Archive for the ‘Actions’ Category

ASSISES DE LA PROSTITUTION 2011 - LYON

Friday, March 11th, 2011

Communiqué de Presse de :

DROITS ET PROSTITUTION - CABIRIA - STRASS

ASSISES DE LA PROSTITUTION 2011

LYON

18 MARS 2011

Depuis 2003, année d’entrée en vigueur de la loi qui pénalise la racolage passif, les conditions d’exercice des travailleuses et travailleurs du sexe n’ont cessé de se dégrader : augmentation des violences, de la stigmatisation, arrêtés municipaux visant à écarter les travailleuses du sexe des centres-villes et lieux de passage… Aujourd’hui, c’est la pénalisation des clients qui semble être la voie retenue par les politiques.

La voix des travailleuses du sexe n’est jamais prise en compte dans l’élaboration des lois qui les concernent.

Les Assises de la Prostitution se veulent un temps d’échanges et de prise de parole entre travailleuses du sexe et associations les soutenant, afin qu’émerge un positionnement commun sur des thématiques concrètes (santé, conditions de travail, répression, stigmatisation, droits, lois…).

Pour leur cinquième édition, les Assises de la Prostitution auront lieu le 18 mars à Lyon. Dans ce contexte sécuritaire et répressif contre tou-te-s les travailleuses et travailleurs du sexe, le besoin d’être visibles, de se retrouver et de s’organiser est plus que jamais d’actualité.

Les temps d’échange et de prise de parole proposés permettront d’aborder les réalités concrètes que vivent les travailleuses du sexe, les conséquences sur leur santé et leurs conditions de vie en général ainsi que les perspectives d’actions à mettre en place pour faire évoluer la situation des travailleuses et travailleurs du sexe et pour changer les lois.

Les conclusions de cette journée seront rendues publiques lors d’une conférence de presse qui se tiendra

Vendredi 18 mars 2011 à 17H,

à la maison des associations,

28, rue Denfert Rochereau, Lyon 4e

Une Marche pour les droits des travailleuses et travailleurs du sexe, prostitué-e-s et autres tapins aura lieu:

Samedi 19 mars 2011,

Place des Terreaux (Lyon 1er)

à partir de 14h30.

Contacts Presse:

Isabelle SCHWEIGER (porte-parole STRASS)             06.31.45.64.24

Antoine BAUDRY (CABIRIA)                                      06.76.63.59.22

Miguel Ange GARZO (ARCAT et UNALS)                    06.81.43.48.15

ASSISES DE LA PROSTITUTION 18 MARS 2011 A LYON

Justice - Communiqué de presse.(mise à jour 02/03/2011)

Friday, February 25th, 2011

Le 17 février 2011, la 17ème Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris, a reconnu que Mme Henriette Zoughebi s’est rendue coupable de diffamation et l’a condamné à 500€ d’amende avec sursis. Elle devra en outre verser 1500 € de frais de justice et 1€ de dommages et intérêts au STRASS, le Syndicat du Travail Sexuel qui s’est constitué partie civile. Mme Zoughebi a toutefois fait appel de ce jugement qui n’est donc pas définitif.

Sur son blog,  Henriette Zoughebi, Vice-présidente du Conseil régional d’Ile-de-France, s’en était violemment pris aux organisateurs des “Assises de la Prostitution”. Le Tribunal a également ordonné le retrait du texte.

Le STRASS prend acte de cette décision, qui renforce sa détermination à défendre les intérêts de toutEs les travailleuses du sexe et leurs aliéEs qui luttent pour leur Droits.

Les Assises de la Prostitution sont une des trop rares occasions de rassemblement national des travailleurs du sexe et cette année encore, le STRASS participera à cet événement les 18 et 19 mars prochains à Lyon, ne déplaise à Mme Zoughebi !

infos :

contact@strass-syndicat.org

T-DOR Transgender Day Of Remembrance

Saturday, November 20th, 2010

Le T-DOR est la journée internationale du souvenir trans

TDoRDepuis 1999, le 20 novembre est la Journée internationale de la mémoire transgenre, également appelée Journée internationale du souvenir trans’ (en V.O.: Transgender Day of Remembrance), en mémoire des trans’ assassiné-e-s dans le monde entier, et notamment de Rita Hester, trans’ afro-américaine tuée le 28 novembre 1998.

