Archive for the ‘Communiqués de presse’ Category

Pénalisation de nos clients: LES TRAVAILLEURS DU SEXE SONT CONTRE !

Wednesday, March 30th, 2011

Si une loi était votée en ce sens cela aggraverait davantage nos conditions de travail, pousserait à travailler dans des endroits encore plus reculés et donc augmenterait les risques de violence contre nous. S’attaquer à nos clients représente aussi une potentielle précarisation.

Surtout c’est renforcer le stigma contre nous. En intervenant dans la sexualité entre adultes consentants, l’Etat nous traiterait ainsi encore davantage comme des mineurs en situation d’incapacité d’exprimer leur propre volonté.

Nous ne voulons pas être « réinséré-es », nous voulons la reconnaissance de nos droits.

Nous ne sommes pas des victimes ou des inadaptés sociaux, nous sommes des travailleurs et travailleuses.

Contact presse:

Maitresse Gilda 0623068701

Isabelle Schweiger

ASSISES DE LA PROSTITUTION 2011 - LYON

Friday, March 11th, 2011

Communiqué de Presse de :

DROITS ET PROSTITUTION - CABIRIA - STRASS

ASSISES DE LA PROSTITUTION 2011

LYON

18 MARS 2011

Depuis 2003, année d’entrée en vigueur de la loi qui pénalise la racolage passif, les conditions d’exercice des travailleuses et travailleurs du sexe n’ont cessé de se dégrader : augmentation des violences, de la stigmatisation, arrêtés municipaux visant à écarter les travailleuses du sexe des centres-villes et lieux de passage… Aujourd’hui, c’est la pénalisation des clients qui semble être la voie retenue par les politiques.

La voix des travailleuses du sexe n’est jamais prise en compte dans l’élaboration des lois qui les concernent.

Les Assises de la Prostitution se veulent un temps d’échanges et de prise de parole entre travailleuses du sexe et associations les soutenant, afin qu’émerge un positionnement commun sur des thématiques concrètes (santé, conditions de travail, répression, stigmatisation, droits, lois…).

Pour leur cinquième édition, les Assises de la Prostitution auront lieu le 18 mars à Lyon. Dans ce contexte sécuritaire et répressif contre tou-te-s les travailleuses et travailleurs du sexe, le besoin d’être visibles, de se retrouver et de s’organiser est plus que jamais d’actualité.

Les temps d’échange et de prise de parole proposés permettront d’aborder les réalités concrètes que vivent les travailleuses du sexe, les conséquences sur leur santé et leurs conditions de vie en général ainsi que les perspectives d’actions à mettre en place pour faire évoluer la situation des travailleuses et travailleurs du sexe et pour changer les lois.

Les conclusions de cette journée seront rendues publiques lors d’une conférence de presse qui se tiendra

Vendredi 18 mars 2011 à 17H,

à la maison des associations,

28, rue Denfert Rochereau, Lyon 4e

Une Marche pour les droits des travailleuses et travailleurs du sexe, prostitué-e-s et autres tapins aura lieu:

Samedi 19 mars 2011,

Place des Terreaux (Lyon 1er)

à partir de 14h30.

Contacts Presse:

Isabelle SCHWEIGER (porte-parole STRASS)             06.31.45.64.24

Antoine BAUDRY (CABIRIA)                                      06.76.63.59.22

Miguel Ange GARZO (ARCAT et UNALS)                    06.81.43.48.15

ASSISES DE LA PROSTITUTION 18 MARS 2011 A LYON

Justice - Communiqué de presse.(mise à jour 02/03/2011)

Friday, February 25th, 2011

Le 17 février 2011, la 17ème Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris, a reconnu que Mme Henriette Zoughebi s’est rendue coupable de diffamation et l’a condamné à 500€ d’amende avec sursis. Elle devra en outre verser 1500 € de frais de justice et 1€ de dommages et intérêts au STRASS, le Syndicat du Travail Sexuel qui s’est constitué partie civile. Mme Zoughebi a toutefois fait appel de ce jugement qui n’est donc pas définitif.

Sur son blog,  Henriette Zoughebi, Vice-présidente du Conseil régional d’Ile-de-France, s’en était violemment pris aux organisateurs des “Assises de la Prostitution”. Le Tribunal a également ordonné le retrait du texte.

Le STRASS prend acte de cette décision, qui renforce sa détermination à défendre les intérêts de toutEs les travailleuses du sexe et leurs aliéEs qui luttent pour leur Droits.

