Archive for November, 2009

Marche de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA

Monday, November 30th, 2009

Les TravaileuSes du sexe ne sont pas le problème, mais une partie de la solution.

Parce que nous sommes des actrices actives dans la prévention IST/VIH, parce que nous sommes solidaires, conscientEs et engagées : le STRASS défilera ce 1er décembre à la Marche de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA, à Paris et partout ailleurs, le Strass sera aux côtés de celles et ceux qui luttent.

Paris : Départ de la marche 18h30 à Bastille, venez nombreuSes et avec vos parapluies rouges !

Réouverture des maisons closes, mise au point sur la position du STRASS.

Wednesday, November 25th, 2009

Communiqué de presse :
Réouverture des maisons closes, mise au point sur la position du STRASS.

Le 24 novembre 2009, Christine Boutin relance le débat en se déclarant “pas défavorable à la reouverture des maisons closes” mais se rétracte ensuite très rapidement sous la pression des lobbys anti prostitution dont le mouvement du Nid.

Le Syndicat du TRAvail Sexuel qui compte plus de 250 membres travailleuses et travailleurs du sexe de toute la France aimerait que ce débat important ne soit pas clos aussitôt qu’initié parce que des professionnels de la lutte contre la prostitution font pression pour maintenir le dogme abolitionniste qui leur garantit de nombreuses subventions et la survie de leur organisation.

Le STRASS récuse le système abolitionniste actuel qui est en fait un système répressif à l’égard des travailleuSes du sexe sous prétexte de dignité humaine et de morale.
Nous sommes opposéEs au concept de maison close tel qu’elle existait aux XIXème et XXème siècles car elle était un moyen de contrôle et une entrave à nos libertés, et dénonçons l’hypocrisie des lois actuelles qui nous interdisent de travailler en intérieur, en particulier quand nous voulons travailler à plusieurs pour notre sécurité.

Nous sommes contre les maisons closes parce que :

  • Nous refusons de travailler au profit du tenancier d’une maison close comme nous nous opposons à toute forme d’exploitation et parce que 100% des revenus issus du travail du sexe doivent revenir au travailleur lui-même.
  • Nous refusons qu’une personne tierce nous impose ou influe dans le choix de nos clients, de notre prévention, de nos pratiques et de nos tarifs.
  • Nous considérons que le dépistage obligatoire aux IST souvent préconisé avec la réouverture des maisons closes ne protège en rien les travailleuSes du sexe et leurs clients puisqu’il ignore les fenêtres de séroconversion lors des transmissions de ces maladies.
  • Seul le port du préservatif protège et le dépistage obligatoire n’est en fait utilisé que pour inciter les travailleurs du sexe à accepter des rapports non protégés et à appliquer des politiques d’exclusion à l’égard des travailleurs séropositifs. Les scandales de contaminations dans l’industrie du porno sont un exemple flagrant de la contre productivité du dépistage obligatoire en matière de santé.
  • Nous refusons d’être mis à l’écart de l’espace public dans des endroits fermés et espaces réservés ou cachés. Nous faisons partie de cette société et nous voulons que nos lieux de travail soient des espaces ouverts à tout public adulte et non des maisons closes.
  • Nous ne voulons pas qu’un système réglementariste divise les travailleurs du sexe entre des réguliers qui travailleraient en maison closes et d’autres qui continueraient d’être criminalisés pour refuser de se plier au contrôle de l‘Etat. Nous voulons les mêmes droits pour tous quelle que soit notre nationalité.

Ce que nous voulons :

  • Le droit de travailler où nous voulons.
  • Le droit de nous associer avec qui nous voulons.
  • Le droit de travailler avec qui nous voulons.
  • Le droit de travailler comme nous le voulons.

Cela inclut donc d’abroger les lois sur le racolage et le proxénétisme qui nous empêchent d‘organiser notre travail et de nous loger de manière indépendante. En voulant dissuader l’existence de la prostitution, ces lois ne nous protègent pas, elles nous mettent en danger.

