A propos du STRASS

Le Syndicat du TRAvail Sexuel (STRASS) est un syndicat autogéré créé le 20 mars 2009[1]. Il défend les droits des travailleur.euse.s du sexe, c’est-à-dire principalement des prostitué.e.s, mais aussi des escort girls/boys, des acteur.trice.s pornographiques, des opérateur.trice.s de téléphone / webcam rose, des masseur.euse.s érotiques, des dominatrices professionnelles, des hôtesses de bar, et des assistant.e.s sexuel.le.s [2].

Notre syndicat, qui compte aujourd’hui environ 500 adhérent.e.s, a été conçu comme un outil au service de l’auto-organisation des travailleur.euse.s du sexe. Nous luttons pour la reconnaissance du travail sexuel, contre toute prohibition de celui-ci, et donc contre toutes les dispositions répressives qui entravent sa liberté d’exercice et le maintiennent dans l’insécurité et le non-droit (entre autres, loi pour la sécurité intérieure de 2003, qui interdit le racolage passif[3], loi sur le “proxénétisme de soutien, qui constitue un frein à la mise en place de toute solidarité entre travailleur.euse.s du sexe, projet de pénalisation de nos client.e.s)

Nous luttons contre la discrimination et la marginalisation dont nous souffrons en tant que travailleur.euse.s du sexe, en revendiquant notamment des statuts professionnels permettant d’assurer notre protection sociale et notre retraite[2].

Nous permettons aussi aux travailleur.euse.s du sexe de reprendre la parole dans le débat public sur leur activité professionnelle : nous en avons assez que notre parole soit passée sous silence, au profit d’autres intervenants présentés comme des spécialistes du sujet (médecins, catholiques et autres moralistes, abolitionnistes…). Nous luttons ainsi contre l’opprobre moral à l’encontre de nos activités, qui nous place soit dans le rôle de victimes, soit dans celui de contre-modèles du mode de vie du reste de la société.

Le STRASS lutte également contre le proxénétisme, l’esclavage, le trafic d’êtres humains et l’exploitation sexuelle des enfants, en étant un lieu de réflexion et d’élaboration d’un travail du sexe autogéré et choisi. La piste de la création de coopératives composées de travailleur.euse.s s’associant librement est d’ailleurs souvent évoquée lors de nos discussions.

Enfin, notre démarche est internationaliste : nous fonctionnons en réseau avec d’autres syndicats ou groupes de travailleur.euse.s sexuel.le.s en lutte ailleurs dans le monde : en plus du Collectif Droit et prostitution, le STRASS est membre de l’International Committee for the Rights of Sex workers in Europe (ICRSE) et du Network of Sex Work Projetcs (NSWP).

Le STRASS a été inauguré lors des Assises européennes de la prostitution le 20 Mars 2009, en présence de nombreuses délégations d’associations de défense des droits des travailleurs du sexe du monde entier (Espagne, Belgique, Suisse, Italie, Egypte, Canada, Mexique…), venues apporter leur soutien et témoigner de leurs conditions d’exercice et de leurs expériences diverses face à la répression.

Pour fournir au STRASS de solides bases revendicationnelles, des débats ont été organisés en atelier toute la matinée. Entre autres sujets, fut abordée la place des travailleur.euse.s du sexe dans la prévention face aux IST et aux pratiques à risque, dans laquelle il.elle.s jouent un rôle de premier plan et dont il.elle.s affirment faire partie de la solution.

Un autre atelier était consacré aux revendications des prostitués en termes de droits sociaux, notamment dans le nouveau contexte induit par la LSI de 2003 (Loi Sarkozy, « Loi réprimant le racolage passif ») qui, sous couvert de lutte contre le proxénétisme et la traite, ne vise que des objectifs de lutte contre l‘immigration, et accentue au contraire les risques courus par les prostitués en les criminalisant directement ou indirectement (c’est-à-dire au travers des clients), tant au niveau sanitaire, des violences (des policiers ou clients) que des réseaux de proxénétisme et d‘esclavage humain.

Le débat autour du statut à reconnaître aux prostitués déboucha par un assez large consensus sur celui de travailleur.euse.s indépendants, afin que la loi empêche toute exploitation de notre travail par proxénetisme ou salariat, tout en reconnaissant notre profession. Nous côtisons pourtant auprès de l’URSSAF, mais ne percevons en contre-partie que très peu de prestations sociales (retraites dérisoires, couverture sociale…), ce qui accroît notre précarité et donc notre fragilité.

Fut aussi abordé le problème des conjoints masculins de prostitués, qui, s’ils vivent sous le même toît et ne peuvent justifier de revenus, peuvent être inculpés de proxénétisme de soutien, l‘inverse étant impossible.

Le dernier atelier, portant sur l’organisation voulue par et pour les sex workers, vint clore des mois de travail et collaboration entre magistrats, juristes et associations de professionnels du sexe pour contourner la loi contre le racolage passif et créer les statuts du premier syndicat de travailleurs du sexe en France, où le fait de vendre des services sexuels n’est pas officiellement interdit.

Notes et références

  1. ? a b c « Les prostitués fondent leur syndicat et défilent pour la “Pute pride” », dans Le Nouvel Observateur, 22 mars 2009 [texte intégral [archive] (page consultée le 14 avril 2009)]
  2. ? a b c « “STRASS”, premier syndicat du travail sexuel! », dans La Dépêche, 29 mars 2009 [texte intégral [archive] (page consultée le 14 avril 2009)]
  3. ? Audrey Dreillard, « Prostitution - Un syndicat pour les travailleurs du sexe », dans France-Soir, 23 mars 2009 [texte intégral [archive] (page consultée le 14 avril 2009)]

Les Statuts du Strass : http://www.strass-syndicat.org/statuts.pdf

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Le STRASS est aussi membre de :

- Le Collectif Droits et Prostitution

- International Committee for the Rights of Sex workers in Europe, ICRSE

- Network of Sex Work Projetcs, NSWP