Les Assises de la Prostitution sont une des trop rares occasions de rassemblement national des travailleurs du sexe et cette année encore, le STRASS participera à cet événement les 18 et 19 mars prochains à Lyon, ne déplaise à Mme Zoughebi !

infos :

contact@strass-syndicat.org

Communiqué d’Act Up Paris

Monday, December 20th, 2010

17 décembre : Journée internationale contre les violences faites aux travailleurs du sexe

Le PS veut-il continuer d’accroître les violences ?

En février ou mars devrait paraître le rapport de la mission parlementaire sur le travail du sexe présidée par la députée PS Danièle Bousquet. Il semble que cette dernière soit déjà en train de préparer le terrain à une proposition qui comporte tous les risques d’une plus grande exposition des travaileurEUSES du sexe à des violences ; tant morales, qu’économiques ou physiques.

En effet, en visite à Lyon, Danièle Bousquet a envisagé de pénaliser le recours à des prestations sexuelles tarifées. Dans cette même ville, en vue d’interdire aux travaileurEUSEs du sexe de stationner leurs véhicules dans certains quartiers, Gérard Collomb, maire PS, a encore signé le 17 mai un nouvel arrêté municipal. Il a ainsi accru la chasse aux putes qu’il avait initiée bien avant la loi sur la sécurité intérieure de Sarkozy.

Pour avoir entendu des associations communautaires, Danièle Bousquet sait très bien que les principauxALES concernéEs sont contre sa proposition parce qu’elle aurait pour conséquences de rendre le travail sexuel encore plus clandestin, de l’invisibiliser davantage, d’appauvrir ceuxCELLEs qui l’exercent et ainsi de les éloigner des programmes de prévention vers des endroits dangereux, de les rendre plus vulnérables face au pouvoir économique des clients qui ne veulent pas mettre de préservatifs et à la violence.

Danièle Bousquet préfèrerait-elle être responsable de contaminations par le VIH/sida ou d’assassinats de travailleurEUSEs du sexe plutôt que de reconnaître leur activité, de leur donner la possibilité de l’exercer dans des conditions de sécurité optimales et donnant accès à des droits sociaux ?

Sur la question de la prostitution, le PS s’est allié objectivement à l’UMP la plus réactionnaire. Au nom de quel principe démocratique ? Dans sa charte pour l’égalité, le PS indique qu’il est nécessaire d’écouter les associations représentant les « personnes les plus marginalisées que notre système de protection sociale n’arrive plus à atteindre » ; quelques pages plus loin, on retrouve la proposition de Danièle Bousquet, combattue par toutes les associations de prostituéEs. Cherchez l’erreur. A un an d’échéances électorales décisives, le PS nous montre, une fois de plus, son refus d’écouter le mouvement social et la parole des personnes les plus concernées. Le PS doit arrêter de sacrifier les minorités que nous sommes à une vision totalement déconnectée de la réalité de terrain. Il en va de nos vies.

Journée internationale contre les violences faites aux travailleurs du sexe

voir le communiqué sur le site d’ACTUP PARIS : http://www.actupparis.org/spip.php?article4351

Journée internationale contre les violences faites aux travailleurs du sexe

Tuesday, December 14th, 2010

RASSEMBLEMENT - Manifestation

Vendredi 17 décembre - 19H00, Place Pigalle - Paris

Le 17 décembre est la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux travailleuses du sexe.

Considérées comme des «risques du métier», ces violences sont encore trop peu prises en compte par les

services de police et de justice. Trop souvent, les plaintes ne sont pas enregistrées par les agents de police, et

lorsqu’elles le sont, c’est l’administration judiciaire qui ne poursuit pas l’instruction. Les travailleuses du sexe

hésitent donc à se lancer dans de telles démarches, craignant de se voir ainsi dénier l’accès à un de leurs droits fondamentaux. Certaines d’entre elles, en situation irrégulière, n’imaginent même pas avoir le d

roit de déposer plainte. Ainsi, les agresseurs semblent partager un sentiment d’impunité qui, loin d’être le fruit du hasard, est créé par le climat politique et social qui règne en France autour des questions de prostitution ou de migration.