Note : Ce sont aussi les conclusions de la Déclaration et du Manifeste pour les Droits des Sexworkers en Europe, rédigés à l’issue de la conférence européenne de 2005, par plus de 300 travailleuSes du sexe de tout l’europe.

http://droitsetprostitution.org/declaration.htm
http://www.lesputes.org/manifeste_fr.pdf

Reopening of brothels, the position of STRASS.

Wednesday, November 25th, 2009

Reopening of brothels, the position of STRASS.

On November 24, 2009, Christine Boutin (former Minister) relaunch the debate by declaring that she is “not opposed to the reopening of brothels” but then quickly retracted under the pressure of anti prostitution lobbies including the Mouvement du Nid.

STRASS with over 250 sex workers members in France would like this important debate not being closed immediately because of professionals anti prostitution activists who are lobbying to maintain the abolitionist dogma which ensures them many subsidies and the survival of their organization.

STRASS rejects the current abolitionist system which is actually a repressive system against sex workers on the pretext of human dignity and morality.
We are opposed to the concept of a brothel as it existed in the nineteenth and twentieth centuries because it was a mean of control and an interference with our freedoms. Also we denounce the hypocrisy of the current laws that forbid us to work indoors, particularly when we want to work in group for our security.

We are against the brothels because:

* We refuse to work for the benefit of a brothel keeper as we oppose all forms of exploitation and because 100% of an income from sex work must return to the worker him/herself.
* We reject that a third party imposes or influences in the choice of our clients, our prevention, our practices and our rates.
* We believe that mandatory testing for STIs often advocated with the reopening of brothels does not protect sex workers and their clients since it ignores the pre-seroconversion window period during the transmission of these diseases.
* Only the condom protects and mandatory testing is actually used to encourage sex workers to accept unprotected sex and to pursue exclusion policies against workers with HIV. The contaminations scandals in the porn industry are a glaring example of the counterproductivity of mandatory testing on health.
* We refuse to be put away from the public space to enclosed, reserved or hidden
areas. We are part of this society and we want our workplaces being open spaces to any adult audience, not closed houses.
* We do not want a regulationist
system which divides sex workers among the regulars who can work in brothels and others who continue to be criminalized for refusing state control. We want equal rights for all regardless of our nationality.

What we want:

* The right to work wherever we want.
* The right to associate ourselves with who we want.
* The right to work with whoever we want.
* The right to work as we want.

This includes therefore to repeal the laws on soliciting and pimping, which prevent us to organize our work and independent housing. In trying to discourage the existence of prostitution, these laws do not protect us, they put us in danger.

Réunion - L’ARPS cherche des bénévoles

Tuesday, November 3rd, 2009

L’Association Réunionnaise pour la prévention contre le Sida (ARPS) souhaite étendre ses actions et nécessite, pour cela, de recruter des bénévoles supplémentaires. L’une des actions phare de l’association consiste à aider les prostitué(e)s à se prévenir du VIH/Sida par l’usage de préservatifs qui leurs sont distribuées ainsi qu’à les soutenir dans leur accès au droit commun et aux libertés fondamentales. La directrice de l’association Cabiria, qui partage cette action de santé publique à Lyon, où l’association est implantée depuis plus de 15 ans, est en visite sur l’île depuis le vendredi 30 octobre 2009 et jusqu’au mercredi 4 novembre afin de permettre aux deux associations de partager leurs expériences et leurs modes de travail respectifs.

La prostitution est présente dans toutes les grandes villes de La Réunion.
Ce lundi 2 novembre 2009, l’Association Réunionnaise pour la prévention contre le Sida (ARPS) affiche trois perspectives d’évolution au sein de son association. D’une part, elle souhaite impliquer les prostituées « dans une démarche participative et communautaire afin d’adapter ses actions au plus près de leurs besoins et de leurs attentes. » L’association lyonnaise Cabiria, plus ancienne et donc plus expérimentée que l’ARPS, a déjà intégré certaines travailleuses du sexe au sein de son conseil d’administration. Un système qui semble fonctionner dans cette ville métropolitaine très touchée par la prostitution et qui pourrait servir de modèle à l’association réunionnaise.

