Le Télégramme - Fait du jour - Une volonté de nettoyer la toile.

Handicap: première volée d’assistants sexuels en Suisse romande

Friday, June 19th, 2009

Parce qu’il existe d’autres politiques que la répression et que le travail sexuel peut jouer un rôle social positif et humain,  le STRASS se réjouit de cette importante avancée : pour la reconnaissance du travail sexuel et l’action responsable des TravailleurEs du Sexe en matière de santé Publique. Le Syndicat du Travail Sexuel invite les parlementaires Français à prendre exemple sur nos amis Suisses Romand et réitère sa principale revendication : la reconnaissance des TravailleusEs du sexe et l’égalité des Droits.

Handicap: première volée d’assistants sexuels en Suisse romande

Dix assistantes et assistants sexuels pour personnes en situation de handicap - quatre femmes et six hommes - ont reçu leurs diplômes samedi soir à Lausanne au terme d’une formation d’un an. Il s’agit de la première volée en Suisse romande.

La cérémonie s’est déroulée dans une ambiance chaleureuse en présence d’une centaine de personnes. Parmi les orateurs de la soirée figurait le conseiller aux Etats Luc Recordon (Verts/VD).

La formation comprend, outre la connaissance des divers handicaps, les aspects juridiques, médico-sociaux et culturels, les modalités pratiques, ainsi que les relations institutionnelles et familiales, sans oublier la sexologie et l’éthique.

L’assistance sexuelle aux handicapés existe depuis plus de 30 ans dans certains pays d’Europe du nord, Pays-Bas en particulier. En Suisse alémanique, les premiers débats et polémiques sur cette question remontent à 2003.

Un premier bureau spécialisé s’est ouvert début 2006 à Bâle sous l’égide de l’association FaBS. Cette dernière a repris le flambeau après que la section zurichoise de Pro Infirmis eut jeté l’éponge suite à un recul des dons.

Deux volées d’assistants ont déjà été formées outre-Sarine, en 2004 et 2007. La France et la Belgique francophone, où rien de tel n’existe, se montrent intéressées à ce qui se passe en Suisse romande et des collaborations sont envisagées, précise Mme Vatré.

Les assistants sexuels proposent aux handicapés massages, caresses, expériences sensuelles, jeux érotiques et conseils pour leur apprendre à vivre leur sexualité en toute autonomie.

(ats / 14 juin 2009 09:08)

Handicap: première volée d’assistants sexuels en Suisse romande

Act Up-Paris | Tête haute

Wednesday, April 1st, 2009

Tête haute

publié en ligne : 1er avril 2009 dans Action 117

Le 20 mars dernier ont eu lieu au théâtre de l’Odéon, les assises de la prostitution, organisées par le collectif « droits et prostitution ». Retour sur deux ateliers, droits sociaux et prévention, et une grande nouvelle, la création du STRASS.

L’atelier « droits sociaux » a été l’occasion d’échanger sur autant de thèmes que le cadre législatif français en comparaison avec ceux de la Suisse, de la Belgique, de l’Espagne, les abus, notamment sexuels, de policierEs et leurs refus d’enregistrer des plaintes de prostituéEs pour vols, viols et violences, les différents statuts professionnels qu’ilELLEs peuvent revendiquer, ainsi que les droits à la retraite, à l’assurance maladie, la formation d’assistantEs sexuelLEs pour travailler auprès des handicapéEs, les discriminations aux emplois autres que sexuels, notamment pour les Trans’ qui n’ont pas obtenu de changement d’état civil. Autant dire que tous ces sujets n’auraient pas pu être abordés si la salle n’avait été pleine d’une représentation internationale et que les prostitutéEs euxELLES-mêmes n’avaient témoigné à partir de leur expérience.

Il a permis de réaffirmer une fois de plus que les délits de « racolage passif » et de « proxénétisme de soutien » sont inefficaces pour lutter contre le proxénétisme de contrainte, qui est d’ailleurs distinct dans le code pénal de la traite des êtres humains, témoignant ainsi de la position abolitionniste de l’Etat. L’atelier a fini par s’orienter en faveur d’une reconnaissance de l’activité de vente de services sexuels grâce à différents statuts professionnels permettant de reconnaître la diversité de la prostitution (de rue, libérale, salariat, escorting, pornographie, etc).

En parallèle, dans l’atelier prévention, ont été discutées les conséquences de la LSI de 2003 (Loi de Sécurité Intérieure) sur la lutte contre l’épidémie de sida. En envoyant les prostitutéEs aux marges urbaines, la LSI entrave le travail de prévention des acteurs/actrices associatifVEs. Les prostituéEs, moins visibles, sont aussi plus mobiles, de sorte que le suivi thérapeutique des malades du VIH est souvent menacé. Rendez-vous médicaux ratés des travailleurSEs du sexe qui, quand ilELLEs ne sont pas en garde-à-vue, doivent fuir quelques jours en province ou à l’étranger pour échapper aux descentes de police. La LSI a poussé beaucoup de personnes à travailler sur internet où la prévention est très difficile à mettre en œuvre. Le web casse la transmission des savoirs entre prostituéEs tout en accroissant la concurrence. Et de fait, le préservatif est de plus en plus négocié par les clientEs qui voudraient s’en passer. Les travailleurSEs du sexe pour lesquelLEs les passes se raréfient doivent abdiquer, notamment pour les fellations. En discriminant les prostituéEs qui ont un rôle dans l’éducation à la santé, la LSI fait le jeu de l’épidémie de sida.