- des vio­len­ces quo­ti­dien­nes, de l’insulte sexiste, raciste ou homo­phobe aux réflexions humi­lian­tes des “bons citoyens”,

- des vio­len­ces phy­si­ques, du jet de détri­tus aux coups, aux viols, aux meur­tres,

- des vio­len­ces sym­bo­li­ques qui les relè­guent à une place de vic­ti­mes, d’ina­dap­tées socia­les ou de délin­quan­tes,

- des vio­len­ces ins­ti­tu­tion­nel­les, par des lois qui cri­mi­na­li­sent leur acti­vité mais aussi tout sys­tème de soli­da­rité avec elles et entre elles.

Rassemblement contre les violences faites aux travailleu(r)ses du sexe.

Vendredi 17 décembre 2010 19h, place Pigalle à Paris.

Votre présence est primordiale afin d’exprimer votre solidarité et de soutenir les personnes concernées qui osent se regrouper et s’exprimer publiquement malgré le stigmate qui pèse sur elles.

Venez nombreuses et nombreux avec vos parapluies rouges !

Journée mondiale contre le sida

Tuesday, November 30th, 2010

Parce que nous sommes des actrices actives dans la prévention IST/VIH, parce que nous sommes solidaires, conscientEs et engagéEs : le STRASS défilera cette année encore, à la Marche de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA, à Paris et partout ailleurs, le Strass sera aux côtés de celles et ceux qui luttent.

Les TravaileuSes du sexe ne sont pas le problème, mais une partie de la solution.

Paris : Départ de la marche 18h30 à Bastille, venez nombreuSes et avec vos parapluies rouges !

[Canada] Déclaration de l’Institut Simone de Beauvoir - Une prise de position féministe sur le travail du sexe

Thursday, November 4th, 2010
Correspondante : Institut Simone de Beauvoir
Publié le : 02/11/2010 à 16h56
Catégorie : Communiqués

L’Institut Simone de Beauvoir de l’Université Concordia appuie le récent jugement de la juge Susan Himel de la Cour supérieure de justice de l’Ontario concernant les lois sur la prostitution du Canada.

Nous appuyons cette décision en tant que féministes et, plus particulièrement, en tant que féministes qui occupent une position de leadership dans le domaine de la sexualité. L’Institut Simone de Beauvoir a été fondé en 1978 et offre le plus ancien programme d’études féministes au Canada. Notre programme d’études féministes a été le premier à offrir un cours sur les études lesbiennes (1985); nous avons contribué à La Ville en Rose, un colloque international sur les études gaies et lesbiennes qui s’est tenu en 1992; et nous avons participé activement à la mise sur pied du premier cours de premier cycle dédié au VIH/SIDA donné dans une université canadienne (1994). Depuis 2006, nous offrons un cours optionnel intitulé «Framing the prostitute» (Encadrer la prostitution) qui explore les manières dont les débats sur la prostitution sont construits au sein des politiques publiques et des milieux féministes et militants.

Depuis plus de trente ans, l’Institut Simone de Beauvoir occupe une position de leader en ce qui a trait aux questions de sexualité. Notre position d’appui au jugement Himel s’inscrit donc dans une longue tradition d’actions et de réflexions en matière de sexualité.

Le contexte des lois sur la prostitution au Canada
L’échange de services sexuels contre de l’argent est entièrement légal au Canada. Cependant, la plupart des éléments impliqués par la prostitution sont criminalisés. Cela inclut :
• communiquer pour les besoins de la prostitution;
• être le propriétaire ou le fondateur d’une maison de débauche; et
• forcer une autre personne à exercer la prostitution (les lois sur le proxénétisme).

Le jugement Himel
Le jugement Himel soutient que ces trois éléments des lois sur la prostitution ne permettent pas aux femmes de travailler dans un environnement sécuritaire. Par exemple, les femmes ne peuvent pas communiquer clairement sur des questions de sexualité avec un client, notamment à propos de la protection contre les infections transmises sexuellement, puisqu’elles ont peur d’être accusées d’une infraction de communication. Dans un autre cas de figure, les femmes ont l’interdiction de se mettre en équipe et de travailler ensemble dans un même appartement, puisque l’appartement en question serait considéré comme une maison de débauche. De la même manière, les femmes qui vivent avec un(e) conjoint(e) peuvent voir cette personne condamnée à cause des lois sur le proxénétisme qui interdisent de «vivre des fruits» d’une travailleuse du sexe. Ces lois empêchent également les femmes de s’organiser collectivement dans le but d’assurer leur sécurité et leur bien-être : de la constitution d’un syndicat à l’adhésion à une assurance maladie.