« VIOLENCE QUOTIDIENNE »
Selon le site Transrepect versus Transphobia, plus de 175 meurtres transphobes ont été signalés depuis le TDoR 2009. Un collectif inter-associatif (Acceptess-T, Chrysalide, Act Up-Paris, A.L.I.I.T.T.A.S., C’est pas mon genre!, Claaaaaaaaaashhh! de la FA, Lesbian & Gay Pride Montpellier Languedoc-Roussillon, Mag et Le Strass) rappelle qu’en France, « les personnes trans’ font face à une violence quotidienne, dans la rue, sur leurs lieux de travail, et même jusque chez elles » et donne les exemples de Diva, « assassinée, étranglée chez elle à Saint-Raphaël, (…) retrouvée par ses amies qui s’inquiétaient de ne pas avoir de ses nouvelles depuis plusieurs jours », de Marizette, « retrouvée morte, attachée aux toilettes de chez elle » et de Kima, qui « s’est jetée sous une voiture, poussée au suicidée par les persécutions qu’elle a subies ».

« Bien que toutes les personnes représentées lors du TDoR ne s’identifient pas comme trans’ (travesti-e-s, cross-dresser, etc.), toutes ont été victimes de violences basées sur la haine et les préjugés à l’encontre de la transidentité », soulignent les associations.

TDoRJOURNÉE D’ACTIONS
Journée de souvenir, donc, mais aussi journée de revendications et d’actions. À Paris, une action de visibilité et de commémoration aura lieu à 14h sur le pont des Arts. À Lyon, plusieurs rencontres sont organisées, ainsi que la projection du film Normal. À Strasbourg, Support Transgenre Strasbourg appelle à un rassemblement à 15h place Kléber. À Bruxelles, une procession partira de l’Hôtel de Ville à 19h30.

Toutes les infos sur les actions organisées en France sont sur le site du collectif. Les actions dans les autres pays (Allemagne, Italie, États-Unis, Australie, Finlande, Royaume-Uni…) sont sur le site international.

source : Yagg

AFP: Des prostitués mettent la mode au service de la lutte contre le sida à Vienne

Tuesday, July 27th, 2010

(AFP)

VIENNE — Les participants à un défilé de mode de vêtements féminins et masculins portant la griffe Daspu, créés par une ex-prostituée brésilienne, ont dénoncé les discriminations dont sont victimes les travailleurs du sexe dans le monde en relation avec la problématique du sida, mercredi à Vienne.

Le label Daspu, diminutif pour “das putas” en portugais, a été créé en 2005 par Gabriela Leite, prostituée “à la retraite” et toujours engagée pour les droits des travailleurs du sexe.

Dans le Village mondial des ONG mercredi en marge de la Conférence internationale sur le sida, les manequins d’un jour, prostitués et membres d’associations, ont défilé, certains timides d’autres au déhanché lascif, sous les acclamations nourries du public.

Short jaune à mince bretelles, mini-jupe sur bas résilles rouges ou robe à volants, beaucoup de pièces mettaient en valeur les corps. La célébration de la femme apparaissait aussi sur le tissus. Sur un T-shirt pour homme un corps féminin se dessine dans la vapeur s’échappant d’une tasse de café.

Dépassant d’une corsage, ou d’une poche, des préservatifs dans leur emballage écarlate rappellent le motif de cet événement.

Pour les prostitués, “la prévention contre le sida est un instrument de travail, c’est important que les travailleurs du sexe sachent se servir d’un préservatif”, a expliqué à l’AFP Friederike Strack, responsable de l’association Davida, qui travaille avec Daspu au Brésil.

La prévalence du VIH au sein de ce groupe est sensiblement plus élevée que dans le reste de la population mondiale. La criminalisation de leur activité dans de nombreux pays et les discriminations sont d’importants obstacles pour l’accès des travailleurs du sexe aux informations et aux traitements.

“La visibilité de notre groupe est très importante pour réduire la discrimination et la violence à notre encontre”, a estimé Camille, un transgenre brésilien qui travaille en France.

Copyright © 2010 AFP. Tous droits réservés.

source : AFP: Des prostitués mettent la mode au service de la lutte contre le sida à Vienne.

Sida/conférence : des travailleurs du sexe font fuir le délégué américain - E-llico

Friday, July 23rd, 2010

Une vingtaine de travailleurs du sexe participant à la Conférence mondiale sur le sida à Vienne ont bruyamment manifesté mardi lors d’un point de presse d’Eric Goosby, le coordonnateur américain de la lutte contre le sida, le forçant à quitter la salle.

