Archive for the ‘Actualité’ Category

AFP: Des prostitués mettent la mode au service de la lutte contre le sida à Vienne

Tuesday, July 27th, 2010

(AFP)

VIENNE — Les participants à un défilé de mode de vêtements féminins et masculins portant la griffe Daspu, créés par une ex-prostituée brésilienne, ont dénoncé les discriminations dont sont victimes les travailleurs du sexe dans le monde en relation avec la problématique du sida, mercredi à Vienne.

Le label Daspu, diminutif pour “das putas” en portugais, a été créé en 2005 par Gabriela Leite, prostituée “à la retraite” et toujours engagée pour les droits des travailleurs du sexe.

Dans le Village mondial des ONG mercredi en marge de la Conférence internationale sur le sida, les manequins d’un jour, prostitués et membres d’associations, ont défilé, certains timides d’autres au déhanché lascif, sous les acclamations nourries du public.

Short jaune à mince bretelles, mini-jupe sur bas résilles rouges ou robe à volants, beaucoup de pièces mettaient en valeur les corps. La célébration de la femme apparaissait aussi sur le tissus. Sur un T-shirt pour homme un corps féminin se dessine dans la vapeur s’échappant d’une tasse de café.

Dépassant d’une corsage, ou d’une poche, des préservatifs dans leur emballage écarlate rappellent le motif de cet événement.

Pour les prostitués, “la prévention contre le sida est un instrument de travail, c’est important que les travailleurs du sexe sachent se servir d’un préservatif”, a expliqué à l’AFP Friederike Strack, responsable de l’association Davida, qui travaille avec Daspu au Brésil.

La prévalence du VIH au sein de ce groupe est sensiblement plus élevée que dans le reste de la population mondiale. La criminalisation de leur activité dans de nombreux pays et les discriminations sont d’importants obstacles pour l’accès des travailleurs du sexe aux informations et aux traitements.

“La visibilité de notre groupe est très importante pour réduire la discrimination et la violence à notre encontre”, a estimé Camille, un transgenre brésilien qui travaille en France.

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source : AFP: Des prostitués mettent la mode au service de la lutte contre le sida à Vienne.

Sida/conférence : des travailleurs du sexe font fuir le délégué américain - E-llico

Friday, July 23rd, 2010

Une vingtaine de travailleurs du sexe participant à la Conférence mondiale sur le sida à Vienne ont bruyamment manifesté mardi lors d’un point de presse d’Eric Goosby, le coordonnateur américain de la lutte contre le sida, le forçant à quitter la salle.

Au son du slogan “Goosby tue les travailleurs du sexe”, le représentant américain s’est mis à l’abri en empruntant la porte à l’arrière de la salle, flanqué de ses gardes du corps.

Les manifestants ont critiqué le traitement des prostitués dans le Plan américain d’aide d’urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR), qu’Eric Goosby est chargé de mettre en oeuvre.

Armés de parapluies rouges et criant leurs slogans - “Sex workers’ rights are human rights”, “Les droits des travailleurs du sexe sont des droits de l’Homme”-, la vingtaine de manifestants, emmenés par le militant transgenre indien Laxsmi Tripathi en robe jaune criard, ont parcouru la salle de presse de la conférence avant de s’inviter au point de presse d’Eric Goosby.

Sida/conférence : des travailleurs du sexe font fuir le délégué américain - E-llico.

Combien de travailleurs du sexe sommes-nous ? par Thierry Schaffauser

Wednesday, June 2nd, 2010

Le 11 mai dernier, Brice Hortefeux annonce au Sénat que nous serions 18 000 à 20 000 prostitués en France (Le Monde du 11 mai). Sachant qu’il y a officiellement 400 000 travailleurs du sexe en Allemagne, on se demande comment le chiffre français a été trouvé.