La juge Himel, considérant les preuves qui lui ont été présentées, a conclu que les dispositions actuelles du Code criminel créent un contexte dans lequel les femmes qui travaillent dans l’industrie du sexe font l’objet d’un danger grandissant. Le jugement affirme que les lois existantes relatives à la prostitution causent des méfaits aux femmes puisqu’elles les mettent à risque de subir davantage de violence. Les dispositions actuelles du Code criminel transgressent la Charte des droits : le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne.

Ce jugement laisse 30 jours au gouvernement fédéral pour faire appel. Bien que le jugement ait eu lieu en Ontario, il pourrait avoir des répercussions dans d’autres provinces, considérant qu’il remet en question la constitutionnalité de certaines parties du Code criminel lui-même.

Pourquoi nous appuyons cette décision en tant que féministes
• Ce jugement soulève d’importantes questions quant au droit des femmes de contrôler leurs conditions et leur environnement de travail. Considérant que l’échange de services sexuels contre de l’argent n’est pas un acte criminel au Canada, nous appuyons la liberté des femmes de définir les conditions dans lesquelles elles travaillent. Ceci inclut aussi les femmes travaillant dans l’industrie du sexe.

• Nous ne nions pas qu’il puisse y avoir des abus de pouvoir et de la violence au sein de l’industrie du sexe – tout juste comme nous pouvons constater de la violence et des abus de pouvoir dans n’importe quel milieu de travail. Nous pensons que plus les femmes ont du pouvoir sur leurs conditions de travail, plus leur sécurité et leur santé s’accroissent. En tant que féministes, nous avons travaillé pendant des années pour assurer une participation active des femmes à la définition des conditions de travail de leurs vies. Notre engagement à ce principe inclut les femmes qui travaillent dans l’industrie du sexe.

• Nous appuyons aussi cette décision car en tant que féministes, l’histoire nous dit que ces mêmes lois sur la prostitution ont été utilisées particulièrement contre des communautés marginalisées. Par exemple, une descente a été faite au bar gay Truxx en 1977 à cause des lois sur les maisons de débauche. Ce scénario s’est répété en 1994 lorsque la police de Montréal a effectué une descente au bar gay K.O.X. en affirmant qu’il s’agissait d’une maison de débauche. Vers la fin des années 1990, des établissements échangistes du Montréal métropolitain ont également fait l’objet de descentes à cause des lois sur les maisons de débauche. Les lois qui criminalisent la prostitution permettent à l’État de viser les lieux, les événements et les communautés de ceux et celles qui sont sexuellement marginalisés. En tant que féministes, notre solidarité avec les communautés gaies et lesbiennes nous force à rejeter la criminalisation de la prostitution, parce que les évidences historiques du Canada nous démontrent clairement qu’alors que ces lois sont apparemment utilisées pour « protéger » les femmes, la réalité est plutôt qu’elles sont mobilisées contre les minorités sexuelles en général.

La prostitution n’est-elle pas préjudiciable aux femmes?
Comment les féministes peuvent-elles l’appuyer?

En discutant du débat sur la prostitution et du récent jugement Himel, certaines personnes soutiennent une position selon laquelle la prostitution en elle-même cause préjudice aux femmes. Plusieurs féministes avancent cet argument. La réalité est, en fait, beaucoup plus complexe qu’une telle prise de position. En fait, le jugement Himel est précisément une source d’intérêt pour nous en tant que féministes parce qu’il nous pousse à nous questionner sur la définition du « préjudice » en lui-même. Les lois qui sont désignées comme devant protéger les femmes peuvent aussi leur causer préjudice et cela a été démontré dans les exemples de l’utilisation des lois sur les maisons de débauche contre les communautés gaies et lesbiennes.

De manière similaire, une loi qui empêche les femmes de déterminer leurs propres conditions de travail leur cause préjudice puisque cela diminue leur autonomie et leur pouvoir d’agir. Nous sommes d’accord avec le jugement Himel selon lequel les lois sur la prostitution du Canada leurs sont préjudiciables et que ce préjudice transgresse la garantie de sécurité de la personne assurée par la Charte des droits. La sécurité des personnes assure le droit de vivre sans violence. C’est donc en tant que féministes engagées dans la lutte contre la violence faite aux femmes que nous appuyons le jugement Himel.

