Archive for the ‘Communiqués de presse’ Category

Les lois sur le travail du sexe en Australie

Tuesday, March 9th, 2010

(Réponse à Christine Le Doaré, suite)

Dans son attaque contre le STRASS, Christine Le Doaré mentionne ce qui serait l’échec des revendications pour la décriminalisation du travail du sexe: “Ils ne parlent jamais non plus de l’expérience des féministes australiennes qui se sont battues pour légaliser la prostitution et le regrettent aujourd’hui, le bilan étant désastreux.”

Si Christine Le Doaré s’appuie sur les propos de Janice Raymond, on pourrait comprendre d’où viennent ses fausses croyances. Or, Raymond n’est pas australienne, et les militants anti-prostitution qui se disent féministes ne se sont jamais battus pour légaliser la prostitution, bien au contraire, mais ont tout fait pour en faire échouer le principe par tous les moyens. Rien d’étonnant donc qu’ils continuent de condamner cette expérience. Expérience qui d’ailleurs n’est pas uniforme. Au lieu de “légalisation de la prostitution”, il s’agit plutot de différentes législations. Peut être que tout comme Janice Raymond, Christine LeDoaré semble oublier que l’Australie est un Etat fédéral, composé donc de plusieurs états, qui ont chacun des lois différentes, certaines de légalisation, d’autres de prohibition ou encore de décriminalisation.

Face à ces attaques, le STRASS s’est contenté de contacter nos collègues d’Australie qui ont dejà répondu à Janice Raymond à ce sujet. Voici donc leur réponse que nous avons simplement traduite en français.

La réponse venant d’Australie à “10 Raisons pour ne pas légaliser la prostitution”

Ce document est de Scarlet Alliance, au nom de nos membres et avec la contribution des travailleurs du sexe en Australie, et s’adresse en reponse au document de Janice Raymond “10 bonnes raisons pour ne pas légaliser la prostitution”.

Comme l’industrie du sexe en Australie, est réglementée par État et droit Territorial, chaque État dispose d’un modèle différent de réglementation, l’Australie peut être considérée comme une étude de cas sur l’impact des différents modèles des lois sur l’industrie du sexe. Scarlet Alliance, en tant qu’organisation d’envergure nationale des travailleurs du sexe en Australie, avec pour effectif des travailleurs individuels et des organisations de travailleurs du sexe, des réseaux, des projets et des groupes est bien placée pour parler de l’impact de ces modèles sur la vie personnelle et professionnelle de nos membres : les travailleurs du sexe en Australie.

La légalisation et la dépénalisation sont deux cadres réglementaires différents avec des résultats et des impacts différents sur les travailleurs du sexe.

Dans les États australiens que Raymond appelle réglementaristes, l’industrie est en effet régie par un cadre d’homologation. Le modèle de licence inclut le développement d’un organisme gouvernemental visant à réglementer les licences des entreprises de l’industrie du sexe, les opérateurs, les gestionnaires, et dans certains cas, les travailleurs du sexe. Il s’agit d’un modèle complexe qui se traduit par un faible pourcentage de l’industrie travaillant dans la légalité, avec dans certains cas, des conditions extrêmes et illogiques de régulation dans le fonctionnement quotidien. Dans deux Etats, la réglementation est définie par l’organisme de réglementation gouvernemental du système de licences qui a introduit les conditions les plus problématiques.

Tout impact négatif de ce modèle de réglementation ne signifie pas la preuve que la légalisation n’est pas efficace car il ya eu des résultats positifs pour les travailleurs du sexe opérant dans ce secteur juridique. Les résultats négatifs des cadres de licence portent sur les règlements et les conditions qui sont illogiques et non fondés sur des preuves. De nombreuses personnes n’ont d’autre choix que d’opérer en dehors du secteur juridique sous licence et par conséquent, lorsque les règlements sur-réglementent l’industrie. Il faut noter que les féministes anti- travail du sexe ont fait pression pour une réglementation lourde de l’industrie du sexe et ont joué un rôle dans le fait que la création de structures juridiques existantes soient irréalisables.

1. La légalisation / dépénalisation de la prostitution est un cadeau fait aux proxénètes, les trafiquants et l’industrie du sexe (Raymond, 2003).

Réponse Australienne: L’Australie ne dispose pas d’une culture notable de «souteneurs» impliqués dans l’industrie du sexe (AFAO, 2000).

L’industrie du sexe lorsque réglementée par la police est sensible à la corruption de la police. Le fait que la police exige de l’argent et / ou des services sexuels en échange de ne pas fermer les entreprises et d’arreter des travailleurs du sexe est bien documenté lorsque l’industrie du sexe est criminalisée.

L’une des principales raisons pour laquelle la Nouvelle Galles du Sud a dépénalisé l’industrie du sexe a été pour supprimer le role de la police comme régulatrice de l’industrie du sexe et pour diminuer la corruption policière. Beaucoup de travailleurs du sexe avant la dépénalisation voyaient la police comme l’équivalent australien de proxénètes.

La dépénalisation a été efficace pour réduire la corruption de la police de Nouvelle Galles du Sud.

Expérience de l’Australie - La dépénalisation de l’industrie du sexe a réduit la corruption de la police. Au sein d’une industrie du sexe dépénalisée, les entreprises de l’industrie du sexe sont réglementées comme les autres entreprises par exemple. Des inspections sont effectuées par l’administration locale et les autorités de sûreté de santé et du travail. Les entreprises sont autorisées et le zonage est réglementé par les conseils. Les travailleurs du sexe ne sont pas des criminels et leurs lieux de travail ne sont pas illégaux. En tant que tel, les travailleurs sexuels défendent et s’attendent à avoir, les mêmes droits que les autres travailleurs. La probabilité des actes criminels signalés à la police a augmenté.

Un mouvement solide et vocal pour les droits des travailleurs du sexe a donné une voix à la communauté des travailleurs du sexe en Australie pendant plus de vingt ans, en informant la politique du gouvernement, s’adressant aux mythes et stéréotypes dans les médias et en informant les autres travailleurs du sexe de leurs droits humains et civiques. La formation de collectifs et de groupes de pression et la syndicalisation des travailleurs du sexe a vu un groupe, autrefois d’individus isolés et séparés devenir une communauté et qui se sont retrouvés dans des réseaux locaux, nationaux et internationaux pour défendre leurs droits en tant que travailleurs et en tant que citoyens, indépendamment de l’environnement juridique dans lequel ils travaillent.

D’autres facteurs qui ont contribué à l’émancipation des travailleurs du sexe australien comprennent:

Des cadres juridiques qui éliminent les sanctions pénales contre les travailleurs du sexe et nos clients. Cela a permis aux travailleurs du sexe de discuter ouvertement et de négocier des rapports sexuels avec d’autres adultes consentants (nos clients) qui à son tour a réduit la possibilité de conflit et a accru notre capacité à introduire de manière efficace des pratiques sexuelles sécuritaires dans nos rencontres sexuelles avec les clients, ce qui réduit notre risque de transmission au VIH et IST.