Au son du slogan “Goosby tue les travailleurs du sexe”, le représentant américain s’est mis à l’abri en empruntant la porte à l’arrière de la salle, flanqué de ses gardes du corps.

Les manifestants ont critiqué le traitement des prostitués dans le Plan américain d’aide d’urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR), qu’Eric Goosby est chargé de mettre en oeuvre.

Armés de parapluies rouges et criant leurs slogans - “Sex workers’ rights are human rights”, “Les droits des travailleurs du sexe sont des droits de l’Homme”-, la vingtaine de manifestants, emmenés par le militant transgenre indien Laxsmi Tripathi en robe jaune criard, ont parcouru la salle de presse de la conférence avant de s’inviter au point de presse d’Eric Goosby.

Sida/conférence : des travailleurs du sexe font fuir le délégué américain - E-llico.

Semaine des Féminismes, Université de Nanterre

Monday, May 10th, 2010

Articles “Assises de la prostitution et Pute Pride 2010″

Friday, March 26th, 2010


Reportage Assises de la prostitution et pute pride 2010
envoyé par Maitresse-Gilda. - L’info video en direct.

Autres articles en ligne :

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5i9nB8eScERWHOZcfXp9BlalMDVeA

http://www.liberation.fr/societe/0101626612-vous-couchez-avec-nous-mais-vous-votez-contre-nous

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/les-prostitues-dans-la-rue-a-paris_858034.html

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/03/24/97001-20100324FILWWW00768-les-prostituees-manifestent-a-paris.php

http://www.skynet.be/actu-sports/actu/monde/video_les-prostituees-descendent-dans-les-rues-paris?id=642654

http://www.paperblog.fr/2998088/les-prostituees-battent-le-pave/

http://www.parismatch.com/Actu-Match/Societe/Actu/Le-coup-de-gueule-des-prostituees-176139/

24 mars : marche pour les Droits des Travailleu(r)ses du sexe

Friday, March 19th, 2010

A l’issue des Assises de la Prostitution 2010, le Strass et les associations partenaires vous appellent à venir manifester votre solidarité lors de la Marche pour les Droits des Travailleu(r)ses du sexe (Pute Pride).

Christine LeDoaré réfléchit elle ?

Friday, March 19th, 2010

Une fois de plus le STRASS est attaqué par LeDoaré.
Nous devons donc une fois de plus faire cette mise au point.

1) Le STRASS n’est pas réglementariste. Nous nous sommes déjà clairement exprimées contre la réouverture des maisons closes, auxquelles nous préférerions des maisons ouvertes auto-gérées et surtout le libre choix de nos conditions de travail sans interférence de l‘Etat.
http://site.strass-syndicat.org/2009/11/reouverture-des-maisons-closes-mise-au-point-sur-la-position-du-strass

2) Le STRASS s’est régulièrement exprimé contre toute forme de salariat ou d’exploitation du travail sexuel, et donc de proxénétisme. Or, les lois sur le proxénétisme sont le plus souvent contre-productives et criminalisent autant si ce n’est plus les travailleurs du sexe plutôt que les proxénètes. Ces lois servent à nous exclure du droit commun en nous créant un statut à part, celui d’inadaptées sociales qui a été crée par les ordonnances de 1960 en même temps que le délit de proxénétisme.

Les lois sur le proxénétisme criminalisent et empêchent entre autres:
- le fait de passer des petites annonces dans la presse ou sur Internet
- le fait de travailler à plusieurs pour sa sécurité
- le fait de louer un studio pour y travailler
- le fait de travailler en établissement
- tout acte d’aide à la prostitution et donc toute forme de solidarité entre nous
- le fait de prêter sa camionnette à une collègue
- toute transaction économique en particulier dans l’organisation de son travail
- le fait que quelqu’un vive d’une partie de nos revenus, incluant nos maris, membres de notre famille et enfants majeurs.

Le paradoxe de ces lois font que nombreux sont les travailleurs du sexe qui font appel à des proxénètes pour ne pas être criminalisés eux/elles-mêmes. Elles ne nous offrent d’ailleurs aucune réelle protection puisque les plaintes des travailleurs du sexe sont rarement enregistrées par la police quand nous ne sommes pas directement arrêtées à la suite d’un dépôt de plainte.
Nous exigeons donc l’abolition de ces lois, et que les lois du droit commun et le code du travail contre les violences, l’extorsion de revenus et l’exploitation soient appliquées pour nous comme à tout autre citoyen et travailleur.

