Archive for the ‘Actualité’ Category

Les discours abolitionnistes : première cause de mort chez les putes !

Saturday, February 4th, 2012

Depuis des mois, vous, « féministes » abolitionnistes, vous réjouissez des différentes mesures prises pour lutter contre la prostitution : réaffirmation de la position abolitionniste de la France, mise en avant du projet de pénaliser les clients, fermeture progressive des sites permettant aux escortEs de déposer leurs annonces.

Depuis des mois, le seul impact effectif de ces « succès » à été la dégradation de nos conditions de travail, notre précarisation, nos difficultés toujours plus grandes à résister à un système capitaliste qui voudraient que chacunE soit l’exploitéE d’autrui.

D’un côté les putes de rues sont toujours plus harcelées par la police, toujours plus forcées de se cacher, de s’isoler, toujours plus victimes de violences et donc, poussées par cette prohibition même à faire appel aux divers intermédiaires, plus ou moins mal intentionnés, qui pourront nous assurer une sécurité que l’État ne nous garantit pas, cette sécurité qui semble être perçue comme une menace pour toutes celles et ceux qui aujourd’hui tirent leurs revenus de cette lutte contre la prostitution.

De l’autre côté, la situation des escortes, que l’on aime tant à ranger dans la case prostitution de luxe, n’est en réalité pas plus enviable : de plus en plus, notre seul recours pour pouvoir annoncer est d’engraisser les webmasters des seuls sites qui ne se font pas fermer car aux mains de réseaux assez puissants pour contourner les lois actuelles.

En parallèle, vous hurlez au scandale quand pôle emploi propose une annonce de strip-teaseuse, en oubliant que pour de nombreuses femmes, accepter cette offre est préférable à bien d’autres boulots précaires.

Vous avez décidé d’engager une guerre contre la prostitution, mais vous avez semble-t-il oublié qu’une guerre ne se fait pas sans victimes. De même que la lutte contre l’immigration n’a jamais été synonyme d’autre chose que d’une lutte contre les immigréEs, vous ne pouvez nier que votre lutte contre la prostitution n’est rien d’autre qu’une lutte contre les prostituées, première victimes de vos « victoires ».

Sommes nous si menaçantes pour vous, lorsque nous travaillons librement et dans de bonnes conditions, que vous sembliez moins souhaiter la disparition de l’exploitation que NOTRE disparition ?

Ne vous sentez-vous donc victorieuse que lorsqu’à force des multiples entraves que vous nous opposez, nous n’avons plus d’autre choix que d’aller nous faire exploiter dans une industrie « respectable » ?
Ne savez-vous donc vous réjouir qu’en empêchant les autres de jouir ?

Nous, travaileurSEs du sexe, refusons d’être les victimes sacrifiées de votre idéal moraliste !
Nous ne cesserons de revendiquer la liberté d’exercer notre activité, et notre droit à l’exercer en toute sécurité !
Parce que nous partageons votre volonté de lutter contre toute forme d’exploitation, nous ne cesserons de réclamer l’accès au droit commun pour les travailleurSEs sexuelLEs, seule manière de nous doter des outils permettant de nous défendre face à toute forme de proxénétisme de contrainte !

NI PATRON, NI PROXO, TRAVAIL SEXUEL LIBRE !

Justice - Communiqué de presse.

Thursday, December 15th, 2011

Le 14 décembre 2011, la Cour d’Appel de Paris, a confirmé le jugement condamnant Mme Henriette Zoughebi, Vice- présidente (PC) du Conseil Régional d’Ile-de-France.

En février dernier, Mme Zoughebi avait été reconnue coupable de diffamation et condamnée à 500€ d’amende avec sursis, 1500 de frais de justice et 1€ de dommages et intérêts au STRASS, le Syndicat du Travail Sexuel. La Cour d’Appel a en outre alourdi cette peine de 500 pour frais de justice.

Sur son blog, Mme Zoughebi s’en était violemment pris aux organisateurs des “Assises de la Prostitution”. Le Tribunal a également ordonné le retrait du texte incriminé, ce à quoi la condamnée s’est toujours soustraite.