En France, plein de chiffres circulent dans les journaux au sujet de la prostitution mais on ne sait jamais d’où ils viennent. Nous ne savons rien de la méthodologie. Aucune étude scientifique n’est jamais citée, seulement des estimations de militants anti-prostitution qui ont tout intérêt à présenter une version partiale des faits afin de renouveler les subventions de leurs associations. Ces associations “lobbient” ensuite le gouvernement pour imposer leurs chiffres.

L’autre source de chiffres est l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH) qui travaille directement sous les ordres du gouvernement. L’OCRTEH évalue le nombre de prostitués à partir du nombre de personnes arrêtées. Par exemple, en 1999, l’OCRTEH déclare que “5 000 personnes prostituées ont été contrôlées”. Sans expliquer pourquoi, l’OCRTEH évalue ensuite, dans un rapport d’information, “le plan numérique de la prostitution de rue au double de ces contrôles, soit 10 000 à 12 000 personnes, auquel il convient d’ajouter 3 000 professionnelles qui exercent dans les bars à hôtesse ou salons de massage”.

Nous n’avons donc que des estimations qui ne reposent que sur la répression des travailleurs du sexe travaillant dans la rue. A l’heure de l’Internet et des nouvelles technologies, et étant donné la répression accrue du travail de rue depuis la criminalisation du racolage passif, on pourrait au contraire penser que le travail de rue ne représente plus qu’une minorité de l’industrie du sexe en France. En comparaison, au Royaume-Uni on estime le travail sexuel de rue comme représentant seulement 15 % de l’industrie du sexe britannique (Home Office, 2004) tandis qu’en Suisse, le travail de rue représenterait 13 % des travailleurs du sexe. (Sexworkinfo.net).

Il n’y a qu’en Suède où le nombre de prostitués est plus bas qu’en France. Mais la Suède est également connue pour sa politique anti-prostitution. Là-bas, depuis que les clients sont criminalisés, la prostitution aurait officiellement quasiment disparue. Mais, comme en France, le gouvernement suédois ne comptabilise que le nombre de prostitués de rue, quand bien même il neige cinq mois par an et que les travailleurs du sexe se sont déplacés dans des endroits reclus à l’abri de la surveillance policière afin de conserver leur clientèle.

Les pays comme la France qui ont des politiques répressives envers la prostitution ont tout intérêt à présenter des chiffres faibles, prouvant ainsi l’efficacité de leur système en comparaison des pays qui ont décidé de réglementer ou de tolérer le travail du sexe. En ne comptabilisant que la prostitution de rue qui est la plus visible, ils ne font pas que minimiser le nombre des travailleurs du sexe, ils mettent en avant les travailleurs du sexe les plus précaires, celles et ceux qui ne peuvent pas échapper à la répression policière et préserver leur anonymat.

L’ÉMOTION PLUTÔT QUE LES PREUVES

Parmi les travailleurs du sexe les plus précaires, il y a les migrants. Hortefeux dit à présent qu’il y aurait 80 % d’étrangères parmi les prostituées. Ce chiffre est en nette augmentation par rapport aux données de l’OCRTEH de 1999. On peut y voir deux explications.

La première est que la répression du racolage vise en premier lieu les étrangères. La loi de sécurité intérieure du 18 mars 2003 qui a pour but autant la lutte contre l’immigration que la tranquillité publique des riverains a donc ainsi eu comme effet de gonfler le nombre officiel des étrangères, celles-ci étant arrêtées en priorité par la police.

La seconde, plus politique, est que ce chiffre de 80 % concorde enfin avec celui des groupes anti-prostitution qui prétendent que 80 % des prostituées seraient victimes du proxénétisme et de la traite des êtres humains (dont la Fondation Scelles). L’augmentation du chiffre des prostituées étrangères rend donc leur chiffre sur la traite un peu plus crédible. Mais encore faudrait-il que toutes les prostituées étrangères soient bien des victimes de la traite et non juste des migrantes.

La confusion entre les chiffres et entre les termes est constamment maintenue afin que l’émotion plutôt que les preuves scientifiques guide le législateur et justifie les lois répressives aux yeux du public. Hortefeux annonce qu’un rapport doit être remis fin juin dont l’enjeu est la lutte contre le proxénétisme. Mais là encore de quoi parlons nous exactement?