D’autre part, l’ARPS souhaite étendre ses actions en direction des clients. Le but serait « à la fois d’arriver à intervenir sur des questions directement associées à la prévention des risques liés à la sexualité mais également de les sensibiliser aux respects des personnes prostitué(e)s afin de contribuer à lutter contre les violences perpétrées sur les lieux de prostitution. »

Et pour finir, l’association dionysienne espère étendre ses actions en direction des prostituées qui travaillent à domicile, par téléphone, par annonce ou encore par Internet. Pour l’heure, l’ARPS rencontre de vives difficultés pour atteindre ce public.

Sur ses différentes actions (accueil personnalisé dans le local de l’association, sortie hebdomadaire le vendredi soir sur les lieux de racolage, distribution de préservatif accompagné d’un message de prévention), l’ARPS est confrontée à deux types de public : des femmes, essentiellement originaires de Madagascar et des hommes transsexuels ou travestis originaires de la Réunion.

Deux questionnaires ont été réalisés par l’ARPS au sein de ces femmes prostituées. Il apparaît qu’elles ont en moyenne 35 ans, allant de 24 à 50 ans avec la plus forte occurrence entre 30 et 40 ans. 12% des 54 femmes interrogées considèrent leur activité comme un travail à part entière parmi lesquelles 55% cherchent un emploi et 33% espèrent arrêter cette activité prochainement. Plus de la majorité (54%) se sentent libres d’arrêter quand elles veulent et 86% d’entre elles n’invoquent que leurs difficultés financières comme contraintes.

Cette activité vécue comme difficile (78%) et fatigante (86%) confère un sentiment d’insécurité à plus de 63% des femmes sur le terrain. 30% d’entre elles imputent cette peur à l’attitude des clients. En revanche, contrairement à la métropole, le climat est relativement apaisé entre les prostituées et les forces publiques. Une majorité de ces femmes possèdent le numéro de téléphone de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) dans leur répertoire et n’hésitent pas à s’en servir en cas de besoin.

Le cadre juridique de la prostitution est également critiqué par les associations. Cabiria et l’ARPS s’accordent à reprocher au « système abolitionniste de tendre vers la prohibition ». La loi de Sécurité Intérieure introduite en mars 2003 notamment, dite Loi Sarkozy, qui a pour objectif de pénaliser le raccolage passif dans le but de lutter contre le proxénétisme, n’a pas les résultats escomptés selon Florence Garcia et Alain Domercq, respectivement directrice de Cabiria et président de l’ARPS. Ces associations d’entraide regrettent l’aggravation de la situation des femmes. L’amplification de leur précarité les pousse à accepter des conditions de travail plus dangereuses du point de vue de la santé publique lorsque les clients proposent de payer plus cher pour ne pas mettre de préservatifs, ou encore plus délicate du point de leur sécurité, suite à des rafles qui font fuir les clients et qui conduisent les femmes à changer de lieu de racolage qui, souvent, était choisi pour son intérêt sécuritaire contre des sites inconnus. « En outre les femmes se regroupent moins, ce qui les fragilise vis-à-vis de potentiels clients agressifs. », précise Delphine Nau, assistante sociale de l’ARPS.

L’ARPS fonctionne avec 12 salariés, 25 bénévoles actifs (dont 15 formés aux actions liées à la prostitution) et 130 adhérents. Outre ces actions en direction des travailleurs du sexe, l’association s’occupe de prévenir les risques liés à la sexualité et soutient les jeunes femmes en proie à des grossesses précoces non désirées.

Pour contacter l’ARPS : 02 62 21 88 77

www.ipreunion.com