Une véritable consultation
Un des apprentissages les plus importants des politiques féministes est la nécessité de consultations authentiques. Les féministes ont soutenu que les femmes doivent avoir le droit de vote si un état démocratique veut affirmer avoir consulté tous ses citoyens. Les féministes travaillistes ont maintenu que les travailleuses doivent être consultées si nous voulons comprendre comment un environnement de travail particulier affecte les femmes. Exactement comme les féministes qui nous ont précédées et qui ont insisté sur l’importance de consulter les femmes, nous soulignons l’importance d’un authentique dialogue avec les femmes qui travaillent dans l’industrie du sexe. Notre engagement envers les politiques féministes nous demande de parler directement aux femmes qui vivent cette réalité spécifique afin que nous puissions travailler ensemble à l’amélioration de leur situation telle qu’elles la conçoivent.

Recommandations pour les futures actions et réflexions en matière de prostitution :
À l’Institut Simone de Beauvoir, nous nous engageons à :
• soutenir la décriminalisation du travail du sexe au Canada, dans un contexte selon lequel l’échange de services sexuels contre de l’argent ne figure pas dans le Code criminel du Canada;
• protester contre les lois qui causent du tort aux femmes, même si leur intention est de « protéger » les femmes;
• soutenir l’autonomie des femmes à définir leurs conditions de travail, ceci incluant les travailleuses du sexe;
• reconnaître l’expertise des travailleuses du sexe dans notre réflexion sur les sujets qui les concernent;
• travailler en partenariat avec les femmes pour lutter contre la violence. Cet engagement inclut une véritable collaboration avec les travailleuses du sexe afin d’identifier et d’implanter les stratégies qu’elles perçoivent comme étant pertinentes pour contrer la violence exercée contre elles, en tant que femmes, et en tant que travailleuses.

Signé par les membres du personnel enseignant ainsi que les étudiantes et étudiants de l’Institut Simone de Beauvoir, Université Concordia.

> Simone de Beauvoir Institute’s Statement: A Feminist Position on Sex Work - Déclaration de l’Institut Simone-De Beauvoir : une prise de position féministe sur le travail du sexe (PDF)

PROSTI TUÉES !

Tuesday, August 24th, 2010

“Lobbys religieux, charity-business, démagogie, errances idéologiques, bonne conscience, politiquement correct, mensonges, manipulation… Abolitionnisme : pour en finir avec ce système.”

Alternative Libertaire a choisi de faire dans son numéro de juillet-aout 2010 un dossier sur la prostitution avec pour titre « Proxénètes, Clients, PROSTI   TUEURS, pour en finir avec ce système ». (1)

Ils expliquent que leur volonté d’écrire ce dossier est venue de leur rencontre avec des féministes qu’ils appellent ‘pro-prostitution’ ainsi que de groupes qu’ils nomment règlementaristes. Des militantes du STRASS ayant fait partie du collectif féministe en question, nous croyons comprendre que c’est de nous entre autres qu’il s’agit à travers ces mots. L’éditorial du dossier est en fait plus précis, parmi les exemples de ce qu’AL appelle ‘l’offensive règlementariste’ ils citent : « création d’un syndicat de prostitué-e-s – le Strass –, pétition demandant la mise en place de services sexuels pour les personnes handicapées, articles dans des grands quotidiens appelant à la constitution de maisons de prostituées autogérées… »

Ni le STRASS ni ses alliées féministes ne se sont ‘pro-prostitution’, mais défendent la légalité du travail sexuel, sa dignité, son droit d’exister sans souffrir de discriminations, d’opprobre et de violence. Le STRASS n’est pas un lobby ‘pro-prostitution’ mais un syndicat de défense des droits des travailleurs et travailleuses du sexe. L’amalgame est trompeur, et l’on ne dirait pas des autres syndicats qu’ils défendent le capitalisme quand ils défendent les travailleurs. Le STRASS n’est pas règlementariste. (2) En fait, le STRASS est l’organisation en France qui se bat le plus contre le règlementarisme car c’est nous qui avons été à la pointe du rejet de la réouverture des maisons closes prônée par la députée UMP Chantal Brunel en hiver dernier. C’est nous qui avons consacré les Assises de la prostitution 2010 au Sénat en partenariat avec le Collectif Droits et Prostitution sur le thème de l’opposition aux maisons closes, et c’est nous encore qui avons organisé la seule manifestation publique le soir de ces Assises, ayant clairement comme mot d’ordre le rejet de la proposition de Brunel. (3) Nous nous sommes maintes fois exprimé publiquement sur notre refus des maisons closes.