Quand l’OCRTEH et Hortefeux déclarent que quarante réseaux ont été démantelés en 2009, ils ne parlent que des arrestations, jamais des condamnations. La chancellerie ne communique jamais les chiffres des condamnations, ce qui fait que nous ne savons rien de l’efficacité de la loi de 2003 pour lutter contre le proxénétisme. Et connaissant les modalités des arrestations qui visent surtout à expulser le plus d’étrangers possible, s’agit-il de vrais réseaux de proxénètes avec violence et contrainte ou de communautés d’entraides entre migrants ?

Quand Hortefeux parle de trois types de prostitution, il ne parle que de prostituées étrangères en sous-entendant qu’elles seraient toutes des victimes de proxénétisme. Suivant sa logique, leur nombre étant en augmentation, la loi sur le racolage serait même un échec. Mais dans ces chiffres, où sont les travailleurs du sexe français ? Où sont les travailleurs du sexe hommes ? Où sont les prostituées dites traditionnelles ? Où sont les escortes sur Internet, les mères célibataires dans leur ville de province ou les étudiantes dont tout le monde parle tant ?

La prostitution est confondue avec la traite des êtres humains pour trois raisons. Pour le gouvernement, il s’agit de lutter contre l’immigration en prétendant que toutes les prostituées étrangères sont des victimes de la traite et qu’il leur rendrait service en les expulsant. Pour les groupes anti-prostitution, il s’agit de lutter contre la prostitution elle-même en émouvant le public. Enfin, il s’agit de nier les revendications des travailleurs du sexe en les accusant d’être, soit manipulés par des proxénètes, soit d’être des proxénètes elles-mêmes ou eux-mêmes, soit qu’ils et elles sont minoritaires et donc non légitimes à être entendus.

C’est dommage, car les travailleurs et travailleuses du sexe s’organisent de plus en plus politiquement, notamment au sein du Syndicat du travail sexuel et que leur expertise de l’industrie du sexe pourrait être précieuse afin de lutter sérieusement contre le proxénétisme et la traite des êtres humains, aujourd’hui instrumentalisés à d’autres fins.

Thierry Schaffauser est membre du Strass, le Syndicat du travail sexuel.

Source : LEMONDE.FR | 02.06.10 | 10h25  •  Mis à jour le 02.06.10 | 10h38

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/06/02/combien-de-travailleurs-du-sexe-sommes-nous-par-thierry-schaffauser_1366353_3232.html

Semaine des Féminismes, Université de Nanterre

Monday, May 10th, 2010

RFI, le débat du jour : France : faut-il rouvrir les maisons closes ?

Wednesday, April 14th, 2010

http://www.rfi.fr/contenu/20100413-france-faut-il-rouvrir-maisons-closes

Invitées :

Claudette Plumet, présidente de  Procoré, Prostitution-Collectif-Réflexion (Suisse).

Maîtresse Gilda, porte-parole du STRASS, Syndicat du Travail Sexuel.

Ecouter : RFI, le débat du jour

France Culture - Du grain à moudre

Thursday, April 1st, 2010
Ecoutez

Podcast

émission du mercredi 31 mars 2010

Faut –il rouvrir les maisons closes ?
En direct et en public du Salon du livre

Invités: Invités

Laure Adler.  Historienne, écrivain et journaliste
Productrice à France Culture (Hors-Champs, du lundi au vendredi à 22h15)

Maîtresse Gilda.  Membre du STRASS (Syndicat du Travail Sexuel)

Danielle Bousquet.  Députée PS des Côtes d’Armor
Vice-Présidente de la délégation de l’Assemblée nationale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes

Michela Marzano.  Philosophe. Chercheur au CNRS

Articles “Assises de la prostitution et Pute Pride 2010″

Friday, March 26th, 2010


Reportage Assises de la prostitution et pute pride 2010
envoyé par Maitresse-Gilda. - L’info video en direct.