Le STRASS salue cette décision, qui rappelle clairement que si la Liberté d’expression doit être respectée et défendue dans le débat sur la prostitution, elle n’autorise personne à diffamer celles et ceux qui défendent les Droits des travailleusES du sexe.

infos :

contact@strass-syndicat.org

Manifestation : Mardi 6 décembre à 15H, place Edouard Herriot.

Sunday, December 4th, 2011

Le 6 décembre, les travailleurSEs du sexe et ceux qui les défendent se rassembleront à 15 h, place du Président Edouard Herriot près de l’Assemblée Nationale pour protester, une fois de plus contre les politiques répressives les visant ou visant leur clientEs.

En effet, au même moment, les députés débattront et adopteront probablement, la proposition de résolution visant à réaffirmer la position abolitionniste de la France en matière de prostitution.
Cette proposition de résolution vise à entériner juridiquement et symboliquement les conclusions du rapport Bousquet sur la prostitution en France, au premier rang desquelles figure la volonté de pénaliser les clientEs des travailleurSEs du sexe.


C’est l’étape avant la proposition d’une loi de pénalisation des clients.


Les travailleurSEs du sexe et leurs alliéEs dénoncent depuis des mois cette volonté d’accroître encore un peu plus la répression à leur encontre, mettant en danger leur santé, leur sécurité, leur subsistance.

C’est ce que, le 28 novembre dernier, le Collectif Droits & Prostitution et le Strass rappelaient dans un courrier adressé à l’ensemble des DéputéEs, exigeant de nouveau que les travailleu(r)ses du sexe soient REELLEMENT associéEs aux politiques publiques en matière de prostitution.

Documents :

Courrier aux députés (co-signé par plus de 21 associations)

Dossier de presse contre la pénalisation des clients.

Contacts presse :

Pour ActUp Paris, Cécile Lhuillier : 06 65 64 52 88

Pour le STRASS : Maîtresse Gilda : 06 23 06 87 01
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journée mondiale de lutte contre le SIDA : nous ne sommes pas le problème, nous faisons partie de la solution.

Thursday, December 1st, 2011

En cette journée de Lutte mondiale contre le VIH/SIDA, le STRASS tiens à réaffirmer sa solidarité avec toutes les associations qui luttent, depuis plus de trente ans, pour combattre ce virus, pour lutter contre cette maladie qui est avant-tout politique : parce que certains intérêts financiers et politiques priment sur notre santé, de nombreuses personnes, en raison de leur pauvreté, ou de la stigmatisation dont elles sont victimes, continuent d’être contaminées, continuent de mourir, dans une indifférence généralisée et inadmissible.

En tant que travailleurSEs du sexe, nous avons toujours été des acteurTRICEs essentielLes dans la lutte contre l’épidémie ; aujourd’hui, plus que jamais, des lois menacent le rôle de prévention que nous avons toujours tenu dans la prévention, et ce faisant, menacent également notre propre santé : en instaurant le délit de racolage en 2003, la LSI nous a éloignéEs des centres de santé et de prévention, nous a isoléEs, et, en nous précarisant, a rendu plus difficile l’exercice de notre travail, et notamment l’imposition du préservatif.

Le projet de pénaliser les clients, sous couvert de bonne morale bien-pensante qui nie la parole des premières concernées en les réduisant au statut de victime aliénée, ne fera qu’empirer la situation : c’est pourquoi aujourd’hui, le STRASS défilera au côté des associations de lutte contre le SIDA, pour interpeller les politiques sur cette question, et réaffirmer que, dans le cadre de cette lutte qui nous concerne touTEs, les travailleurSEs du sexe ne sont pas le problème, mais font partie de la solution.

Putes violentées pendant la manifestation contre violences faites aux femmes

Wednesday, November 9th, 2011

Ce samedi 5 novembre 2011, plusieurs milliers de personnes défilaient contre les violences faites aux femmes. Des travailleurSEs du sexe, ainsi que leurs alliéEs, venuEs revendiquer des droits furent la cible de violences de la part d’autre manifestantEs s’opposant à leur présence, illustrant une fois de plus que, pour certainEs, les violences faites aux putes ne sont pas des violences faites aux femmes.