Il est évident qu’AL a une définition faussée du règlementarisme, mais certainement aussi de l’abolitionnisme et du prohibitionnisme. Nous considérons en effet le réglementarisme comme une politique de contrôle et de répression de la part de l’Etat qui est en contradiction totale avec nos revendications, parmi lesquelles notre proposition de maisons ouvertes autogérées en coopératives, sans patron ni contrôle d’un tiers ou de l’Etat. Nos revendications pour la reconnaissance de notre existence, le droit commun et l’égalité des droits, et la décriminalisation de notre travail par l’abolition de toutes les lois sur la prostitution s’apparentent au contraire bien plus à la volonté originelle de l’activiste et fondatrice de la philosophie abolitionniste, Joséphine Butler. Or, il est vrai que nous ne nous définissons pas non plus abolitionnistes, car ce courant a été récupéré et dévoyé par des prohibitionnistes souvent d’obédience chrétienne ayant pour but final l’abolition du travail du sexe, par le contrôle social de la prostitution et notre “réhabilitation”.

Ce courant bénéficie de millions d’euros de subventions publiques chaque année afin de lutter contre la prostitution, avec des centaines de personnes salariées dans toute la France ayant tout intérêt à préserver leurs intérêts économiques. Pour ne prendre exemple que de l’une d’entre elles, l’Amicale du Nid bénéficie d’un budget annuel de 12 200 000 euros avec plus de 200 salariés. (4) L’abolitionnisme tel qu’il existe aujourd’hui est donc avant tout un business très juteux. Ces organisations défendent la criminalisation de l’organisation de notre travail à travers les lois sur le proxénétisme, sans distinguer le proxénétisme de contrainte du proxénétisme de soutien, et maintenant militent pour la pénalisation de nos clients, contrairement à ce qu’ils déclaraient lors de leur audition au Sénat, en 2001 estimant que c’est une “fausse solution”. C’est dans cette ligne idéologique qu’AL veut se situer, en prétendant ne pas être prohibitionniste parce qu’ils sont contre la criminalisation du racolage. Or, le délit de racolage n’est qu’une des mesures d’un ensemble législatif prohibitionniste qui criminalise les travailleurs et travailleuses du sexe de bien des façons.

L’autre raison pour laquelle nous ne nous définissons pas abolitionnistes est que toutes ces organisations participent à la confiscation de la parole des travailleurs et travailleuses du sexe, soit par notre maintien au silence, soit par la calomnie, en nous accusant d’être complices de trafiquants, de proxénètes, de pédophiles et de violeurs, quand nous ne le serions pas nous mêmes.(5) La seule parole des travailleurs du sexe qui leur semble valable est celle qu’ils instrumentalisent, c’est-à-dire celle de personnes présentées comme victimes, n’ayant pas la capacité de faire leur propre choix et nécessitant leur aide charitable.

Ce n’est pas ainsi que nous concevons notre libération. Nous pensons au contraire que le statut de victime est un piège, qui nous enferme dans une posture de passivité, et nous prive de moyens d’actions pour nous auto-organiser. Les abolitionnistes ont beau avoir de belles intentions, nous ne leur reconnaissont aucun droit à décider de nos vies et des actions que nous devons mener, comme le fait de continuer à exercer le travail du sexe ou non.

Il est déplorable qu’AL ait décidé de procéder de la même façon en rédigeant tout un dossier sur notre travail, sans se donner la peine de consulter les divers collectifs de travailleurs et travailleuses du sexe qui existent en France, dont le STRASS. AL s’arroge le monopole de l’autogestion en déniant la parole des travailleurs et travailleuses du sexe dans son analyse et nous explique pourquoi  dans un texte datant de 2007: «Nous ne participerons pas aux luttes revendiquant des droits attachés au « métier » ou au statut de prostitué(e)s, mais avec les prostitué(e)s aux luttes universelles qui les concernent aussi (lutte pour les droits sociaux universels, lutte contre les lois sécuritaires). » (6) Voilà tout le paradoxe de la position abolitionniste d’AL qui refuse de considérer les travailleurs du sexe dans leur diversité et divise les prostituées en traçant une frontière improbable : d’un côté les “bonnes” prostituées victimes et de l’autre ; des libérales complices du système patriarcal et du capitalisme mondialisé. Comme si nos luttes, bien que partagées par des libertaires, n’étaient pas légitimes parce qu’émanant de femmes, de trans’ et d’hommes exerçant le travail sexuel mais refusant la victimisation et la confiscation de notre parole par des “spécialistes” auto-proclamés, et préférant nous syndiquer pour enfin, nous faire entendre. Y a-t-il d’autres groupes de travailleurs pour lesquels AL conditionne ainsi sa solidarité ?