Des organisations de travailleurs du sexe financées qui nous permettent de nous rassembler pour faire entendre notre voix sur les politiques, informer le gouvernement, se faire représenter devant les instances gouvernementales, participer librement, et déterminer les questions clés qui touchent les travailleurs du sexe, avec une participation de haut niveau des travailleurs du sexe, notamment dans la consultation des travailleurs du sexe qui sont dans l’incapacité de participer directement. Il convient de noter que les questions touchant les travailleurs du sexe en Australie, tel que définies par les travailleurs du sexe ne sont pas reflétées dans le document de Raymond. En fait, les travailleurs du sexe en Australie ont ouvertement remis en question l’agenda politique de Raymond et ses associés, et de la perpétuation d’une conception fausse et trompeuse des résultats de la réglementation de l’industrie du sexe en Australie.

La législation anti-discrimination dans trois Etats de l’Australie a créé un cadre juridique qui soutient les travailleurs du sexe pour lutter contre la discrimination en vertu de la loi anti-discrimination. L’intégration à la législation anti-discrimination a commencé à s’attaquer à la discrimination systémique en envoyant un message clair aux organismes gouvernementaux, aux fournisseurs de services, la police et la communauté générale.

Tandis que les membres de la CATW ont laissé entendre qu’ils sont favorables à la dépénalisation des travailleurs du sexe, le groupe n’a pas mené d’action publique en Australie, pour soutenir les appels lancés par les travailleurs du sexe en Australie pour la dépénalisation du travail sexuel. Cela a inclus une demande par les travailleurs du sexe a un membre de la CATW de signer une pétition en faveur de la dépénalisation des travailleurs du sexe en Australie occidentale, renversant les lois qui criminalisent les femmes lourdement. La demande a été refusée.

Scarlet Alliance estime que le soutien “pour la dépénalisation des femmes dans la prostitution” est une ligne publique tenue par la CATW pour gagner le soutien des femmes en général. Cependant, la CATW n’a pris aucune mesure active ou de soutien à la dépénalisation, bien que le CATW a exercé de fortes pressions pour des changements de loi sur l’industrie du sexe en Australie.

Les stéréotypes concernant des travailleurs du sexe qui seraient mineurs, les proxénètes et l’usage de drogues ont été utilisés pour justifier la criminalisation ou la réglementation de l’industrie. Souvent, ces problèmes sont examinés aux depens de la santé et de la sécurité. (AFAO, 2000)

2. La légalisation / dépénalisation de la prostitution et de l’industrie du sexe encourage la traite sexuelle (Raymond, 2003).

Réponse australienne: Il n’existe aucune preuve que le trafic du sexe ait augmenté dans des pays dotés d’une industrie du sexe soit légalisée ou dépénalisée. En fait, la Nouvelle-Zélande et l’Australie ont une faible incidence de trafic sexuel.

Que l’Australie a plusieurs différents cadres réglementaires de l’industrie du sexe, y compris la criminalisation des entreprises de l’industrie du sexe dans trois grands États, tout le trafic sexuel qui se produit ne peut être attribué à une légalisation ou la dépénalisation.

En fait, le rapport australien de Beijing +10 et de la CEDAW reconnaissent que la lutte contre la traite par des réponses inappropriées ont accru la vulnérabilité des travailleurs du sexe.

3. La légalisation / dépénalisation de la prostitution ne contrôle pas l’industrie du sexe. Elles l’élargissent (Raymond, 2003).

Réponse australienne: La taille de l’industrie du sexe australienne n’a pas augmenté dans les États et territoires qui ont légalisé ou dépénalisé l’industrie du sexe.

Une clarification doit être faite que la dépénalisation et la légalisation de l’industrie du sexe en tant que modèles de réglementation ne cherche pas à contrôler l’industrie, mais plutôt à réglementer l’industrie du sexe. Comme d’autres entreprises et lieux de travail, les entreprises de l’industrie du sexe doivent être réglementées. L’industrie du sexe n’a pas besoin ou ne requiert une réglementation supplémentaire. Lorsque l’industrie du sexe est signalée comme ayant besoin d’une réglementation supplémentaire sur les autres entreprises, c’est généralement parce que les régulateurs cherchent à influer vers l’interdiction plutôt que la légalisation. En effet, une réglementation supplémentaire souvent décrète tout simplement la discrimination systémique contre les travailleurs du sexe, et leurs lieux de travail.

Les travailleurs du sexe bénéficient d’un choix varié de lieux de travail. Les travailleurs du sexe ne sont pas un groupe homogène et comme toutes les autres professions, les travailleurs sexuels exercant seuls ont des besoins variés et d’arrangements de travail appropriés. L’Australie possède une culture de petites entreprises familiales qui fonctionnent avec peu ou pas d’impact sur le reste de la communauté et fournissent des lieux de travail de moindre taille contrôlés par les travailleurs du sexe. Les grandes entreprises de l’industrie du sexe ont souvent une plus grande rotation des clients (sont plus occupées) et peuvent convenir à des travailleurs du sexe qui préférent ne pas être responsable de la gestion de leur propre business (publicité, demandes de renseignements téléphoniques, les frais généraux, etc.)

4. La légalisation / dépénalisation de la prostitution augmente la prostitution clandestine, souterraine, illégale et de rue (Raymond, 2003).

Réponse australienne: La Nouvelle-Zélande a dépénalisé l’industrie du sexe en 2003. La Nouvelle-Zélande est le seul pays à dépénaliser l’ensemble du secteur, et crée un bon exemple pour une étude de cas des résultats de la dépénalisation. Une étude néo-zélandaise a, dans ses premiers stades trouvé “qu’il n’y a pas eu d’augmentation du nombre de travailleurs de sexe de rue depuis la dépénalisation de l’industrie du sexe.”

Il est également inexact de dire que la légalisation augmente le travail clandestin, illégal et la prostitution de rue dans le contexte australien. Le cadre de légalisation auquel Raymond se réfère est un cadre d’homologation. Un cadre de licences, par son intention, qui divise l’industrie dans des opérations illégales et légales. De cette façon, c’est le cadre de licence lui-même qui rend les opérations de l’industrie du sexe (y compris les travailleurs du sexe et de nombreuses personnes travaillant à titre privé) illégales.

Ce n’est pas un résultat de la légalisation, mais est le résultat d’un modèle de licence sur-restrictives.

Raymond affirme qu’”En Nouvelle-Galles du Sud, les maisons closes ont été dépénalisées en 1995. En 1999, le nombre de maisons closes à Sydney a augmenté de façon exponentielle jusqu’à 400-500. La grande majorité n’ont pas de licence d’exploitation. Pour mettre fin à la corruption endémique de la police, le contrôle de la prostitution illégale a été enlevé des mains de la police et placé dans les mains des conseils locaux et les autorités réglementaires de planification. Le conseil n’a ni les moyens ni le personnel suffisants pour enquêter dans les bordels afin de débusquer et poursuivre les opérateurs illégaux “.