Des pancartes arrachées, piétinées, quitte à donner un coup au passage, des huées, des insultes comme « bouffonne à pédés », « fachos », « aliénées » quand nous dénoncions la pénalisation des clients des travailleurSEs du sexe comme violence faite aux femmes et la liberté de parole pour les travailleurSEs du sexe. Des « dégagez » et des « vous êtes la honte de la manifestation » ont fusé  à plusieurs reprises. La présidente du centre LGBT de Paris, Christine Le Doaré, a voulu nous empêcher d’utiliser notre mégaphone et menacé de nous faire éjecter par une batucada… Choqués par une telle violence, quelques manifestantEs se sont d’ailleurs désolidariséEs de leur groupe pour venir marcher à nos côtés.

Quand les slogans invitaient à rompre le silence dont les femmes sont victimes, les putes étaient pousséEs au silence par des méthodes qui n’ont rien à envier aux machistes, qu’elles ne cessent pourtant, avec raison, de dénoncer. Il n’est pas possible d’être plus clair dans l’exclusion des putes de la catégorie des femmes.

La manifestation contre les violences faites aux femmes aurait-elle tourné en une manifestation pour les violences faites aux putes ?

La violence bien réelle n’était sans doute qu’une manière d’entériner la violence symbolique de la revendication de pénalisation des clientEs des travailleurSEs du sexe contenue dans l’appel porté par le CNDF et signé par des dizaines d’associations.

Nous avions dénoncé cette revendication car si elle aboutit, elle précarisera les travailleurSEs du sexe, les poussera dans des endroits plus dangereux et inaccessibles aux associations de prévention du VIH et des IST, elle rendra impossible l’imposition de l’usage du préservatif. Nous avions demandé aux organisations signataires de cet appel de s’en désolidariser, ce qui était le minimum quand on prétend lutter contre les violences faites aux femmes tant la pénalisation des clients des travailleurs du sexe augmenterait les violences faites aux putes. Le silence assourdissant que l’on nous a opposé illustrait déjà leur mépris à notre égard. Parmi les signataires, seul un parti, EELV, et une association, Paroles de femmes, nous ont répondu, disant qu’ils n’avaient pas encore de position déterminée sur cette revendication.

Après cet après midi de violences subies, l’une de nous a dû être transférée aux urgences par les pompiers en raison d’une brutale céphalée. Nous redemandons aux signataires et participantEs de cette manifestation de se désolidariser du projet de pénalisation de nos clientes, et leur demandons de dénoncer les violences dont nous avons été victimes. Act Up-Paris et le STRASS demandent encore une fois aux membres du conseil d’administration du centre LGBT de Paris la démission de sa présidente, Christine Le Doaré ; nous le ferons publiquement à chaque fois qu’elle fera preuve d’autoritarisme.

Parce que les signataires de cet appel, les manifestantEs qui nous ont violentéEs n’ont pas le monopole du féminisme, parce qu’il n’est pas possible de prétendre lutter contre les violences faites aux femmes tout en exerçant des violences à l’égard des putes, parce que la première violence réside dans le mépris de la parole des femmes travailleurSEs du sexe, nous continuerons de nous mobiliser pour porter cette parole, pour nous opposer aux féministes moralistes et paternalistes, pour toujours réaffirmer qu’une violence faite aux putes est bien une violence faite aux femmes.

STRASS, Act Up-Paris, Étudions gayment

Fadela s’en fout

Friday, October 21st, 2011

Ce mercredi 19 octobre 2011 a été lancé, dans l’amphithéâtre Caroli de l’hôpital Saint-Antoine, le nouveau cycle de conférence, intitulé « Urgence républicaine », de l’association « Future, au féminin » et du think tank « Des femmes au service de l’Homme ».

Pour cette première conférence-« débat » (qui relevait plus de la conférence de presse déguisée que du débat), Lydia Guirous (fondatrice-présidente de l’association) a accueilli Marie (étudiante en licence de droit à Paris et prostituée), Fadela Amara (co-fondatrice du mouvement Ni Pute Ni Soumise et ex-secrétaire d’État à la politique de la ville) et le professeur Charles Sigfred Peretti (chef du service de psychiatrie de l’hôpital Saint-Antoine).