En lisant le dossier d’AL, les seuls ‘experts’ cités, à l’exception d’Andrea Dworkin, n’ont aucune expérience du travail du sexe. Ce qui est éclairant par ailleurs, c’est que ces ‘experts’ se contredisent entre eux. En effet, AL interviewe le sociologue Lilian Mathieu qui les met pourtant en garde contre les erreurs des courants abolitionnistes. Son livre, La Condition Prostituée, explique très bien l’essentialisme de l’idéologie abolitionniste et Mathieu a dû dénoncer le manque de rigueur scientifique des autres ‘experts’ cités comme Richard Poulin, et en particulier leur habitude de fabriquer de faux chiffres. (7)

Celles et ceux qui militent pour les droits des travailleurs et travailleuses du sexe savent que les chiffres avancés sont pour la plupart faussés, quand ils ne sont pas inventés de toute pièce. Par exemple, lors de chaque événement sportif international, nous entendons la même légende urbaine des 40 000 femmes victimes de la traite déportées d’un endroit à l’autre de la terre. (8) AL décide de présenter les mêmes faits et décrit la prostitution en France comme dominée par la traite. Il semble donc qu’AL se base sur les mêmes chiffres que ceux délivrés par le Ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux. Cependant, le STRASS a déjà démontré dans une tribune sur LeMonde.fr que les chiffres du Ministre sont faux, basés sur le nombre de personnes arrêtées dans le travail de sexe de rue et ne reflètent en rien la réalité de la prostitution en France.(9) En effet, les personnes arrêtées en priorité par la police sont étrangères car le délit de racolage a pour but de les expulser. Il ne reste plus qu’aux courants abolitionnistes d’imposer le dogme selon lequel tous les travailleurs et travailleuses du sexe étrangèrEs sont des victimes de la traite car par définition il ne peut y avoir pour eux de migration économique s’agissant du travail sexuel. Nous en arrivons donc à la conclusion erronée que la grande majorité des prostituéEs en France seraient des victimes de la traite des êtres humains.

“Post hoc ergo propter hoc”

Ce constat biaisé érigé en vérité scientifique permet ensuite, pour le gouvernement d’expulser autant qu’ils veulent, et pour les courants abolitionnistes de revendiquer de plus amples mesures prohibitives dont la principale est à présent la pénalisation de nos clients. Comme son titre l’indique, avec en couverture l’image d’une ombre d’homme portant un costume représentant le pouvoir masculin, le dossier d’AL tient la position des hommes comme centrale dans l’existence de la prostitution et de la traite. En plus de la figure du proxénète, qui pourtant dans la réalité est souvent une femme, le nouveau responsable de tous les maux des femmes est le client de prostituéEs. C’est lui qui est considéré comme responsable de la traite des femmes, car c’est lui qui créerait la demande pour le marché du sexe. En plaçant, le rôle du client comme central dans son analyse, AL commet l’erreur d’omettre les travailleurs et travailleuses du sexe. En général, la raison pour laquelle nous exerçons le travail du sexe n’est pas à la suite d’une demande d’un client mais pour des raisons économiques.

La plupart du temps, c’est nous qui allons chercher le client pour répondre à nos besoins. En voulant criminaliser nos clients, AL ne répond pas à notre situation économique, mais met en danger les ressources que nous avons à notre disposition par le travail du sexe. AL a beau préciser que des droits universels devraient nous permettre de ne plus avoir à travailler dans l’industrie du sexe, mais la répression de nos clients telle qu’elle s’est déroulée dans les pays qui ont choisi ce  modèle, et telle qu’elle est présentée par le reste des courants abolitionnistes ne va pas dans ce sens. En réalité, la répression des clients est le moyen de ne pas avoir à résoudre la question de notre situation économique, et de fait, ne fait pas disparaitre la prostitution. Si AL considère sérieusement le problème de la précarité des femmes et des minorités qui ont recours au travail du sexe comme forme de stratégie économique, ils ne devraient même pas avoir à envisager la question de nos clients mais tenter de trouver de meilleures options. La criminalisation de nos clients au contraire aggrave notre précarité car elle nous prive d’une partie de nos revenus, nous force à travailler dans des espaces plus éloignés de la police pour conserver notre clientèle et donc à travailler plus longtemps et dans de plus grands dangers.

