Archive for January, 2010

Travail du sexe : Mais que nous prépare l’UMP ?

Sunday, January 31st, 2010

Le 21 Janvier 2010, Chantal Brunel députée UMP de Seine et Marne est en quelques semaines la troisième personnalité du parti de la majorité à nous parler de réouverture des maisons closes à l’occasion d’une tribune dans Le Monde(1) et de la parution de son livre sur les violences faites aux femmes.

On se souvient de la sortie de Christine Boutin(2) qui s’est rétractée le jour d’après face aux remontrances des organisations anti-prostitution. Nous savons aussi que les députés Elie Aboud et Isabelle Vasseur sont actuellement en charge d’un rapport parlementaire sur les politiques à mener concernant la prostitution. Elie Aboud, député UMP de l’Hérault interviewé dans le Midi Libre(3) n’écarte pas non plus l’idée de rouvrir les maisons closes.

Si nous ne pouvons que nous féliciter sur le constat commun de l’échec des politiques répressives contre le racolage et espérons vivement l’abrogation de ces lois, nous nous interrogeons grandement quant à la sauce à laquelle nous allons être mangées.

En effet, nos hommes et femmes politiques continuent de véhiculer les habituels poncifs, d’ignorer les revendications des travailleurs du sexe (4), et notre existence même en tant que mouvement social. Il faudrait leur rappeler que les travailleurs et travailleuses du sexe s’expriment depuis au moins 1975, époque de l’occupation des églises à Lyon et dans plusieurs villes de France.

Le STRASS a dores et déjà envoyé une demande de rendez vous aux deux parlementaires UMP chargés d’un rapport et attend toujours à ce jour leur réponse.
Si nous sommes inquiets, c’est que ce qui ressort jusqu’à présent des interviews de nos représentants nationaux est une volonté plus grande de contrôle: contrôle médical, contrôle fiscal, et contrôle migratoire. Personne ne veut donc de leurs maisons closes.(5)

Nous aimerions qu’ils et elles comprennent que nous sommes autre chose qu’une masse informe et clandestine de migrantes envahisseuses, transmetteuses de maladies, et échappant au fisc. Nous sommes des êtres humains.
Ils devraient savoir que la plupart d’entre nous paient déjà des impôts, que nous sommes souvent les meilleures actrices de prévention, et les mieux placées pour lutter contre la traite des êtres humains encore et toujours confondue avec l‘immigration.

Nous exigeons de rencontrer ces parlementaires.
Nous ne sommes pas le problème. Nous faisons partie de la solution.

(1) http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/01/21/violences-faites-aux-femmes-place-aux-actes-par-chantal-brunel_1294812_3232.html
(2) http://www.rue89.com/rue69/2009/11/25/christine-boutin-prete-a-rouvrir-les-maisons-closes-sur-le-papier
(3) http://www.midilibre.com/articles/2009/11/28/A-LA-UNE-Elie-Aboud-Au-moins-encadrer-les-prostituees-1015675.php5

(4) http://www.lesputes.org/declaration.htm (Déclaration des Droits Des TravailleuSEs du Sexe En Europe)

(5) http://site.strass-syndicat.org/2009/11/reouverture-des-maisons-closes-mise-au-point-sur-la-position-du-strass

Sex Work: But what is preparing the UMP?

Saturday, January 30th, 2010

On January 21, 2010, Chantal Brunel MP for the UMP in Seine et Marne is in few weeks the third personality of the majority party to talk about the reopening of brothels within an article in Le Monde (1) and the publication of her book on violence against women.

We remember the release of Christine Boutin (2), who retracted the following day after the remonstrances of anti-prostitution organizations. We also know that the MPs Elie Aboud and Isabelle Vasseur are currently in charge of a parliamentary report on policies to carry on prostitution. Elie Aboud, a member of the UMP in Hérault was interviewed in the Midi Libre (3) and said he would not rule out the idea of reopening brothels.

If we can only be happy on the common finding about the failure of repressive policies against soliciting and look forward to repeal these laws, we wonder greatly about what they have in store for us.

Indeed, our politicians continue to carry the usual cliches, ignoring the demands of sex workers (4), and our very existence as a social movement. It should be reminded to them that sex workers speak since at least 1975, when occured the occupation of churches in Lyons and in several cities of France.

