Archive for December, 2011

Manifestation 17 décembre 14H Paris-place Pigalle

Saturday, December 17th, 2011

JOURNÉE INTERNATIONALE DE LUTTE CONTRE LES VIOLENCES FAITES

AUX TRAVAILLEUSES-EURS DU SEXE ET AUX PROSTITUÉES-ES

TravailleurSEs du sexe, prostituéEs, et alliéEs, nous manifestons aujourd’hui pour dénoncer les violences que nous subissons.

Qu’elles  soient  d’ordre  physique,  moral,  social,  sexiste,  homophobe,  transphobe  ou  raciste, ces violences sont rendues possibles et encouragées par la loi, ainsi que  par  les  discours  qui nous stigmatisent toujours plus et nient notre légitimité à nous exprimer sur nous-mêmes.

Le délit de racolage passif, instauré en 2003 par Nicolas Sarkozy, a accru la répression policière  et  les  expulsions  de  nos  collègues  migrantEs.

Le bilan de cette mesure est catastrophique. L’objectif annoncé, la lutte contre les réseaux de traite, n’a en rien été atteint,  au  contraire  :  seulEs  les  travailleurSEs du sexe ont fait les frais de cette disposition inique.

Aujourd’hui, dans un consensus inédit en cette période électorale, c’est ensemble que droite et gauche ont initié, validé et adopté une repression des travailleuRses du sexe.

Sous couvert d’”aider des victimes”, il s’agit encore d’une mesure répressive et dangereuse à notre  encontre.  Cette disposition va accroître la présence et les potentielles violences policières sur les lieux de tapin, nous invisibiliser un peu plus, nous éloigner des sructures de soins, de dépistage, de prévention, entraver notre capacité à imposer des rapports protégés.

Cette situation va faire les choux gras des réseaux, et des patronNEs de l’industrie du sexe, qui seront d’autant plus à même de nous fournir ce dont les parlementaires nous privent :  des moyens et des lieux pour exercer, une protection, des clientEs.

La première violence faite aux travailleuRses du sexe est institutionnelle  :  c’est elle qui, en niant la parole des putes, justifie toutes les autres.

Nous exigeons :

- l’abandon du  projet  de  pénalisation  de nos  clientEs , la fin de toute répression, directe ou indirecte, à notre encontre.

- d’être  enfin  consultéEs  et  associéEs à l’élaboration de politiques publiques qui  nous concernent au premier chef.

- l’abrogation du   délit  de  racolage ,  et  du  délit  de  proxénétisme  d’aide  et  de  soutien,  qui instaure un véritable  délit  de  solidarité  à  l’égard des prostituéEs et de cELLeux qui les soutiennent.

- La régularisation des travailleurSEs du sexe sans papier, seul moyen de lutter contre la traite des êtres humains.

- L’accès aux droits fondamentaux : santé, retraite, logement, chômage, justice et sécurité .

NI PROXOteS, NI PATRONneS, TRAVAIL SEXUEL LIBRE!

MANIFESTATION samedi 17 décembre 2011 – Départ Place Pigalle à 14h

http://www.facebook.com/event.php?eid=207296019346685

D’autres manifestations auront lieu à Lyon, Marseille et Toulouse.

Courrier des Femmes de vincennes aux députéEs

Friday, December 16th, 2011

Les Femmes de Vincennes

Domiciliation Administrative

Les Amis du Bus des Femmes

58 rue des Amandiers

75 020 Paris

Tel : 01 43 14 98 98

Assemblée Nationale

A l’attention de Mesdames et Messieurs les Députés

126 rue de l’Université

75355 Paris 07 SP

Paris, le 2 décembre 2011

Objet : Proposition de résolution n°3522 « réaffirmant la position abolitionniste de la France en matière de prostitution ».

Mesdames les Députées, Messieurs les Députés,

Le mardi 6 décembre 2011, vous aurez à examiner et voter la proposition de résolution n°3522 « réaffirmant la position abolitionniste de la France en matière de prostitution ».

Préalablement à ce débat parlementaire, nous souhaitons vous transmettre quelques observations que la lecture du texte a suscitée auprès de nous qui exerçons l’activité prostitutionnelle, sachant que nous sommes particulièrement visées.

Une fois de plus, nous déplorons qu’une telle réaction ait été faite sans que jamais un dialogue, un échange dépassionné et respectueux des uns et des autres , n’ait eu lieu.

Le code pénal français est riche de dispositions permettant de lutter contre la traite des êtres humains, le proxénétisme, et même le racolage. D’ailleurs, pour le racolage, près de 9 ans après la loi sur la sécurité intérieure, toutes les études s’accordent à dire que le dispositif conduit davantage à la mise en danger d’autrui qu’au démantèlement de réseaux criminels et à la protection de celles qui en sont victimes.