La Nouvelle Galles du Sud ne dispose pas d’un système de maisons closes de licence ou d’individus. Elle a adopté une approche pragmatique qui a cherché à minimiser le futur potentiel de davantage de corruption par des agents gouvernementaux et d’une réglementation irréalisable. En 1995, les réformes législatives importantes ont été introduites à travers la Loi sur les Maisons de désordre. Ces réformes ont été le résultat direct de la Commission Wood Royal dans le travail du Service de police de Nouvelle Galles du Sud qui a identifié une corruption policière généralisée en ce qui concerne entre autres domaines, l’industrie du sexe. L’amendement à la Loi sur les maisons de désordre a aboli le délit de droit commun sur la tenue d’une maison close. Les conseils avaient le pouvoir de prendre des mesures auprès de la Cour Terre & Environnement afin de fermer une maison close en réponse à des plaintes de personnes résidant à proximité ou aux occupants d’autres lieux. Plus tard, la responsabilité réglementaire a été donnée au gouvernement local en vertu de la loi d’évaluation et d’aménagement du territoire de 1979.

La définition d’un bordel inclut le local d’une personne travaillant seule ce qui a conduit à des allégations sans fondement que le nombre de “maisons closes” en Galles du Sud a augmenté.

Les conseils ont des pouvoirs suffisants pour réglementer les entreprises de l’industrie du sexe - ils ont les mêmes pouvoirs que ceux qu’ils ont de réglementer toutes les industries en usage sur leur territoire.

5. La légalisation de la prostitution et la dépénalisation de l’industrie du sexe, augmente la prostitution des enfants (Raymond, 2003).

Raymond a dénaturé les conclusions de l’enquête nationale 1998 ECPAT «Jeunesse a vendre».

Raymond affirme: «La prostitution des enfants a considérablement augmenté dans l’etat de Victoria par rapport aux autres Etats australiens dans lesquels la prostitution n’a pas été légalisée. De tous les pays et territoires d’Australie, le plus haut nombre de cas signalés de prostitution des enfants venaient de Victoria. Dans une étude de 1998 menée par ECPAT (End Child Prostitution et traite des personnes) qui a effectué la recherche au Centre national australien sur la prostitution enfantine, qui s’est sensiblement accrue de l’exploitation organisée du commerce des enfants ».

ECPAT a signalé que pour leur “enquête nationale” ils ” ont sondé 451 agences dont 258 étaient au courant de faits de jeunes s’engageant dans la norme CSA [commerce d'activité sexuelle].” Sur les 258 organismes, ils ont déclaré que 3100 jeunes ont été confirmés ou soupçonnés d’être participants à une “activité sexuelle commerciale».

Cette enquête n’a pas, pour des raisons d’éthique et de ressources, pu parler ou interroger directement tous les jeunes.

Il est clair que cette méthode ne peut être invoquée pour fournir des chiffres fiables. Ce rapport ne fait non plus aucun lien entre le nombre de jeunes prestataires de services sexuels et la légalisation de l’industrie du sexe. En opposition aux allegations de Raymond, le rapport énumère une série de facteurs, dont le fait d’etre sans-abri, sans accès à un revenu, etc; des raisons que les prestataires de services interrogés ont cru, expliquent davantage la participation des jeunes dans «l’activité sexuelle commerciale».

Le rapport identifie les limites de l’enquête sur le manque de contact avec tous les jeunes, le recours à des prestataires de services qui ne tiennent pas de statistiques, des incohérences avec le questionnaire et que les données ont «un fondement statistique instable».

7. La légalisation / dépénalisation de la prostitution accroît la demande de prostitution. Cela motive les hommes à acheter des femmes pour le sexe dans une gamme beaucoup plus large et plus admissible de paramètres socialement acceptable (Raymond, 2003).

Réponse australienne: Les résultats d’une étude représentative d’un grand nombre d’adultes en Australie, publiée en 2003 a révélé que 15,6% des hommes australien a deja payé pour du sexe, et que 1,9% l’avaient fait dans l’année précédente. Une précédente étude de 1986, date à laquelle l’industrie du sexe etait illégale dans tous les États, a trouvé que 19,2% avaient deja payé pour du sexe, avec 2,5% l’ayant fait dans l’année précédente. Cela se compare à des études dans des populations d’hommes européens, ou le cas de 6,6% à 39% des hommes avaient déjà payé pour du sexe, avec une moyenne européenne étant de l’ordre de 15%. Ces mêmes études ont constaté que de 1% à 11% des hommes avaient payé pour du sexe dans l’année précédente, une moyenne de 2-3%. De toute évidence, la légalisation ou la dépénalisation de la prostitution en Australie n’a pas créé une demande accrue.

La légalisation ne donne pas lieu à une publicité incontrôlée comme ce qui peut être compris de la prétention de Raymond selon laquelle “Les publicités en ligne sont des autoroutes vers la Victoria”. En fait, la publicité est très réglementée dans le cadre de licences à Victoria et seraient encore régis aussi par la dépénalisation. Les publicités pour les entreprises de l’industrie du sexe à Victoria sont peu nombreuses et leur représentation des femmes est beaucoup plus discrète que la publicité pour les voitures, chocolats, glaces, produits pour les cheveux, etc. Dans nos réseaux et communications avec les travailleurs du sexe de Suède, nous avons construit une prise de conscience croissante de l’impact négatif que la pénalisation des clients a eu sur les travailleurs du sexe. Plus particulièrement, le modèle a fait naître la peur des clients de visiter les travailleurs du sexe ayant des répercussions négatives pour les travailleurs du sexe. Comme les clients n’iraient pas dans un établissement en intérieur ou visiter une maison qui peut facilement être sous surveillance, les travailleurs du sexe doivent désormais s’organiser pour rencontrer des clients dans un lieu public ou une rue tranquille ou cachés dans des endroits déterminés par les clients. Pour les travailleurs du sexe en Australie, cela signifie que le contrôle habituel que les travailleurs du sexe ont à déterminer où et quand cette interaction a lieu serait supprimé et les clients plus exigeants de contrôler le lieu du service afin de se protéger contre les poursuites. De toute évidence ce résultat n’est pas un résultat positif pour les travailleurs du sexe. Ainsi, plutôt que de prouver qu’en «interdisant l’achat de services sexuels, la prostitution et ses effets nocifs peuvent être contrecarrés, ce que Raymond fait valoir, le modèle suédois a abouti à un changement culturel dans la facon, et où, le travail du sexe a lieu en Suède, et ces changements comprennent de nouveaux et dangereux résultats pour les travailleurs du sexe.