Devant l’objectivité douteuse et la mise en scène évidente de cette présentation, le STRASS s’est invité.

Lydia Guirous nous a présenté son bébé en tirant « avec un grand cri la sonnette d’alarme parce qu’aujourd’hui ça suffit ! ».

Elle a très brièvement exposé l’idéologie qui se profile quand une étudiante devant travailler pour financer ses études rencontre trois opportunistes : une féministe échaudée, une politicienne éconduite et un psychiatre phatique.

Marie doit effectivement travailler pour financer ses études et l’on peut légitimement dénoncer le manque de crédits accordés à l’enseignement supérieur, la précarité des étudiantEs, la vétusté des campus, la mauvaise gestion des ressources humaines, etc. Mais là n’était pas l’objet de cette « conférence-débat ».

Il se trouve que Marie a « choisi la prostitution » comme activité.

Les intervenantEs y voient un drame national, un « fléau », pour reprendre le terme employé par Fadela Amara et dont la proximité avec les ordonnances de 1960, qui qualifient les tuberculeux, les homosexuels, les prostituéEs et les alcooliques de fléaux sociaux, ne peut qu’inquiéter.

Ne masquant ni son moralisme, ni son mépris, madame la Ministre n’a pas semblé s’inquiéter du fait que le problème était la précarité des étudiants et non le travail sexuel, puisqu’elle a publiquement affirmé : « vous voulez que je vous dise franchement, je m’en fous des prostituéEs ! Si vous le faites pour prendre votre pied, c’est votre problème ».

Fort de son expertise autoproclamée, le professeur Peretti a pu asséner tout un tas de pseudos-vérités, telles que le fait que l’exercice du travail sexuel était une « addiction indigne et honteuse », que cela consistait à « tourner le dos à l’émancipation », équivalait à une « perte de liberté », qu’il s’agissait de « monnayer son corps » et que l’argent qui en résultait était de « l’argent sale ». Allant jusqu’au bout de son mépris, il a pu affirmer que si Marie avait besoin d’argent pour financer ses études, elle n’avait qu’à « travailler ».

Respectant les règles du débat contradictoire, le STRASS est intervenu au stade des questions pour souligner que la conquête de la liberté ne pouvait passer que par la reconnaissance de droits aux travailleurs du sexe, que la violence ne résidait pas dans le travail sexuel, mais bien dans les discours qui visaient à expliquer à quel point cette activité était nocive, que s’il pouvait y avoir un problème d’estime de soi, cela n’était que le fruit des discours stigmatisants et victimisants qui désignaient les travailleurs du sexe comme des mineurs, ainsi qu’à la réglementation qui rendait l’exercice du travail sexuel difficile. À ce stade, la violence symbolique du discours est devenue bien réelle puisque les organisateurs se sont empressés de nous interrompre, de tout faire pour nous empêcher de prendre la parole, allant jusqu’à nous inviter à quitter la salle.

Le STRASS s’indigne de la récupération d’un problème de société réel – la précarité des étudiantEs – pour lutter contre le travail sexuel et ceux qui l’exercent, tout comme de la récupération des travailleurSEs du sexe par ces grossistes en prêt-à-penser.

Dans tous les événements publics, nous n’aurons de cesse de rappeler que le problème n’est pas le travail du sexe, mais bien la pathologisation et la victimisation des travailleurSEs du sexe, l’instrumentalisation de leur parole quand elle n’est pas purement et simplement niée.

Dans tous les événements publics, nous n’aurons de cesse de rappeler que la violence ne vient pas du travail sexuel, mais de la réglementation qui l’entoure et du regard porté dessus par les idéologues, les moralisateurs-trices de tout bord.

Le cri des putains de Gerland

Friday, September 30th, 2011

Jeudi 29 Septembre, les prostituées de Gerland (quartier de Lyon) avaient organisé une manifestation pour protester contre le harcèlement policier dont elles sont victimes et contre l’ampleur que prend chaque jour la répression d’État à leur encontre, notamment la multiplication des interdictions de stationner, et donc des PV et mises en fourrière de leurs véhicules.