Les assises furent également l’occasion d’une annonce importante : la création d’un syndicat de travailleurSEs du sexe, le STRASS (syndicat du travail sexuel). En choisissant ce mode d’organisation, les militantEs du STRASS vont faire reconnaître la réalité de leur activité, c’est-à-dire qu’il s’agit d’un travail, et qu’à ce titre, il doit offrir tous les droits afférents à une activité professionnelle, en premier lieu, l’accès à la sécurité sociale. Le syndicat offrira la possibilité de regrouper très largement des travailleurSEs du sexe, qu’ilELLEs soient acteurRICEs porno, prostituéEs, escort, et de faire émerger sur le long terme une parole collective, porteuse d’une contre-expertise militante, capable d’enrayer les discours répressifs de ceux et celles qui dénient aux travaillleurSEs du sexe la capacité à décider pour eux/ELLES-mêmes.

Act Up-Paris se réjouit de la création de ce syndicat et sera à ses côtés dans nos combats communs.

Article sur le site d’ActIp Paris :

Act Up-Paris | Tête haute.

Sortir du placard de la prostitution

Thursday, March 19th, 2009

jeudi 19 mars 2009

Tribune initialement publiée sur Yagg

Opinions & Débats: “Sortir du placard de la prostitution”, par Thierry Schaffauser, travailleur du sexe

Thierry Schaffauser Demain vendredi 20 mars, et pour la troisième année consécutive, les Assises de la prostitution se tiendront à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, à Paris, et réuniront entre autres prostitué-e-s, acteurs politiques, associatifs et chercheurs pour une série d’ateliers (plus d’infos ici). Le lendemain, la Marche de défense des droits des prostitué-e-s, appelée aussi “Pute pride”, démarrera place Pigalle, à partir de 13 heures.

Pour Yagg, Thierry Schaffauser, travailleur du sexe et militant impliqué dans la défense des droits des prostitué-e-s, livre sa critique du discours abolitionniste dominant et lance un appel à “sortir du placard de la prostitution”.

“SORTIR DU PLACARD DE LA PROSTITUTION”, PAR THIERRY SCHAFFAUSER, TRAVAILLEUR DU SEXE

La communauté pute et la communauté transpédégouine ont toujours été très proches l’une de l’autre. En lisant Gay New York de George Chauncey, on apprend que les putes et les transpédégouines fréquentaient les mêmes lieux de fête nocturne et de drague, partageaient souvent les mêmes amants, marins, soldats, et autres mâles en chaleur puisqu’étant les seules qui baisaient hors mariage. Les folles et travestis copiaient ces rares femmes qui osaient prendre l’initiative sexuelle. Les lesbiennes étaient souvent également réprimées par les lois antiprostitution car vivre sans être mariée mais avec d’autres femmes était considéré comme un comportement de pute. Nous subissions le même stigmate.

Tandis que les homophobes voulaient guérir l’homosexualité, les putophobes voulaient réformer les putes. Aujourd’hui, cela n’a pas trop changé. Il y a toujours des mouvements chrétiens qui proposent la même chose et présentent comme modèles de réussite des “ex-gays” ou des “survivantes de la prostitution”. Malheureusement, si les “ex-gays” sont jugés comme un mouvement homophobe, les “survivantes de la prostitution” ont encore pour beaucoup une légitimité plus grande que les putes activistes qui développent un discours politique sur elles-mêmes.

Dans les années 1970, les putes et les transpédégouines ont en effet lancé de nouveaux mouvements sociaux. Mais si les putes n’ont rien remporté depuis l‘occupation des églises en 1975, les gays, eux, semblent enfin pouvoir éventuellement devenir des citoyens égaux. Face à ce constat, une nouvelle génération d’activistes travailleurs du cul ont décidé de s’inspirer de ce qui a fait la force du mouvement LGBTIQ. La Pute Pride, dorénavant annuelle, est ainsi née en 2006 afin de retourner l’insulte en fierté, d’abandonner les masques et d’adopter un processus de visibilité et de coming-out.

LE SYSTEME ABOLITIONNISTE
La répression et le contrôle social des putes sont à comprendre dans le cadre du système abolitionniste. Celui-ci est né à la fin du XIXe siècle dans l’Angleterre victorienne quand les femmes devaient être asexuelles ou reproduire, et que les putes étaient à contrario vues comme des femmes déchues ayant perdu leur pureté sociale. L’idée de base était pourtant bonne, puisqu’il s’agissait au départ d’abolir un autre système de contrôle: l‘encartage et les dépistages obligatoires dans les maisons closes. Or le mouvement abolitionniste n’a plus eu pour but seulement d’abolir les “lois réglementaristes”, mais d’abolir la prostitution elle-même.