Les travailleurs du sexe se sont prononcés fermement contre le modèle suédois de législation de l’industrie du sexe depuis un certain nombre d’années maintenant. Le fait que Janice Raymond préconise la même chose est en opposition directe avec ce que les travailleurs du sexe en Suède affirment avoir besoin pour protéger leur sécurité.

Petra Ostregren dans son document «travailleurs du sexe Critique de la politique de prostitution suédoise” affirme que les travailleurs du sexe en Suède “ont fortement déconseillé d’autres pays d’adopter une législation similaire. La loi contre la violence contre les femmes en Suède, 1997/98: 55, plutôt que d’avoir amélioré les conditions pour les travailleurs du sexe tel que décrit par Raymond, les travailleuses du sexe locales expliquent que ces lois contre l’achat de services sexuels ont augmenté les risques et la violence contre les travailleurs du sexe et que la loi contre le proxénétisme leur rend impossible le fait de travailler en toute sécurité ».

8. La légalisation / dépénalisation de la prostitution ne favorise pas la santé des femmes (Raymond, 2003).

De nombreuses études montrent que les travailleurs du sexe en Australie jouissent d’une santé sexuelle meilleure que la communauté en général et ont un faible taux de VIH / sida. Bien que cela seul ne prouve pas que la légalisation ou la dépénalisation de l’industrie du sexe encourage la santé des femmes, ou bien la santé sexuelle, il réfute toute allégation selon laquelle les travailleurs du sexe ne maîtrisent pas et ne seraient pas “en contrôle” suffisant pour négocier l’utilisation du préservatif. Les travailleurs du sexe en Australie font état de taux très élevé d’utilisation du préservatif.

Rien ne favorise la santé des femmes plus que d’avoir accès à la justice sociale et l’égalité. Comment les femmes peuvent elles sentir qu’elles ont des droits égaux pour quoique ce soit quand elles et leurs lieux de travail sont incriminés, sans aucun recours légal à la justice ?

9. La légalisation / dépénalisation de la prostitution n’augmente pas les choix des femmes (Raymond, 2003).

Beaucoup de travailleurs du sexe en Australie, ont décrit leur décision de travailler en tant que travailleur du sexe comme une décision prise après avoir examiné un éventail d’options. Pour beaucoup, le travail du sexe offre une plus grande flexibilité des horaires et la capacité d’obtenir de grandes quantités d’argent dans un temps plus réduit - ce qui permet aux parents célibataires et étudiants, par exemple, de consacrer plus de temps pour leurs enfants ou études sans pour autant sacrifier leurs revenus. Toutefois, comme les travailleurs du sexe ne sont pas un groupe homogène, nos motivations pour entrer dans l’industrie sont très divers et non uniques et individuelles.

Raymond dénature l’interaction entre les travailleurs du sexe et leurs clients par sa déclaration “Sa conformité est exigée par le fait même d’avoir à s’adapter à des conditions d’inégalité instaurées par le client qui paie pour qu’elle fasse ce qu’il veut d’elle.”

Dans une interaction entre une prostituée et un client le contenu du service est, dans la plupart des cas, négocié avant que le service commence et à d’autres occasions lorsque le service se passe. Dans un forum de discussion national des travailleurs du sexe en Australie, les travailleurs du sexe ont décrit la négociation initiale comme un temps pour fixer des limites avec un client, de déterminer le prix, d’introduire des discussions sur le sexe sans risque et de faire le choix d’accepter une réservation ou non.

L’affirmation de Raymond selon laquelle les travailleurs sexuels fourniraient des services sexuels non protégés, ou d’autres services, qu’ils ne veulent pas fournir, simplement parce qu’ils sont offerts un paiement supplémentaire, est une perpétuation du mythe selon lequel les travailleurs du sexe sont cupides ou des femmes “avides d’argent” sans normes professionnelles .

Les travailleurs du sexe déterminent régulièrement de ne pas faire certaines activités ou refusent des services dangereux, car, comme la plupart des gens, leur incitation à rester en santé est solide. Ceci est démontré par les taux élevés d’utilisation du préservatif parmi les travailleurs du sexe et les faibles taux d’IST.

Une caractéristique des écritures contemporaines anti- travail du sexe est l’utilisation d’une terminologie qui est à la fois répugnante et désobligeante envers les travailleurs du sexe. Raymond et les autres membres de la CATW, dont Sheila Jeffreys, utilisent le terme «femmes prostituées», même si les travailleurs du sexe ont souligné l’impact débilitant du terme, et déclarent sentir son utilisation comme très stigmatisante.

10. Les femmes dans les systèmes de la prostitution ne veulent pas la légalisation ou la dépénalisation de l’industrie du sexe. (Raymond, 2003)

Scarlet Alliance et nos adherents réfutent fermement la declaration de Raymond selon laquelle les travailleurs du sexe “ne veulent pas que l’industrie du sexe soit légalisée ou dépénalisée”. En Australie, les travailleurs du sexe ont appelé publiquement à ce que l’industrie du sexe soit dépénalisée et l’ont fait de façon systématique depuis le milieu des années 1980. Les travailleurs du sexe et nos organisations et réseaux régionaux et internationaux plaident en faveur de la dépénalisation de l’industrie du sexe.

Scarlet Alliance et l’Australian Sex Workers Association, tiennent un forum national de trois jours chaque année. Les délégués travailleurs sexuels de chaque État et Territoire participent tout comme les travailleurs du sexe locaux en tant qu’individus. Le comité exécutif de l’organisation est nommé et élu à l’assemblée générale annuelle joint à la réunion. Scarlet Alliance est informée et dirigée par ses membres travailleurs du sexe et les organisations de travailleurs du sexe / projets / réseaux et groupes. La décision de plaider en faveur de la dépénalisation de l’industrie du sexe en Australie a été mise au point à partir d’une représentation forte par les travailleurs du sexe exigeant qu’une dépénalisation soit introduite dans tous les États et Territoires australiens en Australie. Raymond a clairement décidé de ne pas représenter les vues d’appel publiquement exprimées en faveur de la dépénalisation de l’industrie du sexe par les travailleurs du sexe en Australie et dans de nombreux autres pays, dans une tentative d’induire en erreur les lecteurs.

L’expérience australienne est que les féministes anti-travail du sexe ont à maintes reprises une fausse représentation des points de vue des travailleurs du sexe afin de faire progresser leur propre agenda.

Conclusion:

Scarlet Alliance et nos adhérents recommandons fortement que la voix des travailleurs du sexe devrait être au premier plan de tout débat concernant les lois sur l’industrie du sexe. Ce sont souvent les lois faites pour notre “protection” à l’esprit, qui ont l’impact le plus dévastateur sur notre travail, sécurité et vie personnelle. Un exemple d’un tel modèle est le modèle suédois qui est promu par les féministes anti-travail du sexe dans le monde, bien que les travailleurs et travailleuses du sexe suédoises elles-mêmes experimentent qu’il contribue à des lieux de travail et des pratiques de travail dangereux et à une autonomie diminuée.