Suite à la manifestation, qui a réuni plus d’une centaine de personnes, la Préfecture a accepté de recevoir une délégation de quatre personnes. Deux prostituées de Gerland, une représentante de l’association Cabiria et une représentante du STRASS sont donc allées exposer à M. Tournaire (directeur de cabinet du Préfet) et Mme Gretto (chef de cabinet de ce même préfet) les conséquence de la politique menée à Lyon à l’égard des travailleuses du sexe ; nous avons exigé la fin du harcèlement policier, et demandé à ce qu’une discussion ait lieu au plus vite entre les différentes parties concernées (autorités, riverains, travailleuses du sexe), afin de trouver une issue à cette situation intolérable.

En dépit de son mépris flagrant, M. Tournaire a pris des notes et nous a assurées qu’il ferait remonter nos revendications…C’est donc avec une grande impatience que nous attendons les prochaines nouvelles qui émaneront de la Préfecture, et il va sans dire que si aucun engagement allant dans le sens des revendications des travailleuses de Lyon n’est pris, la mobilisation d’hier, déjà très enthousiasmante quand à l’avenir de notre lutte en général, n’aura été qu’un aperçu de ce dont des putes en colère sont capables !

Quant à la manifestation en elle-même, la chanson écrite à cette occasion par Karen, prostituée en lutte, résumera mieux que tout autre récit l’ambiance qui y régnait :

LE CRI DES REBELLES

On est debout sur les pavés

Pour le droit à la liberté

Combattre une moralité

Masquées pour ne pas être vues

On défile quand même dans la rue

Défendre un droit que l’on a plus.

C’est un cri, c’est un chant,

C’est le cri des putains de Gerland,

Toute la rage qu’on a dans le corps

On se battra jusqu’à la mort

Contre un état qui nous ignore

C’est un cri, c’est un chant,

C’est aussi un métier qu’on défend,

Si vous croyez qu’on va céder

Et obéir à des frustrés

C’est mal connaître les prostituées

C’est un cri, c’est un chant,

C’est le cri des putains de Gerland,

Toutes la force qu’elles portent en elles

Le soulèvement de ces rebelles

Contre un État qui les harcèle

Les petites frustrations de Mme Bousquet ne légitiment pas son mépris des droits humains fondamentaux

Sunday, September 4th, 2011


Dans le cadre du débat sur la pénalisation des clients de prostituéEs, Mme Bousquet et Mr Geoffroy nous avaient déjà habituéEs à des propos diffamants et criminalisants à l’égard des personnes ayant recours à des services que nous, travailleurSEs du sexe, leurs proposons en toute conscience.

Dans une interview accordée à France Soir, parue ce 30 août, nous avons eu le regret de constater que leur mépris de nos (potentielLes) clientEs est plus que jamais présent en cette rentrée. En revanche, nous avons été satisfaitEs de la confirmation, par la principale intéressée, d’une hypothèse que nous n’osions émettre publiquement jusqu’ici : si Mme Bousquet profère si souvent de si abjects propos, c’est tout simplement parce que, comme nous le pensions, elle est « frustrée » !

À la question de France Soir lui demandant sa position sur l’accompagnement sexuel pour les personnes handicapées, la réponse de Mme Bousquet fait non seulement preuve d’un manque certain d’empathie, digne de la droite la plus réactionnaire, mais en outre ne manque pas de cynisme :

« Je suis contre. Moi, je souhaiterais être grande et mince, j’en suis frustrée, c’est ainsi. La vie est faite de frustrations. Les clients doivent l’accepter. Si l’on ne peut pas avoir de sexualité sans payer quelqu’un car on est handicapé, c’est triste, mais c’est ainsi. »

Le fait que Mme Bousquet ose comparer ses petites frustrations esthétiques aux souffrances vécues par des milliers de personnes n’étant physiquement pas en mesure de disposer librement de leur propre corps relève à la fois d’un égocentrisme effrayant et d’un profond mépris pour la souffrance d’autrui. Profitons-en pour rappeler que l’accompagnement sexuel désigne un ensemble de pratiques ayant pour but essentiel de réconcilier une personne avec son corps en général et avec sa sexualité en particulier, notamment lorsque le handicap devient un obstacle physique à la satisfaction de ses propres désirs sexuels.