AL répondra alors que la majorité des prostituéEs étant des victimes de la traite, notre situation économique n’est qu’un facteur secondaire car minoritaire, un souci de capitalistes libéraux présentant la « figure mensongère de l’indépendante faisant croire que la prostitution est faite par et pour les travailleuses: l’argent leur reviendrait ». Or, même si AL avait raison et que la majorité des prostituées étaient des victimes de la traite, criminaliser les clients ne supprimerait pas la ‘demande’ de sexe. Elle ne ferait que réprimer celui qui pour l’instant est le seul acteur qui peut encore appeler la police sans risque d’être arrêté, et celui en meilleure position de mettre fin à la traite des êtres humains concrètement en étant en direct contact avec les victimes. Si AL connaissait un peu mieux nos clients, ils sauraient qu’ils ne viennent pas dans le désir ordinaire de nous dominer, parce que la sexualité des hommes n’est pas vouée par essence à toujours vouloir dominer celle des femmes.

Le STRASS déplore qu’une organisation libertaire puisse défendre de telles positions, celle de lobbys religieux, contre l’auto-organisation des travailleurs et travailleuses du sexe dénoncée comme règlementariste, et envisage peut-être même la pénalisation de nos clients. Nous estimons que c’est un réel recul de la part des mouvements anarchistes et libertaires quand on sait par exemple qu’Emma Goldman avait dénoncé la fabrication du mythe de la traite des blanches par les mouvements chrétiens et prohibitionnistes afin de contrôler les femmes du peuple en réprimant davantage l’exercice de la prostitution. Goldman plaçait la question de la situation économique des femmes au centre de son analyse et jamais n’a accusé les prostituéEs d’être complices du capitalisme ou du patriarcat. (10)

1 http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article3631

2 http://site.strass-syndicat.org/2009/11/reouverture-des-maisons-closes-mise-au-point-sur-la-position-du-strass/

3 http://site.strass-syndicat.org/2010/04/assises-de-la-prostitution-et-pute-pride-2010-revue-de-presse-suite/

4 http://www.fondationscelles.org/index.php?option=com_content&task=view&id=208&Itemid=111

5 http://www.mouvementdunid.org/Feu-Verts-au-proxenetisme-Lettre

6 http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article707&var_recherche=prostitution%20abolitionnisme%20

7 http://www.contretemps.eu/socio-flashs/ce-que-melange-entre-expertise-militantisme-peut-produire-pire

8 http://endehors.net/news/une-legende-urbaine-les-40-000-prostituees-d-europe-de-l-est-importees-en-allemagne-pour-la-coupe-du-monde-de-football

9 http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/06/02/combien-de-travailleurs-du-sexe-sommes-nous-par-thierry-schaffauser_1366353_3232.html

10 http://womenshistory.about.com/library/etext/bl_eg_an8_traffic_in_women.htm

Fair trade sex, entretien avec Benjamin Abt-Schiemann

Monday, May 10th, 2010

A lire dans “Le Jura libertaire”, entretien avec notre confrère Suisse : Benjamin Abt-Schiemann, Vice-président de ProCoRé (Prostitution – Collectif – Réflexion : ONG suisse qui défend les intérêts des travailleuses et travailleurs du sexe)

http://juralibertaire.over-blog.com/article-fair-trade-sex-49698051.html

France 4, Questions de génération : Payer pour du sexe, et alors ?

Friday, April 16th, 2010
photoEmission du Mercredi 14 avril

Invités : Abbé de la Morandais et Isabelle Schweiger (prostituée, porte parole Sud-Ouest du Strass) :

Thème du débat : Payer pour du sexe, et alors ?

A l’heure de la mondialisation et du libéralisme dominant, tout est-il à vendre et à acheter ? D’ailleurs payer pour du sexe, pourquoi pas ? Le sexe est-il un commerce comme les autres ? Qu’en est-il chez les jeunes, consommateurs par excellence ? Comment interpréter l’augmentation de la prostitution occasionnelle chez ces jeunes ? Pourquoi les travailleurs du sexe n’auraient-ils pas un statut ? Comment peut-on choisir de vendre son corps

Voir l’émission (sur le site de France 4)

Le site de Questions de génération