Morano : “Un groupe de travail sur la prostitution dans les 3 mois”, le STRASS répond “Chiche” !

Saturday, February 27th, 2010

Jeudi 25 février à l’Assemblée Nationale étaient examinés les amendements à la proposition de Loi renforçant la protection des victimes et la prévention et la répression des violences faites aux femmes. (1)

Parmi les amendements examinés, celui de Mme Chantal Brunel (2), visant à supprimer le délit de racolage passif, induit par la Loi de 2003, a été retiré aux motifs “que nous prendrions un vrai risque à abroger à la hâte un dispositif qui a manifestement plus de mérite que certains ne veulent bien le dire” d’après Mme Morano, secrétaire d’État chargée de la Famille et de la Solidarité. (3)

C’est dire tout le mépris que ce gouvernement affiche envers les Travailleu(r)ses du sexe et toutes les associations, travailleurs sociaux, syndicats, magistrats, Élus et même policiers qui dénoncent unanimement les effets pervers et les conséquences désastreuses de cette Loi depuis 7 ans ! (4) La LSI prévoyait en effet l’établissement d’un bilan d’évaluation annuel : nous l’attendons toujours et pour cause !…

Pire encore, tout en se félicitant de “l’incontestable progrès” dans la disparition des “nuisances pour les riverains”, Morano, vantant les vertus du délit de racolage passif,  invoque “les dispositions de la loi de 2003, (…) des mesures à caractère social, à travers des dispositifs de protection et d’accompagnement” qui n’ont quasiment jamais été appliquées !

Pour finir, Mme Morano propose de “créer, dès aujourd’hui, avec vous-même (Mme Brunel NDR), le ministère de l’intérieur, le secrétariat d’État que je dirige et tous les partenaires institutionnels concernés, un groupe de travail afin de réfléchir ensemble, dans les trois mois qui viennent, à la meilleure façon d’améliorer la situation que vous évoquez.”

A cette dernière proposition ; voulant croire en la sincérité d’une telle démarche, nous informons Mme Morano qu’il faudra qu’elle compte avec le Strass. Depuis trop longtemps, les politiques concernant les TravailleuSes du sexe sont menées sans la moindre consultation des premièrEs concernéEs et dans le mépris de nos Droits. La répression comme seule réponse menant systématiquement à encore plus de violences et d’opacité, il est temps d’en finir avec ces politiques brouillonnes et clientélistes qui, en invisibilisant et précarisant les TravailleuSes du sexe, les livrent à tous les dangers.

Aucune politique dans la lutte contre le proxénétisme et l’exploitation sexuelle  ne peut être efficace si on refuse de considérer les TravailleuSes du sexe comme des partenaires.

Notes :

(1) Proposition de Loi renforçant la protection des victimes et la prévention et la répression des violences faites aux femmes

(2) PRÉVENTION ET RÉPRESSION DES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES - (n° 2293) Amendement n°76

(3)  Compte rendu de la séance du Jeudi 25 février 2009

(4) Lire le rapport de la ligue des Droits de l’Homme et du Syndicat des Avocats de France :De nouvelles zones de non droit, les prostituées face à l’arbitraire policier” et Critiques des mesures concernant le « racolage passif » sur Wikipédia ainsi que le dossier d’ActUp sur la LSI.

STRASS appelle a l’abrogation du delit de racolage au Parlement

Monday, February 22nd, 2010

Mercredi 17 le STRASS a rencontré Mme Chantal Brunel(1), Députée UMP de Seine-et-Marne pour lui parler de son engagement à travers son amendement sur la proposition de loi destinée à lutter contre les violences faites aux femmes qui sera à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale le 25 février prochain. Cet amendement vise l’abrogation de l’article 42 de la LSI (loi sur la sécurité intérieure) de 2003.

Madame Brunel rejoint le STRASS sur son bilan négatif de la LSI concernant la lutte contre le proxénétisme et les conditions de travail des sex workers. Elle nous a assurés de sa détermination à défendre l’intérêt et les enjeux d’un tel amendement, en dépit des difficultés qu’une telle proposition rencontrera le 25 février prochain à l’Assemblée nationale. À l’occasion de cette présentation, madame Brunel rappellera aux députés qu’aucune étude n’a été effectuée en six ans d’activité, malgré les promesses de Nicolas Sarkozy.

À cette occasion le STRASS a rappelé sa volonté de voir :

  • abrogée la loi sur la sécurité intérieure
  • abrogée l’ordonnance de 1960 qui classe les travaileurs/ses du sexe parmi les inadaptés sociaux
  • respectées les libertés fondamentales des  travaileurs/ses du sexe

Porte-parole : Tiphaine Besnard 06 62 85 53 62
http://www.strass-syndicat.org/

(1) Note : Mme Chantal Brunel est vice-Présidente de la Commission spéciale chargée d’examiner la proposition de loi renforçant la protection des victimes et la prévention et la répression des violences faites aux femmes

Communiqué de presse de Support Transgenre Strasbourg : “Dépsychiatrisation”, le mensonge tonitruant - quand l’État français se moque des trans’

Saturday, February 13th, 2010

Le Ministère de la Santé de Roselyne Bachelot vient de faire le 10 février 2010 [1] ce qu’il annonçait en grande pompe en mai 2009 [2] : rayer ce qu’il appelle le “transsexualisme” (et que nous appelons la transidentité) de la liste des “affections longue durée”, ou ALD, définies dans le Code de la Sécurité Sociale. C’est-à-dire de la liste des “pathologies” dont les soins sont par défaut pris en charge et remboursés à cent pour cent par les assurances maladie, liste qui concerne notamment des maladies mentales, parmi lesquelles le “transsexualisme” était classé.

Et comme déjà en mai 2009, le Ministère diffuse cette information par une campagne médiatique tonitruante et hystérique, au timing hautement électoraliste, saluée par des institutions et personnes qui parlent à la place des personnes transidentitaires. Comme s’il s’agissait d’une nouvelle révolutionnaire, et comme si l’État français était le champion international du progrès des droits des trans’.

Or, comme nous le prédisions déjà lors de l’annonce de mai 2009, il n’en est rien : Non, l’État français ne vient absolument pas de “dépsychiatriser” la transidentité ! Il vient de la dérembourser.

Il vient de fait de priver, d’un trait de plume, bon nombre de personnes transidentitaires de tout moyen de remboursement de leurs soins, sans leur en fournir d’autres, p.ex. sous forme d’une ALD “indéfinie”, comme il l’a pourtant promis officieusement en 2009. Et tout ceci sans changer quoi que ce soit d’autre à la condition invivable qu’il impose aux trans’ depuis des décennies.

Il s’agit donc d’un pur mensonge quand les media annoncent que “la France est le premier État au monde à dépsychiatriser le transsexualisme”.