Autres articles en ligne :

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5i9nB8eScERWHOZcfXp9BlalMDVeA

http://www.liberation.fr/societe/0101626612-vous-couchez-avec-nous-mais-vous-votez-contre-nous

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/les-prostitues-dans-la-rue-a-paris_858034.html

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/03/24/97001-20100324FILWWW00768-les-prostituees-manifestent-a-paris.php

http://www.skynet.be/actu-sports/actu/monde/video_les-prostituees-descendent-dans-les-rues-paris?id=642654

http://www.paperblog.fr/2998088/les-prostituees-battent-le-pave/

http://www.parismatch.com/Actu-Match/Societe/Actu/Le-coup-de-gueule-des-prostituees-176139/

Groupe de travail sur la prostitution: Pas sans nous !

Saturday, March 20th, 2010

Nous apprenons que le nouveau groupe de travail gouvernemental sur la prostitution se réunira le 25 mars 2010, soit le lendemain de nos Assises de la prostitution qui auront lieu au Sénat, or, les experts sur le sujet : nous les travailleurs et travailleuses du sexe, ne sommes toujours pas consultés.

Dans Le Parisien du 18 mars, la députée UMP Chantal Brunel que nous avons rencontré il y a quelques semaines reprend notre idée de “maisons ouvertes” mais tout en déformant partiellement le sens que nous en donnons en opposition aux maisons closes. ?Nous craignons en effet fortement les volontés politiques réglementaristes de l’Etat et en particulier ses volontés de contrôle médical, migratoire et fiscal.
http://site.strass-syndicat.org/2009/11/reouverture-des-maisons-closes-mise-au-point-sur-la-position-du-strass/

Nous refusons catégoriquement le principe de dépistage obligatoire qui est contraire à toute logique de prévention reposant sur la responsabilité partagée, la confidentialité des données médicales, et la non exclusion des personnes séropositives. Cette idée ne ferait qu’inciter nos clients à demander des rapports non protégés tandis qu’eux ne seraient pas dépistés. Nous rappelons que seul le préservatif protège.

Nous ne voulons pas de patrons. Nous voulons l’auto-organisation par les travailleurs et travailleuses. Nombreux sont les travailleurs qui refusent toute ingérence dans leur travail et nous doutons fortement que notre communauté se laissera imposer une politique de contrôle par un tiers, alors que depuis les années 1970 et les débuts politiques de notre mouvement, nous nous sommes toujours battus pour être indépendants de proxénètes.

Nous nous félicitons que Mme Brunel reprenne notre analyse de l’échec de la loi sur la sécurité intérieure qui pénalise le racolage. Mais dans la même interview elle dit qu’il “faut condamner la prostitution à l’extérieur de ces lieux” (des maisons ouvertes). Ceci est purement une forme de chantage: soit nous nous plions au contrôle de l’Etat, soit on continue de nous criminaliser.

Nos élus doivent comprendre qu’ils ne trouveront pas de solution politique sans notre participation aux prises de décision nous concernant. Ils seront voués à répéter les mêmes échecs s‘ils ne consultent pas les personnes qui vivent la prostitution au quotidien et savent tout des conséquences de leurs politiques.
Nous sommes les seuls à détenir l’expertise sur nos vies.

24 mars : marche pour les Droits des Travailleu(r)ses du sexe

Friday, March 19th, 2010

A l’issue des Assises de la Prostitution 2010, le Strass et les associations partenaires vous appellent à venir manifester votre solidarité lors de la Marche pour les Droits des Travailleu(r)ses du sexe (Pute Pride).

Christine LeDoaré réfléchit elle ?

Friday, March 19th, 2010

Une fois de plus le STRASS est attaqué par LeDoaré.
Nous devons donc une fois de plus faire cette mise au point.