Les ordonnances de 1960 en France font des prostituées des inadaptées sociales, et au même moment sont ajoutés les amendements Mirguet qui criminalisent davantage les homosexuels, eux aussi inscrits dans la liste des fléaux sociaux. L’article de la Loi pour la Sécurité Intérieure (LSI) concernant le racolage passif depuis le 18 mars 2003 ajoute à notre statut d’inadapté social celui de délinquant. Concrètement, cela signifie que nos vies sont placées hors du droit commun. En cas d’agression ou de viol, les plaintes ne sont pas enregistrées par la police. Nous avons certes toujours le droit de nous prostituer dans le cadre de notre vie privée et notre travail est reconnu comme tel… fiscalement. Toute activité d’échange commercial, de publicité, de racolage ou même le don de revenus à un proche demeurent en revanche interdits par les lois sur le proxénétisme.

Autrement, la plupart des droits sociaux sont conditionnés au fait de passer par des associations de réinsertion qui nous demandent d’arrêter la prostitution pour “nous remettre dans le système”. Si par exemple vous êtes arrêtée pour racolage, vous risquez 3750 euros d‘amende et 2 mois de prison, et l‘expulsion du territoire pour les étrangers. Pendant votre garde à vue, la police vous remet une liste de contacts d’associations abolitionnistes et la justice est prête à se montrer plus clémente si vous arrêtez de vous prostituer ou si vous dénoncez un “proxénète”.

Quelques putes acceptent de jouer le jeu et de se faire passer pour des victimes dans ces assos, obtenant parfois un logement ou d‘autres avantages, tout comme certains pédés acceptaient de se faire “guérir” afin d’éviter la répression. Les ateliers de réinsertion n’offrent que des petits boulots non formateurs, ceux-là même que la plupart des putes ont pourtant déjà faits avant de choisir la prostitution, et que nous avons justement fui pour échapper à cette exploitation. Mais pour ces professionnels de la réhabilitation, il serait nécessaire de nous réapprendre le goût de l’effort, celui de nous lever tôt le matin, et d’abandonner ce qu’ils croient être de l’argent facile et sale.

MENSONGES ET CHIFFRES FANTAISISTES
S’agissant des travailleurs du sexe migrants, il suffit de dire qu’”elles et ils sont toutes des victimes de la traite” et de les expulser car il paraît qu’elles et ils seront mieux chez elles ou chez eux dans leur famille que sur les trottoirs d’Occident. C’est omettre toute la pauvreté et le manque de liberté que subissent les femmes et transpédégouines dans ces pays, et c’est nier leur capacité à agir, en réduisant leur stratégie économique et de migration à de la “traite”. La traite fait peur et l’émotion suscitée permet tous les mensonges et chiffres fantaisistes. Les chiffres de la traite annoncés sont en effet les mêmes que ceux des entrées illégales sur le territoire, comme si tous les sans-papiers étaient des putes.

Le problème est également que la traite n’est envisagée que dans le cadre de la criminalité organisée et rarement en termes de droits humains pour les victimes. Les victimes sont utilisées pour témoigner contre leur passeur et sitôt le procès terminé, expulsées. Les abolitionnistes prétendent que c’est la demande des clients pour des services sexuels qui crée la traite alors qu’elle se développe seulement depuis ces dernières décennies du fait de l’accroissement des contrôles aux frontières quand la prostitution a elle toujours existé. Et bizarrement, la lutte contre la demande ne paraît pas la solution pour les autres secteurs économiques touchés autant, si ce n’est plus, par le travail clandestin de victimes de “trafics”.

Enfin, le pire du système abolitionniste a lieu dans les pays du Sud, où la réhabilitation ne se fait plus par la pression sociale mais par obligation. En Asie du Sud-Est par exemple, sous la pression de l’administration Bush et des ONG antiprostitution, des lois dites antitraite ont été votées afin de permettre à la police des raids dans les bordels et les karaokés. Les travailleurs du sexe sont battus et violés au passage par la police, emmenés dans des camps de travail et outés auprès de leur famille. Ces mêmes lobbies abolitionnistes obtiennent également l’arrêt des subventions aux associations de prévention sous prétexte que distribuer des préservatifs aux travailleurs du sexe reviendrait à légitimer notre travail.

Mais c’est aussi dans les pays du Sud que le mouvement des travailleurs du sexe est le plus fort au niveau mondial. Au Cambodge et en Thaïlande, les travailleurs du sexe organisent des manifestations avec des milliers de participants. En Inde, un syndicat regroupe plus de 60000 membres. Le mouvement est international et des syndicats se forment dans plusieurs pays, en Argentine, au Brésil, en Afrique du Sud, en Nouvelle-Zélande, en Angleterre, etc. À Paris, lors des Assises de la prostitution qui se tiendront le 20 mars, nous espérons également annoncer la création du premier syndicat en France car il est temps que nous sortions nous aussi du placard de la prostitution.

Thierry Schaffauser