La vraie information du jour est que la France vient de devenir un État encore plus transphobe qu’elle ne l’est déjà : un État de plus à pousser les personnes transidentitaires chaque jour plus profondément dans la misère sans rien faire pour leurs droits humains, civiques et sociaux ni contre les discriminations qu’elles subissent, notamment de la part de l’État français lui-même.

Car le Ministère de la Santé et ses services, en particulier la Haute Autorité de Santé dans son rapport extrêmement rétrograde et transphobe d’avril 2009 [3], continuent à parler de “troubles de l’identité de genre” et à préconiser la surveillance médicale, y compris psychiatrique, des personnes transidentitaires. Il est même question d’introduire un “fichier national des transsexuels” :
sinistre mémoire…

Mais rêvons un instant au rythme des annonces tonitruantes du Ministère de la Santé, et supposons que l’État français vienne réellement et pour de bon de “dépsychiatriser” la transidentité : il pourrait dès lors, en toute logique, abolir instantanément toutes les discriminations qu’il nous impose au titre de la classification de la transidentité parmi les maladies mentales… Chiche ! Prenons tout cela au mot.

Nous exigeons par conséquent que l’État français prenne immédiatement
les mesures suivantes :

- La fin de toute pathologisation de la transidentité, à quelque titre et sous quelque forme que ce soit : c’est la transphobie qui est une pathologie, pas la transidentité.

- L’accès libre et sans conditions aux soins dont les personnes transidentitaires ont besoin, sans classement comme malades, ni mentaux ni autres, y compris sous le nom de “troubles de l’identité de genre”. Car les trans’ ne sont malades de rien du tout : leurs souffrances sont exclusivement le résultat de la transphobie de l’État français et de la société transphobe que celui-ci produit et leur impose.

- La fin du “parcours” et des “protocoles” que l’État français impose aux trans’ en toute illégalité, car nous n’avons pas besoin de l’avis de prétendus “experts” pour savoir qui nous sommes : les expertEs en transidentité c’est nous, qui la vivons 24 heures sur 24.

- Tout particulièrement la fin immédiate des maltraitances “médicales” que l’État français impose arbitrairement aux trans’ : obligation de stérilisation avant tout accès à leurs droits civiques égaux, traitements médicamenteux destructeurs, “expertises” sous forme de véritables viols, lavages de cerveau…

- Que l’État français paie réparation : selon le principe que tous dégâts sont à réparer par celui qui les cause, l’État français doit réparation aux trans’ de tout ce qu’il leur fait subir, au mépris des Droits Humains, depuis des décennies. Subordonner cette réparation à une quelconque condition, en particulier à une classification préalable des trans’ comme “malades” ou personnes “troublées”, à quelque titre que ce soit, est inacceptable.

- Les droits civiques et sociaux égaux pleins et entiers pour toutes les personnes transidentitaires (droit à l’emploi, droit à la santé, droits familiaux et parentaux, droit de vote sans filtrage selon l’apparence de la personne…)

- L’abolition du premier chiffre du numéro de Sécurité Sociale, qui stigmatise les trans’ et les exclut de fait du marché de l’Emploi.

- L’abolition de toute mention de sexe et de genre sur tous les papiers d’identité de la personne, pour la même raison.

- Le changement d’état civil (y compris l’acte de naissance de la personne) sur simple demande pour toutes et tous.

- Une vraie politique d’éducation publique contre la transphobie et l’homophobie de la part de l’État français, ensemble aux groupes autogérés de personnes LGBTI (lesbiennes/gay/bisexuelles/transidentitaires/intersexe). En commençant bien entendu par l’éducation de l’État français lui-même.

- Une vraie politique de santé publique pour les personnes LGBTI, en particulier, mais pas seulement, dans les domaines des Infections Sexuellement Transmissibles. Cela doit inclure le doit au don du sang, qui nous est toujours refusé à ce jour.

- La fin immédiate des violations par l’État français de la Charte Européenne des Droits Humains, notamment face aux personnes transidentitaires, telle que l’exige le Commissaire aux Droits Humains du Conseil de l’Europe [4].

Tout cela vous semble beaucoup ? Ce n’est pourtant que le strict minimum nécessaire à une vie humaine digne de ce nom. Nous sommes partantEs. L’État français l’est-il ?

Nous ne négocierons aucune de ces revendications minimales.

Et nous continuerons d’observer de très près tout ce que l’État français et ses services feront pour ou contre les personnes transidentitaires.

Car nous ne croyons aux promesses que quand elles se réalisent. Et quand elles nous prennent au sérieux.

Support Transgenre Strasbourg, le 13 février 2010

téléphone : 06 12 32 47 64 (après 18 h)
e-mail : sts67@sts67.org
site Web : www.sts67.org

Notes :

[1] Lire
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000021801916
(décret original consultable sur http://www.journal-officiel.gouv.fr/
sous la date du 10 février 2010)

[2] Lire
http://www.sante-sports.gouv.fr/declassification-de-la-transsexualite-de-la-categorie-affection-de-longue-duree-ald-23-affections-psychiatriques-de-longue-duree.html

[3] Lire
http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_766400/projet-de-rapport-sur-la-prise-en-charge-du-transsexualisme-la-has-ouvre-une-consultation-publique
, et lire notre analyse et réponse ici :
http://pccsxb.net/dl/sts/text/2009-05-11_cp_rapport_HAS.txt

[4] Lire http://www.coe.int/t/commissioner/Viewpoints/090105_fr.asp

Lire aussi :

Le communiqué du STRASS (mai 2009)

Le STRASS ne se satisfait pas des déclarations de la Ministre de la Santé concernant les trans’

Travail du sexe : Mais que nous prépare l’UMP ?

Sunday, January 31st, 2010

Le 21 Janvier 2010, Chantal Brunel députée UMP de Seine et Marne est en quelques semaines la troisième personnalité du parti de la majorité à nous parler de réouverture des maisons closes à l’occasion d’une tribune dans Le Monde(1) et de la parution de son livre sur les violences faites aux femmes.

On se souvient de la sortie de Christine Boutin(2) qui s’est rétractée le jour d’après face aux remontrances des organisations anti-prostitution. Nous savons aussi que les députés Elie Aboud et Isabelle Vasseur sont actuellement en charge d’un rapport parlementaire sur les politiques à mener concernant la prostitution. Elie Aboud, député UMP de l’Hérault interviewé dans le Midi Libre(3) n’écarte pas non plus l’idée de rouvrir les maisons closes.

Si nous ne pouvons que nous féliciter sur le constat commun de l’échec des politiques répressives contre le racolage et espérons vivement l’abrogation de ces lois, nous nous interrogeons grandement quant à la sauce à laquelle nous allons être mangées.