Nous l’avons toujours dit et écrit : nous ne méconnaissons pas la nécessité de lutter contre les réseaux mafieux, souvent internationaux, dont les premières victimes sont les personnes qui y sont soumises. Toutefois, force est de constater que la mise en place du dispositif répressif n’a fait qu’aggraver la situation des personnes prostituées, quelque soit leur nationalité - française ou étrangère -, sans que les réseaux criminels, censés être concernés par le durcissement des lois pénales françaises, ne soient inquiétés.

Et, comme nous le précisons également sans relâche depuis 2003, le dispositif répressif adopté contraint les personnes prostituées à exercer dans des conditions extrêmement dangereuses. Tout d’abord, étant obligées d’exercer en dehors des lieux traditionnels, les personnes prostituées sont de plus en plus exposées aux agressions de toutes sortes. En second lieu, elles se trouvent contraintes d’accepter certaines exigences des clients, au péril de leur santé, dont celles d’avoir des rapports sans préservatif. Ainsi isolées, les personnes prostituées n’ont plus aucun contact avec les associations de prévention et réduction des risques intervenantes sur les lieux d’activité prostitutionnelle classique.

Aujourd’hui, nous allons avoir un texte de plus. Certes, il s’agit, non pas d’une proposition de loi, mais d’une résolution ne revêtant pas de pouvoir contraignant. Néanmoins, et comme le soulignait déjà en 2002 la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, « l’inflation des règles encadrant l’exercice des libertés publiques, et parfois même de la vie privée des individus, suscite l’inquiétude de notre société démocratique ».

Nous sommes au cœur du sujet. Tant les parlementaires que les associations n’ont qu’un objectif : alourdir l’arsenal français à l’encontre d’une catégorie de la population.

En effet, depuis des décennies, nous assistons à une stigmatisation des personnes prostituées et, parlons franchement, à une stigmatisation des femmes prostituées. Les hommes et les transgenres suscitent bien moins l’intérêt du monde associatif et des institutions. Il nous sera objecté que numériquement les femmes sont majoritaires dans le champ de la prostitution. Or :

  1. C’est méconnaître les autres formes d’activité prostitutionnelle, hors voie publique. Mais il est vrai que vous ne possédez aucun élément factuel ni de données chiffrées. Ainsi, vous ne vous aventurez pas sur ces autres terrains.

  2. C’est avoir une analyse un peu particulière de la défense des droits que de ne s’intéresser qu’à ce qui fait nombre, et penser que les « minorités » ne méritent pas une réflexion. D’ailleurs, si les autres activités étaient étudiées, vous verriez que la clientèle féminine y est présente, ce qui n’a rien de choquant. Mais une fois de plus, elle n’intéresse pas puisque plus minime.

Par ailleurs, le texte qui va vous être soumis demande à ce que « les politiques publiques offrent des alternatives crédibles à la prostitution » (article unique, paragraphe 18). Soyons concrets : cela signifie qu’une partie d’entre nous viendra grossir les rangs des inscrits à Pôle Emploi pendant que l’autre partie - relevant d’une moyenne d’âge de 60 ans – entamera les démarches aux fins d’un versement du minimum vieillesse.

Dans le contexte économique et social actuel, de tels choix politiques – soucieux, selon les parlementaires auteurs de cette démarche, de la dignité humaine – sont quelque peu stupéfiants. Mais il est certain que de nous savoir à la charge de nos concitoyens, dont la situation économique se précarise davantage chaque jour, ne relève plus de votre mandat. Les françaises et les français y pourvoiront.

La conséquence directe de ces initiatives parlementaires et gouvernementales est de mettre en danger la politique de santé publique et la politique sociale à l’encontre d’une partie de la population vivant sur le territoire français.

Nous sommes fatiguées de ce débat moral et philosophique qui ressurgit à intervalles réguliers en France pour parler de nous, et qui aboutit toujours à des lois dont le but unique est de nous éradiquer.

Il n’y a sans doute aucune limite à l’ingéniosité des juristes, des ministères et des deux chambres parlementaires. Il y a, en revanche, une limite à l’injustice et au mépris.

Quand réfléchirons-nous hors du débat moral que nous sert la société française depuis de trop nombreuses années ?

IL est urgent d’assainir le débat, d’évacuer les arrière-pensées. Il faut en finir avec les stéréotypes. Ces caricatures, qui nous sont servies à longueur de temps, sont inutilement blessantes. Elles empêchent tout débat et même toute compréhension des véritables enjeux.

Pour l’ensemble de ces raisons, nous vous adressons le présent courrier, et nous nous tenons à votre entière disposition pour tout complément d’information.

Nous vous prions d’agréer, Mesdames les Députées, Messieurs les Députés, l’expression de nos respectueuses considérations.

Les Femmes de Vincennes

Justice - Communiqué de presse.

Thursday, December 15th, 2011

Le 14 décembre 2011, la Cour d’Appel de Paris, a confirmé le jugement condamnant Mme Henriette Zoughebi, Vice- présidente (PC) du Conseil Régional d’Ile-de-France.