3) Le STRASS a une femme comme porte parole nationale, Tiphaine Besnard, mais qui n’est pas nouvelle puisqu’élue depuis la dernière AG de décembre 2009 avec le reste de l’ensemble du bureau et du CA. Elle succède à Isabelle Schweiger, une autre femme. Le STRASS a également 4 porte parole régionales, 2 femmes bios et 2 femmes trans‘. Aucun homme n‘a été élu porte parole. Notre secrétaire générale est aussi une femme.
http://site.strass-syndicat.org/2009/12/une-nouvelle-equipe-pour-le-strass

4) Le STRASS est accusé de négationnisme car nous nions, premièrement, que la majorité des travailleurs du sexe seraient des victimes de la traite ou des enfants gays jetés de chez leurs parents et, deuxièmement, que nous aurions pour la plupart subi des traumatismes sexuels dans l‘enfance. Même si tous les migrants sur le sol français étaient des victimes de la traite et de l’exploitation ce qui n’est bien sur pas le cas, il n’en reste pas moins que la majorité des travailleurs du sexe qui travaillent en France sont d’origine française. Ils ne sont donc pas des victimes de la traite.
S’agissant de la prostitution homosexuelle, nous invitons LeDoaré a consulter les sites d’escorts gays ou à se rendre sur les lieux de drague pour y compter par elle-même le nombre d’enfants jetés de chez leurs parents.

De plus, nous considérons que les affirmations sur les traumatismes sexuels dans l’enfance ne servent en rien à lutter contre ces violences ou à aider les travailleurs du sexe de quelque façon que ce soit. Ces déclarations servent uniquement à décrédibiliser les prises de positions publiques des travailleurs du sexe en expliquant que nos choix et actions ne seraient que le résultat de traumatismes sexuels.

5) LeDoaré ne fournit toujours aucune preuve à ses affirmations mais cite les pires abolitionnistes du monde en référence. Ceux-ci sont pourtant régulièrement critiqués et dénoncés pour fournir des chiffres ne reposant pas sur des bases scientifiques mais sur des interprétations et de l‘idéologie.
Le sociologue Lilian Mathieu a du parmi d’autres revenir sur la fabrication de ces chiffres cités également en exemple par ATTAC: http://www.contretemps.eu/socio-flashs/ce-que-melange-entre-expertise-militantisme-peut-produire-pire

6) En outre de noms, LeDoaré cite deux textes en référence pour dénoncer les lois australiennes et de pays qui ont décriminalisé le travail du sexe. Nous avons déjà publié le texte de nos collègues australiennes qui répondent à ces accusations. http://site.strass-syndicat.org/2010/03/les-lois-sur-le-travail-du-sexe-en-australie
Ces deux textes sont issus de personnes qui sont connues pour leur homophobie et transphobie
- Sheila Jeffreys: http://sisyphe.org/spip.php?article1050
- Julie Bindel: http://www.guardian.co.uk/world/2004/jan/31/gender.weekend7
C’est tout de même un peu maladroit de la part d’une présidente de centre LGBT.

7) LeDoaré nous cite ensuite comme autre grande référence… la télévision, et le dernier numéro d’Envoyé spécial consacré à la prostitution des enfants dans lequel on apprendrait qu’il y aurait 10 000 enfants prostitués, soit 1 prostitué sur 3.
http://www.leblogtvnews.com/article-prostitution-des-mineurs-en-france-enquete-dans-envoye-special-46432525.html
Le problème est que ce chiffre est comme les autres inventé, et ne repose sur aucune base scientifique. L’association abolitionniste ACPE qui lutte contre la prostitution des enfants et citée dans le reportage d’Envoyé Spécial a elle-même du mal à savoir d’où ce chiffre vient.
http://www.acpe-asso.org/2007/04/13/a-la-poursuite-du-chiffre-perdu/
http://www.acpe-asso.org/2007/12/03/enfants-perdus-chiffres-perdus-part-ii/

8) Le STRASS parle des clients comme de partenaires sexuels. Effectivement, nous avons des rapports sexuels avec eux. Ce sont donc des partenaires sexuels. Nous sommes contre la criminalisation de ces hommes (et quelques femmes et trans‘) avec qui nous avons ces rapports sexuels et aussi parce que nous sommes contre de manière générale la criminalisation de tout rapport sexuel consensuel entre adultes.