En effet, nos hommes et femmes politiques continuent de véhiculer les habituels poncifs, d’ignorer les revendications des travailleurs du sexe (4), et notre existence même en tant que mouvement social. Il faudrait leur rappeler que les travailleurs et travailleuses du sexe s’expriment depuis au moins 1975, époque de l’occupation des églises à Lyon et dans plusieurs villes de France.

Le STRASS a dores et déjà envoyé une demande de rendez vous aux deux parlementaires UMP chargés d’un rapport et attend toujours à ce jour leur réponse.
Si nous sommes inquiets, c’est que ce qui ressort jusqu’à présent des interviews de nos représentants nationaux est une volonté plus grande de contrôle: contrôle médical, contrôle fiscal, et contrôle migratoire. Personne ne veut donc de leurs maisons closes.(5)

Nous aimerions qu’ils et elles comprennent que nous sommes autre chose qu’une masse informe et clandestine de migrantes envahisseuses, transmetteuses de maladies, et échappant au fisc. Nous sommes des êtres humains.
Ils devraient savoir que la plupart d’entre nous paient déjà des impôts, que nous sommes souvent les meilleures actrices de prévention, et les mieux placées pour lutter contre la traite des êtres humains encore et toujours confondue avec l‘immigration.

Nous exigeons de rencontrer ces parlementaires.
Nous ne sommes pas le problème. Nous faisons partie de la solution.

Contact : Porte parole nationale, Tiphaine 06 62 85 53 62

(1) http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/01/21/violences-faites-aux-femmes-place-aux-actes-par-chantal-brunel_1294812_3232.html
(2) http://www.rue89.com/rue69/2009/11/25/christine-boutin-prete-a-rouvrir-les-maisons-closes-sur-le-papier
(3) http://www.midilibre.com/articles/2009/11/28/A-LA-UNE-Elie-Aboud-Au-moins-encadrer-les-prostituees-1015675.php5

(4) http://www.lesputes.org/declaration.htm (Déclaration des Droits Des TravailleuSEs du Sexe En Europe)

(5) http://site.strass-syndicat.org/2009/11/reouverture-des-maisons-closes-mise-au-point-sur-la-position-du-strass

Offre de sexe gratuit ! Le STRASS soutient les Travailleuses du sexe danoises

Tuesday, December 8th, 2009

Communiqué de presse, mardi 8 décembre 2009

A l’occasion de la conférence mondiale sur le climat à Copenhague, la municipalité de cette ville a lancé une campagne de stigmatisation du travail sexuel et des clients en particulier, alors que le travail sexuel est parfaitement légal au Danemark. A leur habitude, les activistes anti-prostitution tentent de faire peur avec tout événement sportif ou politique d’ampleur internationale qui serait d’après eux un moment particulier d’augmentation de la traite due à une plus grande présence d’hommes. Ils ont obtenu de la mairie de Copenhague une campagne publique avec affiches publicitaires et cartes postales “Soyez responsables, n’achetez pas de sexe”.

Afin de répondre à cette nouvelle offensive anti-prostitution, nos collègues du Danemark ont créé un joli site Web consultable ici en anglais : http://www.cop15-prostitution.dk .

Elles ont également proposé de fournir des services sexuels gratuits à toute personne présentant le carton d’invitation à la conférence et une de ces fameuses cartes postales condamnant l’achat de sexe.

Le STRASS salue cette réaction particulièrement brillante et affirme son entier soutien. Nous sommes d’autant plus supportives que la menace de pénalisation des clients nous attend aussi en France, si les lobbies abolitionnistes parviennent à leurs fins auprès du parlement.

Contact :
Tiphaine (porte-parole nationale) 06 62 85 53 62


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Une nouvelle équipe pour le STRASS

Tuesday, December 8th, 2009

Le STRASS, Syndicat du TRAvail Sexuel, a tenu son Assemblée Générale annuelle ce week-end et élu une nouvelle équipe pour son CA.

Le syndicat a officiellement atteint le chiffre des 300 adhésions et a fixé comme priorité politique pour l‘année à venir la lutte contre la prohibition. Nous profiterons de la campagne des élections régionales afin de sensibiliser la classe politique et l’opinion publique. Nous prévoyons également la création d’un poste de soutien juridique pour nos adhérentEs.

En termes de sociologie du syndicat nous pouvons indiquer que nos membres se composent d’environ 70% de femmes, 20% de trans’, 10% d’hommes et que la majorité de nos membres travaillent dans la rue.

Les éluEs pour 2010 sont :

Bureau :
Secrétaire Générale : Cadyne
Secrétaire Porte-parole Nationale : Tiphaine 06 62 85 53 62
Trésorier : Nikita 06 87 66 18 09

Conseil d’administration :
Porte-parole Sud-Ouest : Isabelle Schweiger
Porte-parole Sud-Est : Plume et Leila
Porte-parole Nord-Est : Cornelia Schneider
Relations Internationales : Thierry Schaffauser
Communication : Maîtresse Gilda
Lien communautaire Travail de rue : Nicole
Lien communautaire Internet/Téléphonie : Marquise
Lien communautaire Établissements : Astrid
Lien communautaire BDSM : Maîtresse Léia

Assemblée Générale du STRASS, 5 & 6 décembre 2009

Friday, December 4th, 2009

Samedi 5 et dimanche 6 décembre 2009, se tiendra l’Assemblée Générale du Syndicat du travail Sexuel.

ToutEs les adhérentEs sont invités à venir participer, proposer leurs candidatures et élire le bureau ainsi que les différents postes du conseil d’administration.

Cette assemblée aura pour but de définir les orientations et programme des prochains mois.

Assemblée Générale du STRASS

Samedi 5 et dimanche 6 décembre 2009

à la Générale
6,grande rue à Sèvres 92310
Metro ligne 9, Pont de Sèvres.

Agrandir le plan

Réouverture des maisons closes, mise au point sur la position du STRASS.

Wednesday, November 25th, 2009

Communiqué de presse :
Réouverture des maisons closes, mise au point sur la position du STRASS.

Le 24 novembre 2009, Christine Boutin relance le débat en se déclarant “pas défavorable à la reouverture des maisons closes” mais se rétracte ensuite très rapidement sous la pression des lobbys anti prostitution dont le mouvement du Nid.

Le Syndicat du TRAvail Sexuel qui compte plus de 250 membres travailleuses et travailleurs du sexe de toute la France aimerait que ce débat important ne soit pas clos aussitôt qu’initié parce que des professionnels de la lutte contre la prostitution font pression pour maintenir le dogme abolitionniste qui leur garantit de nombreuses subventions et la survie de leur organisation.

Le STRASS récuse le système abolitionniste actuel qui est en fait un système répressif à l’égard des travailleuSes du sexe sous prétexte de dignité humaine et de morale.
Nous sommes opposéEs au concept de maison close tel qu’elle existait aux XIXème et XXème siècles car elle était un moyen de contrôle et une entrave à nos libertés, et dénonçons l’hypocrisie des lois actuelles qui nous interdisent de travailler en intérieur, en particulier quand nous voulons travailler à plusieurs pour notre sécurité.