Surtout, ces propos révèlent l’ignorance de Mme Bousquet, ou son volontaire piétinement, de droits humains pourtant reconnus comme fondamentaux.

En 2003 encore, comme depuis des décennies, l’OMS réitérait la recommandation suivante :

« Afin d’atteindre et de maintenir la santé sexuelle, les droits sexuels de toutes les personnes doivent être respectés, protégés et assurés. ».

Rappelons également que dans la pyramide des besoins fondamentaux établie par Virginia Henderson, et enseignée aux futurEs infirmierEs, se trouve celui de « vivre pleinement ses relations affectives et sa sexualité ».
Enfin, et n’en déplaise aux féministes prohibitionnistes, les droits sexuels ont également fait l’objet en 2009 d’une déclaration de l’IPPF (Fédération Internationale des Plannings Familiaux)

Nous sommes désoléEs pour Mme Bousquet que le droit à être grande et mince n’ait pas été reconnu comme fondamental pour la santé. Mais parce que nous pensons que la société (et donc, les partis politiques) doit offrir d’autres réponses à la souffrance que la seule frustration, nous continuerons à revendiquer notre liberté de disposer de notre corps en tant que travailleurSEs sexuelLes, le droit pour touTEs de recourir à nos services, ainsi que la reconnaissance des pratiques professionnelles qui peuvent aider une personne à se sentir mieux dans son propre corps par le biais de la sexualité.

TRAVAIL SEXUEL : POURQUOI PÉNALISER LES CLIENTS EST UNE MAUVAISE IDÉE

Tuesday, May 31st, 2011

Dossier de presse à télécharger ici : dossier_de_presse_penalisation_clients

Ce dossier présente les raisons pour lesquelles les travailleusEs du sexe ainsi que leurs alliéEs sont fermement opposéEs à la pénalisation de leurs clients. Une telle mesure aurait en effet des conséquences catastrophiques en premier lieu pour les personnes concernées par la loi mais aussi pour les libertés de tous.

Ce document a  été réalisé par le collectif Droits & Prostitution et le Strass, co-signé par plus de 20 associations  et sera présenté lors de la conférence de presse commune :

Attaqué-es sur tous les fronts, les travailleuses du sexe et ceux qui les défendent contre-attaquent

le mercredi 1er juin à 10 h 30

au Théâtre Paris-Villette, Parc de la Villette

211 Avenue Jean Jaurès

75019 Paris

Liste des associations et mouvements signataires :

ActUp, Paris
Aides
Acceptéss-T, Paris
A.N.A, Avec Nos Ainées, Paris
Arcat-Santé, Paris
Autres Regards, Marseille
A.R.A.P rubis, Nîmes
Association des Amis du Bus des Femmes, Paris
Cabiria - Lyon
Association Charonne - Paris
Collectif Droits & Prostitution
Entr’Actes - Lille
Grisélidis - Toulouse
Strass, Syndicat du Travail Sexuel
Etudions Gayment, Paris Nanterre
Elus Locaux Contre le Sida
Médecins du Monde
Solidarité Sida
S.T.S Support Transgenre Strasbourg
Tjembé Rèd !
Unals, Union Nationale des Associations de Lutte contre le Sida

MANIFESTATION PARIS 2 JUIN 2011 14 h de Pigalle à République

Tuesday, May 31st, 2011

Travailleurs/-ses sexuelLEs
Pour la reconnaissance de nos métiers, défendons nos droits. Pour notre survie, luttons en montrant que nous sommes nombreux/-ses et solidaires.

  • Contre la pénalisation du racolage,
  • contre les amendes,
  • contre nos voitures à la fourrière,
  • contre le retrait de la garde de nos enfants,
  • contre la pénalisation de nos clientEs,
  • contre l’arrestation des escortes sur Internet,
  • contre l’expulsion de nos collègues étrangerEs,
  • contre le statut d’inadaptéE sociale,
  • contre les violences,
  • contre le proxénétisme d’État et toute exploitation de nos métiers.

MANIFESTATION PARIS 2 JUIN 2011 14 h de Pigalle à République