En février dernier, Mme Zoughebi avait été reconnue coupable de diffamation et condamnée à 500€ d’amende avec sursis, 1500 de frais de justice et 1€ de dommages et intérêts au STRASS, le Syndicat du Travail Sexuel. La Cour d’Appel a en outre alourdi cette peine de 500 pour frais de justice.

Sur son blog, Mme Zoughebi s’en était violemment pris aux organisateurs des “Assises de la Prostitution”. Le Tribunal a également ordonné le retrait du texte incriminé, ce à quoi la condamnée s’est toujours soustraite.

Le STRASS salue cette décision, qui rappelle clairement que si la Liberté d’expression doit être respectée et défendue dans le débat sur la prostitution, elle n’autorise personne à diffamer celles et ceux qui défendent les Droits des travailleusES du sexe.

infos :

contact@strass-syndicat.org

Prostitution et loi de pénalisation : analyse d’une hypocrisie orchestrée

Monday, December 12th, 2011

Manifestation contre l'abolition de la prostitution, Assemblée nationale, Paris, 6/12/2011 (DMI/WENN.COM/SIPA)

Manifestation contre l’abolition de la prostitution,

Assemblée nationale, Paris, 6/12/2011 (DMI/WENN.COM/SIPA)

Si vous pensez sincèrement que l’abolition de la prostitution est une mesure d’utilité publique, qui va sauver des femmes de l’esclavage et de la traite, plongez-vous dans cette analyse détaillée de la proposition de loi, par Thierry Schaffauser, prostitué et membre actif du STRASS. Ca secoue et ça fait réfléchir.

Lire la suite…

Sur le site du Nouvel Obs

Manifestation : Mardi 6 décembre à 15H, place Edouard Herriot.

Sunday, December 4th, 2011

Le 6 décembre, les travailleurSEs du sexe et ceux qui les défendent se rassembleront à 15 h, place du Président Edouard Herriot près de l’Assemblée Nationale pour protester, une fois de plus contre les politiques répressives les visant ou visant leur clientEs.

En effet, au même moment, les députés débattront et adopteront probablement, la proposition de résolution visant à réaffirmer la position abolitionniste de la France en matière de prostitution.
Cette proposition de résolution vise à entériner juridiquement et symboliquement les conclusions du rapport Bousquet sur la prostitution en France, au premier rang desquelles figure la volonté de pénaliser les clientEs des travailleurSEs du sexe.


C’est l’étape avant la proposition d’une loi de pénalisation des clients.


Les travailleurSEs du sexe et leurs alliéEs dénoncent depuis des mois cette volonté d’accroître encore un peu plus la répression à leur encontre, mettant en danger leur santé, leur sécurité, leur subsistance.

C’est ce que, le 28 novembre dernier, le Collectif Droits & Prostitution et le Strass rappelaient dans un courrier adressé à l’ensemble des DéputéEs, exigeant de nouveau que les travailleu(r)ses du sexe soient REELLEMENT associéEs aux politiques publiques en matière de prostitution.

Documents :

Courrier aux députés (co-signé par plus de 21 associations)

Dossier de presse contre la pénalisation des clients.

Contacts presse :

Pour ActUp Paris, Cécile Lhuillier : 06 65 64 52 88

Pour le STRASS : Maîtresse Gilda : 06 23 06 87 01
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journée mondiale de lutte contre le SIDA : nous ne sommes pas le problème, nous faisons partie de la solution.

Thursday, December 1st, 2011

En cette journée de Lutte mondiale contre le VIH/SIDA, le STRASS tiens à réaffirmer sa solidarité avec toutes les associations qui luttent, depuis plus de trente ans, pour combattre ce virus, pour lutter contre cette maladie qui est avant-tout politique : parce que certains intérêts financiers et politiques priment sur notre santé, de nombreuses personnes, en raison de leur pauvreté, ou de la stigmatisation dont elles sont victimes, continuent d’être contaminées, continuent de mourir, dans une indifférence généralisée et inadmissible.

En tant que travailleurSEs du sexe, nous avons toujours été des acteurTRICEs essentielLes dans la lutte contre l’épidémie ; aujourd’hui, plus que jamais, des lois menacent le rôle de prévention que nous avons toujours tenu dans la prévention, et ce faisant, menacent également notre propre santé : en instaurant le délit de racolage en 2003, la LSI nous a éloignéEs des centres de santé et de prévention, nous a isoléEs, et, en nous précarisant, a rendu plus difficile l’exercice de notre travail, et notamment l’imposition du préservatif.

Le projet de pénaliser les clients, sous couvert de bonne morale bien-pensante qui nie la parole des premières concernées en les réduisant au statut de victime aliénée, ne fera qu’empirer la situation : c’est pourquoi aujourd’hui, le STRASS défilera au côté des associations de lutte contre le SIDA, pour interpeller les politiques sur cette question, et réaffirmer que, dans le cadre de cette lutte qui nous concerne touTEs, les travailleurSEs du sexe ne sont pas le problème, mais font partie de la solution.