9) Le STRASS défend les intérêts de tous les travailleurs du sexe qu’ils travaillent par choix, contraintes ou circonstances. Si notre but n’était que de défendre les intérêts d’”escortes et de fils de bonne famille“, nous ne revendiquerions pas par exemple la décriminalisation du racolage comme notre priorité alors que celle-ci touche avant tout les travailleurs du sexe les plus vulnérables. Pour lutter contre la traite et l’exploitation, il faudrait déjà qu’on arrête de criminaliser les travailleurs du sexe. Or, mis à part le STRASS et nos alliées, personne d’autre ne lutte contre la prohibition. LeDoaré demande au contraire de criminaliser nos clients, qui à présent sont encore les seuls à pouvoir constater directement les problèmes de traite et les reporter à la police sans crainte de poursuites légales contre eux.

10) Le STRASS s’interroge enfin sur la cohérence des attaques de LeDoaré, elle si encline à dénoncer les “industries capitalistes et mondialisées de l’industrie du sexe” en s’attaquant à un syndicat de travailleurs mais tout en nouant des partenariats en tant que présidente du Centre LGBT avec des patrons de l’industrie du sexe gay ou qui vivent en partie des revenus de cette industrie. Pour ne citer que le SNEG, Pink TV et Têtu parmi ses membres et financeurs…
http://www.centrelgbtparis.org/spip.php?page=rubrique&id_rubrique=15
http://www.centrelgbtparis.org/spip.php?rubrique38
http://www.centrelgbtparis.org/spip.php?article95

Nous nous demandons où sont ses intérêts à agir de la sorte, et si elle n’en a aucun, nous devons en conclure que c’est simplement par bêtise.

Lettre ouverte à Cécile Duflot

Friday, March 19th, 2010

A l’attention de Cécile Duflot,
Secrétaire nationale des Verts,

Madame,

Le mouvement du NID vous a récemment écrit pour dénoncer la tenue d’un débat sur la prostitution à la mairie du 2eme arrondissement de Paris, accusant votre parti de soutenir la “mouvance libérale-proxénète et l’industrie du sexe” et en mettant en cause notre syndicat et ses membres.

Nous tenions donc à vous apporter ces précisions:
- Le STRASS, Syndicat du TRAvail Sexuel a été fondé il y a un an lors des Assises de la prostitution de 2009 au Théâtre de l‘Odéon.
- Le STRASS est composé de 300 membres sur toute la France et de plus de 600 sympathisants.
- Les membres actifs du STRASS doivent être travailleurs du sexe ou ayant eu une expérience du travail du sexe et sont les seuls à avoir le droit de vote et d’être élu. Leur adhésion est gratuite.
- Les membres passifs du STRASS sont celles et ceux qui souhaitent nous soutenir. Ils peuvent participer au travail de l’association mais n’ont ni le droit de vote ni d’être élu. Leur adhésion est à partir de 5 euros.
- Le CA du STRASS est donc composé uniquement de travailleurs du sexe.
- Les personnes travaillant dans des positions d’employeurs, producteurs ou managers ne sont pas autorisées à adhérer au STRASS, même en tant que membre passif de soutien.
- Le STRASS est composé de 10% d’hommes, 20% de trans’ et 70% de femmes biologiques.
- Le C.A. du STRASS représente également cette diversité de genre avec des femmes biologiques aux postes décisionnels de secrétaire générale et porte parole.
- La majorité des membres du STRASS sont des travailleurs du sexe de rue.
- En contraste, le mouvement du NID n’a pas de travailleurs du sexe parmi ses membres, en tout cas pas officiellement et certainement pas dans ses organes de prise de décision.

Quant à nos positions politiques:
- Le STRASS ne lutte en effet pas contre la prostitution mais pour les droits des travailleurs du sexe dont celui d’exercer leur travail qu’il le soit par choix, contraintes ou circonstances.
- Le STRASS ne défend pas les intérêts des proxénètes ni ceux de l’industrie du sexe mais ceux des travailleurs et travailleuses du sexe.
- Le STRASS ne tait pas les violences infligées aux travailleurs du sexe mais les dénonce dont celles des personnes et organisations abolitionnistes.
- Ce que nous appelons “putophobie” est l’ensemble des discriminations que nous subissons dont celles issues des personnes et organisations abolitionnistes qui militent contre nos droits, pour la répression de nos clients et de l‘organisation de notre travail, confisquent nos paroles, nous décrivent comme incapables de nous exprimer et de nous organiser politiquement sans leur bienveillante aide, refusent de reconnaitre les mots que nous employons pour nous auto-désigner, et sous-entendent entre autres que nous serions des proxénètes.