STRASS has already sent a request to meet both UMP parliamentarians responsible for a report and is still looking forward their response.
If we are concerned, it is because what appears so far from the interviews with national representatives is greater control: medical supervision, fiscal control and migration control. Nobody wants their brothels. (5)

We would like them to understand that we are everything but a shapeless mass of clandestine invading migrants, diseases transmitters, and tax evaders. We are human beings.
They should know that most of us already pay taxes, that we are often the best actresses of prevention, and better placed to fight against trafficking in human beings again and still confused with immigration.

We demand to meet these parliamentarians.
We are not the problem. We are part of the solution.

(1) http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/01/21/violences-faites-aux-femmes-place-aux-actes-par-chantal-brunel_1294812_3232.html
(2) http://www.rue89.com/rue69/2009/11/25/christine-boutin-prete-a-rouvrir-les-maisons-closes-sur-le-papier
(3) http://www.midilibre.com/articles/2009/11/28/A-LA-UNE-Elie-Aboud-Au-moins-encadrer-les-prostituees-1015675.php5

(4) http://www.lesputes.org/declaration.htm (Déclaration des Droits Des TravailleuSEs du Sexe En Europe)

(5) http://site.strass-syndicat.org/2009/11/reouverture-des-maisons-closes-mise-au-point-sur-la-position-du-strass

“Les Travailleu(r)ses du sexe” de Jean Michel Carré, sortie nationale le 3 février

Friday, January 29th, 2010

Les Travailleu(r)ses du Sexe

En France, depuis la loi Sarkozy de 2003, des femmes et des hommes revendiquent le droit de pouvoir louer librement leur corps alors même que l’économie de marché utilise une pseudo libération sexuelle pour justifier la légalisation de la marchandisation de l’intime.

Paroles et pratiques dérangeantes, stigmatisées par des jugements moralisateurs, qui nous questionnent sur les rapports hommes/femmes, la sexualité et son contrôle par le pouvoir.

Site officiel : http://www.films-graindesable.com/les-travailleuses-du-sexe/

Avant première : http://www.facebook.com/event.php?eid=267465425772&index=1

Projections et débats : programmation


LES TRAVAILLEU(R)SES DU SEXE - BANDE-ANNONCE

Débat sur France 4 - Questions de génération (20/01/2010)

Monday, January 25th, 2010

Réunis autour de Samuel Etienne, des jeunes de 18 à 22 ans de tous horizons débattent avec trois personnalités qui ont fait l’actualité

Invitées : Sonia et Maîtresse Gilda

Thème du débat

Faut-il rouvrir les maisons closes ?

ÉMISSION DIFFUSÉE LE Mercredi 20 janvier à 23h05

Voir la vidéo intégrale jusqu’au 21/02 sur le site de France 4
Le blog de l’émission (coulisses,  réactions hors plateau)
Réagissez sur le forum de France 4

Comment faire de la vente de services sexuels un problème.

Saturday, January 16th, 2010

1. Adopter une position ferme, soit morale, soit religieuse, sur le sexe -
a) La vente de sexe est mal parce que seuls les gens dans des relations d’engagement à long terme doivent avoir des relations sexuelles, ou
b) Dieu dit que seuls les gens mariés devraient avoir des relations sexuelles et ce, uniquement entre eux.

2. Prenez de haut et déshumanisez n’importe qui voulant vendre du sexe: «Nul ne ferait ça de son plein gré. Ils doivent être fous / psychologiquement endommagées ou contraints ou forcés, etc

3. Rendez difficile, voire impossible pour quelqu’un qui vend du sexe d’organiser sa securité et de bonnes conditions de travail par la criminalisation des réceptionnistes, agents de réservations, etc. Rendez illégal pour un travailleur du sexe de partager son lieu de travail. Ces sanctions rendent le travail du sexe plus dangereux.

4. Financez de soi-disant “organisations de soutien aux femmes” qui vont commander des “recherches” non scientifiques qui exagèrent les problèmes de l’industrie provoqués par 1. 2. et 3. et présentez ces données biaisées comme factuelles.

5. Soutenez que la plupart des femmes qui vendent du sexe sont victimes de la traite, de contrainte, toxicomanes et souffrant de troubles.

6. Refusez de consulter ou d’écouter les points de vue des travailleuses du sexe lors de la planification et de l’écriture de toute nouvelle législation.

7. Rendez l’achat de services sexuels illégal.

8. Se demander pourquoi les criminels deviennent plus impliqués dans le commerce du sexe depuis que le travail du sexe est entraîné dans une plus grande clandestinité.