1) Le STRASS n’est pas réglementariste. Nous nous sommes déjà clairement exprimées contre la réouverture des maisons closes, auxquelles nous préférerions des maisons ouvertes auto-gérées et surtout le libre choix de nos conditions de travail sans interférence de l‘Etat.
http://site.strass-syndicat.org/2009/11/reouverture-des-maisons-closes-mise-au-point-sur-la-position-du-strass

2) Le STRASS s’est régulièrement exprimé contre toute forme de salariat ou d’exploitation du travail sexuel, et donc de proxénétisme. Or, les lois sur le proxénétisme sont le plus souvent contre-productives et criminalisent autant si ce n’est plus les travailleurs du sexe plutôt que les proxénètes. Ces lois servent à nous exclure du droit commun en nous créant un statut à part, celui d’inadaptées sociales qui a été crée par les ordonnances de 1960 en même temps que le délit de proxénétisme.

Les lois sur le proxénétisme criminalisent et empêchent entre autres:
- le fait de passer des petites annonces dans la presse ou sur Internet
- le fait de travailler à plusieurs pour sa sécurité
- le fait de louer un studio pour y travailler
- le fait de travailler en établissement
- tout acte d’aide à la prostitution et donc toute forme de solidarité entre nous
- le fait de prêter sa camionnette à une collègue
- toute transaction économique en particulier dans l’organisation de son travail
- le fait que quelqu’un vive d’une partie de nos revenus, incluant nos maris, membres de notre famille et enfants majeurs.

Le paradoxe de ces lois font que nombreux sont les travailleurs du sexe qui font appel à des proxénètes pour ne pas être criminalisés eux/elles-mêmes. Elles ne nous offrent d’ailleurs aucune réelle protection puisque les plaintes des travailleurs du sexe sont rarement enregistrées par la police quand nous ne sommes pas directement arrêtées à la suite d’un dépôt de plainte.
Nous exigeons donc l’abolition de ces lois, et que les lois du droit commun et le code du travail contre les violences, l’extorsion de revenus et l’exploitation soient appliquées pour nous comme à tout autre citoyen et travailleur.

3) Le STRASS a une femme comme porte parole nationale, Tiphaine Besnard, mais qui n’est pas nouvelle puisqu’élue depuis la dernière AG de décembre 2009 avec le reste de l’ensemble du bureau et du CA. Elle succède à Isabelle Schweiger, une autre femme. Le STRASS a également 4 porte parole régionales, 2 femmes bios et 2 femmes trans‘. Aucun homme n‘a été élu porte parole. Notre secrétaire générale est aussi une femme.
http://site.strass-syndicat.org/2009/12/une-nouvelle-equipe-pour-le-strass

4) Le STRASS est accusé de négationnisme car nous nions, premièrement, que la majorité des travailleurs du sexe seraient des victimes de la traite ou des enfants gays jetés de chez leurs parents et, deuxièmement, que nous aurions pour la plupart subi des traumatismes sexuels dans l‘enfance. Même si tous les migrants sur le sol français étaient des victimes de la traite et de l’exploitation ce qui n’est bien sur pas le cas, il n’en reste pas moins que la majorité des travailleurs du sexe qui travaillent en France sont d’origine française. Ils ne sont donc pas des victimes de la traite.
S’agissant de la prostitution homosexuelle, nous invitons LeDoaré a consulter les sites d’escorts gays ou à se rendre sur les lieux de drague pour y compter par elle-même le nombre d’enfants jetés de chez leurs parents.

De plus, nous considérons que les affirmations sur les traumatismes sexuels dans l’enfance ne servent en rien à lutter contre ces violences ou à aider les travailleurs du sexe de quelque façon que ce soit. Ces déclarations servent uniquement à décrédibiliser les prises de positions publiques des travailleurs du sexe en expliquant que nos choix et actions ne seraient que le résultat de traumatismes sexuels.