Sur le proxénétisme en particulier, le STRASS s’est régulièrement exprimé contre toute forme de salariat ou d’exploitation du travail sexuel, et donc de proxénétisme. Or, les lois sur le proxénétisme sont le plus souvent contre-productives et criminalisent autant si ce n’est plus les travailleurs du sexe plutôt que les proxénètes. Ces lois servent à nous exclure du droit commun en nous créant un statut à part, celui d’inadaptées sociales qui a été crée par les ordonnances de 1960 en même temps que le délit de proxénétisme.

Les lois sur le proxénétisme criminalisent et empêchent entre autres:
- Le fait de passer des petites annonces dans la presse ou sur Internet
- Le fait de travailler à plusieurs pour sa sécurité
- Le fait de louer un studio pour y travailler
- Le fait de travailler en établissement
- Tout acte d’aide à la prostitution et donc toute forme de solidarité entre nous
- Le fait de prêter sa camionnette à une collègue
- Toute transaction économique en particulier dans l’organisation de son travail
- Le fait que quelqu’un vive d’une partie de nos revenus, incluant nos maris, membres de notre famille et enfants majeurs.

Le paradoxe de ces lois font que nombreux sont les travailleurs du sexe qui font appel à des proxénètes pour ne pas être criminalisés eux/elles-mêmes. Elles ne nous offrent d’ailleurs aucune réelle protection puisque les plaintes des travailleurs du sexe sont rarement enregistrées par la police quand nous ne sommes pas directement arrêtées à la suite d’un dépôt de plainte.
Nous exigeons donc l’abolition de ces lois, et que les lois du droit commun et le code du travail contre les violences, l’extorsion de revenus et l’exploitation soient appliquées pour nous comme à tout autre citoyen et travailleur.

Quant à nos membres pris à parti:
- Thierry Schaffauser et Maitresse Nikita sont en effet deux hommes.
- Thierry Schaffauser est travailleur du sexe depuis 7 ans, a commencé à travailler dans la rue Place de la Porte Dauphine à Paris, et vit et travaille désormais à Londres en tant qu’escort et acteur dans l’industrie porno gay britannique.
- Maitresse Nikita a été également travailleur du sexe pendant plus de 30 ans et est spécialisé dans la domination.
- Vous les avez déjà rencontré avec Yann Werhling quand ils étaient membres du groupe activiste Les Putes.
- Ce sont deux anciens militants d’Act Up-Paris et donc bien connus de nombreux membres des Verts.
- D’autant plus que Maitresse Nikita aka Jean François Poupel est lui-même membre des Verts et que Thierry Schaffauser l’était jusqu’à son départ de France et qu’il a même été candidat pour les Verts aux municipales de 2008 sur la liste de Pascale Ourbih dans le XVIème arrondissement de Paris.
- Ils sont tous deux membres du C.A. du STRASS car ils ont été élus par nos membres lors de notre dernière Assemblée Générale.
- Thierry Schaffauser est cependant responsable des relations internationales du STRASS et non de notre communication contrairement à ce que dit le mouvement du Nid.
- Dans la présentation de leur atelier sur la fierté d’être travailleur du sexe présentée lors de la conférence européenne des sex workers, ils n’ont jamais conseillé aux femmes travailleuses du sexe de taire la violence qu’elles pourraient subir mais de se méfier des journalistes qui enferment nos paroles dans un registre testimonial victimisant quand nous voulons faire part de l’analyse politique de notre oppression.
- L’accusation et le soupçon de proxénétisme ou de manipulation par des proxénètes est une constante de la part des abolitionnistes contre tout mouvement et prise de parole des travailleurs du sexe depuis la naissance de notre mouvement en 1975 avec l’occupation des églises.
- Ces accusations ont été adressées à l’encontre de plusieurs membres des Verts qui ont soutenu les droits des travailleurs du sexe ou participé à nos mouvements dont Anne Coppel qui pourra témoigner de son expérience en tant qu’une des fondatrices des Amis du Bus des femmes.

Suite à ces différentes mises au point, nous aimerions que les Verts soutiennent plus clairement les mouvements de travailleurs du sexe.

Nous aimerions vous inviter personnellement à assister aux Assises de la prostitution qui auront lieu au Sénat le 24 mars prochain pour que vous puissiez faire par vous-même votre propre opinion sur qui nous sommes.

Dans l’attente d’une réponse rapide et favorable, veuillez agréer l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Pour le STRASS,
Cadyne,
Secrétaire Générale