Nous sommes contre les maisons closes parce que :

  • Nous refusons de travailler au profit du tenancier d’une maison close comme nous nous opposons à toute forme d’exploitation et parce que 100% des revenus issus du travail du sexe doivent revenir au travailleur lui-même.
  • Nous refusons qu’une personne tierce nous impose ou influe dans le choix de nos clients, de notre prévention, de nos pratiques et de nos tarifs.
  • Nous considérons que le dépistage obligatoire aux IST souvent préconisé avec la réouverture des maisons closes ne protège en rien les travailleuSes du sexe et leurs clients puisqu’il ignore les fenêtres de séroconversion lors des transmissions de ces maladies.
  • Seul le port du préservatif protège et le dépistage obligatoire n’est en fait utilisé que pour inciter les travailleurs du sexe à accepter des rapports non protégés et à appliquer des politiques d’exclusion à l’égard des travailleurs séropositifs. Les scandales de contaminations dans l’industrie du porno sont un exemple flagrant de la contre productivité du dépistage obligatoire en matière de santé.
  • Nous refusons d’être mis à l’écart de l’espace public dans des endroits fermés et espaces réservés ou cachés. Nous faisons partie de cette société et nous voulons que nos lieux de travail soient des espaces ouverts à tout public adulte et non des maisons closes.
  • Nous ne voulons pas qu’un système réglementariste divise les travailleurs du sexe entre des réguliers qui travailleraient en maison closes et d’autres qui continueraient d’être criminalisés pour refuser de se plier au contrôle de l‘Etat. Nous voulons les mêmes droits pour tous quelle que soit notre nationalité.

Ce que nous voulons :

  • Le droit de travailler où nous voulons.
  • Le droit de nous associer avec qui nous voulons.
  • Le droit de travailler avec qui nous voulons.
  • Le droit de travailler comme nous le voulons.

Cela inclut donc d’abroger les lois sur le racolage et le proxénétisme qui nous empêchent d‘organiser notre travail et de nous loger de manière indépendante. En voulant dissuader l’existence de la prostitution, ces lois ne nous protègent pas, elles nous mettent en danger.

Note : Ce sont aussi les conclusions de la Déclaration et du Manifeste pour les Droits des Sexworkers en Europe, rédigés à l’issue de la conférence européenne de 2005, par plus de 300 travailleuSes du sexe de tout l’europe.

http://droitsetprostitution.org/declaration.htm
http://www.lesputes.org/manifeste_fr.pdf

Affaire Mitterrand : ce qu’en pensent les travailleurs du sexe Thaïlandais.

Monday, October 26th, 2009

Le STRASS, Syndicat du TRAvail Sexuel français a demandé à ses collègues de Thaïlande ce qu’ils pensaient de cette affaire. Voici leur réponse :

Affaire Mitterrand, ce qu’en pensent les travailleurs du sexe Thaïs.

Il a été porté à notre attention qu’il y a toujours un débat en cours autour de la question du ministre français de la Culture, Frédéric Mitterrand, et son aveu d’avoir payé pour des rapports sexuels avec des professionnels du sexe en Thaïlande. Nous avons vu ces attaques contre lui provenant à la fois de la gauche et de la droite de la politique française- attaques que nous voyons à la fois comme homophobes et anti-travailleurs du sexe.

Pire encore, nous les voyons comme racistes, une vision orientaliste des élites des deux côtés de la politique française qui construisent une représentation des travailleurs du sexe thaïs, en quelque sorte «en position de passivite» et incapable de choisir ce que nous faisons. En Thaïlande, tous les travailleurs de sexe masculins sont désignés par le terme «Nong», qui signifie garçon. Nous ne sommes pas des garçons, “en dessous de l’age légal,  contraints à l’esclavage sexuel. ” Nous sommes des gens dans un pays pauvre qui exerçons notre choix de vivre et de gagner de l’argent pour nous mêmes et soutenir, notre famille et notre pays.

L’argent que nous gagnons et que nous envoyons chez nous dans les zones rurales de la Thaïlande est beaucoup plus important que tout programme de développement international et soutient beaucoup plus de personnes.

Le tourisme en Thaïlande est la deuxième industrie de notre pays et les gens ont des rapports sexuels pendant les vacances. Sont-ils censés rester célibataires? Est-il aujourd’hui inacceptable pour les Européens d’avoir des rapports sexuels avec des Asiatiques au cas où ils nous exploiteraient? Si les politiciens français sont si préoccupés par notre exploitation, ils feraient mieux de soutenir des lois protégeant le travail des travailleurs du sexe et  pousser l’OIT à reconnaître le travail du sexe comme un travail.

Jusqu’à ce que les partis de la gauche et la droite de la politique française se décident à d’augmenter substantiellement l’aide au développement pour redistribuer les richesses que la France et d’autres anciens pays coloniaux ont volé au monde en développement, nous serions reconnaissants si vous continuez à nous envoyer vos touristes, afin que nous puissions leur montrer ce qu’est passer du bon temps et obtenir une partie de votre argent durement acquis.

Khun Chutchai
Réseau Asie-Pacifique des travailleurs du sexe, Bangkok. Thaïlande.

http://apnswdollhouse.wordpress.com/

Reference sur l’apport economique des travailleurs du sexe Thais a leur pays :

The Sex Sector: The Economic and Social Bases of Prostitution in Southeast Asia. Edited by Lin Lean Lim of the International Labour Office in Geneva,

It has come to our attention that their is still continuing debate around the issue of the French Culture Minister,

Frédéric Mitterrand, and his admission that he paid for sex with male sex workers in Thailand. We have seen attacks on him from both the left and the right of French politics- attacks which we see as both homophobic and anti-sex worker.

Worse we see the racist, orientalist views of the elites on both sides of French politics who construct Thai sex workers as somehow “backward” and unable to choose what we do. In Thailand all male sex workers are referred to by the term “Nong” which means boy. We are not duped under age boys forced into “sexual slavery.” We are people in a poor country exercising our choices to live and earn money to support ourselves, our family and our country.

The money we earn and send home to the rural areas of Thailand is far larger than any international development programme and supports far more people.

Tourism to Thailand is our country’s second biggest industry- and people have sex on holidays. Are they meant to be celibate? Is it now unacceptable for Europeans to have sex with Asians in case they are exploiting us? If French politicians are so concerned about our exploitation they would do better to support labour laws for sex
workers and to push the ILO to recognise sex work as work.

When and until the parties of the Left and the Right of French politics agree to substantially increase development aid to
redistribute the wealth that France and other former colonial countries stole from the developing world, we would appreciate it if you keep sending us your tourists so that we can show them a good time and get some of your hard won cash.

Khun Chutchai
Asia Pacific Network of Sex Workers, Bangkok. Thailand.