5) LeDoaré ne fournit toujours aucune preuve à ses affirmations mais cite les pires abolitionnistes du monde en référence. Ceux-ci sont pourtant régulièrement critiqués et dénoncés pour fournir des chiffres ne reposant pas sur des bases scientifiques mais sur des interprétations et de l‘idéologie.
Le sociologue Lilian Mathieu a du parmi d’autres revenir sur la fabrication de ces chiffres cités également en exemple par ATTAC: http://www.contretemps.eu/socio-flashs/ce-que-melange-entre-expertise-militantisme-peut-produire-pire

6) En outre de noms, LeDoaré cite deux textes en référence pour dénoncer les lois australiennes et de pays qui ont décriminalisé le travail du sexe. Nous avons déjà publié le texte de nos collègues australiennes qui répondent à ces accusations. http://site.strass-syndicat.org/2010/03/les-lois-sur-le-travail-du-sexe-en-australie
Ces deux textes sont issus de personnes qui sont connues pour leur homophobie et transphobie
- Sheila Jeffreys: http://sisyphe.org/spip.php?article1050
- Julie Bindel: http://www.guardian.co.uk/world/2004/jan/31/gender.weekend7
C’est tout de même un peu maladroit de la part d’une présidente de centre LGBT.

7) LeDoaré nous cite ensuite comme autre grande référence… la télévision, et le dernier numéro d’Envoyé spécial consacré à la prostitution des enfants dans lequel on apprendrait qu’il y aurait 10 000 enfants prostitués, soit 1 prostitué sur 3.
http://www.leblogtvnews.com/article-prostitution-des-mineurs-en-france-enquete-dans-envoye-special-46432525.html
Le problème est que ce chiffre est comme les autres inventé, et ne repose sur aucune base scientifique. L’association abolitionniste ACPE qui lutte contre la prostitution des enfants et citée dans le reportage d’Envoyé Spécial a elle-même du mal à savoir d’où ce chiffre vient.
http://www.acpe-asso.org/2007/04/13/a-la-poursuite-du-chiffre-perdu/
http://www.acpe-asso.org/2007/12/03/enfants-perdus-chiffres-perdus-part-ii/

8) Le STRASS parle des clients comme de partenaires sexuels. Effectivement, nous avons des rapports sexuels avec eux. Ce sont donc des partenaires sexuels. Nous sommes contre la criminalisation de ces hommes (et quelques femmes et trans‘) avec qui nous avons ces rapports sexuels et aussi parce que nous sommes contre de manière générale la criminalisation de tout rapport sexuel consensuel entre adultes.

9) Le STRASS défend les intérêts de tous les travailleurs du sexe qu’ils travaillent par choix, contraintes ou circonstances. Si notre but n’était que de défendre les intérêts d’”escortes et de fils de bonne famille“, nous ne revendiquerions pas par exemple la décriminalisation du racolage comme notre priorité alors que celle-ci touche avant tout les travailleurs du sexe les plus vulnérables. Pour lutter contre la traite et l’exploitation, il faudrait déjà qu’on arrête de criminaliser les travailleurs du sexe. Or, mis à part le STRASS et nos alliées, personne d’autre ne lutte contre la prohibition. LeDoaré demande au contraire de criminaliser nos clients, qui à présent sont encore les seuls à pouvoir constater directement les problèmes de traite et les reporter à la police sans crainte de poursuites légales contre eux.

10) Le STRASS s’interroge enfin sur la cohérence des attaques de LeDoaré, elle si encline à dénoncer les “industries capitalistes et mondialisées de l’industrie du sexe” en s’attaquant à un syndicat de travailleurs mais tout en nouant des partenariats en tant que présidente du Centre LGBT avec des patrons de l’industrie du sexe gay ou qui vivent en partie des revenus de cette industrie. Pour ne citer que le SNEG, Pink TV et Têtu parmi ses membres et financeurs…
http://www.centrelgbtparis.org/spip.php?page=rubrique&id_rubrique=15
http://www.centrelgbtparis.org/spip.php?rubrique38
http://www.centrelgbtparis.org/spip.php?article95

Nous nous demandons où sont ses intérêts à agir de la sorte, et si elle n’en a aucun, nous devons en conclure que c’est simplement par bêtise.