Archive for October, 2009

Affaire Mitterrand : ce qu’en pensent les travailleurs du sexe Thaïlandais.

Monday, October 26th, 2009

Le STRASS, Syndicat du TRAvail Sexuel français a demandé à ses collègues de Thaïlande ce qu’ils pensaient de cette affaire. Voici leur réponse :

Affaire Mitterrand, ce qu’en pensent les travailleurs du sexe Thaïs.

Il a été porté à notre attention qu’il y a toujours un débat en cours autour de la question du ministre français de la Culture, Frédéric Mitterrand, et son aveu d’avoir payé pour des rapports sexuels avec des professionnels du sexe en Thaïlande. Nous avons vu ces attaques contre lui provenant à la fois de la gauche et de la droite de la politique française- attaques que nous voyons à la fois comme homophobes et anti-travailleurs du sexe.

Pire encore, nous les voyons comme racistes, une vision orientaliste des élites des deux côtés de la politique française qui construisent une représentation des travailleurs du sexe thaïs, en quelque sorte «en position de passivite» et incapable de choisir ce que nous faisons. En Thaïlande, tous les travailleurs de sexe masculins sont désignés par le terme «Nong», qui signifie garçon. Nous ne sommes pas des garçons, “en dessous de l’age légal,  contraints à l’esclavage sexuel. ” Nous sommes des gens dans un pays pauvre qui exerçons notre choix de vivre et de gagner de l’argent pour nous mêmes et soutenir, notre famille et notre pays.

L’argent que nous gagnons et que nous envoyons chez nous dans les zones rurales de la Thaïlande est beaucoup plus important que tout programme de développement international et soutient beaucoup plus de personnes.

Le tourisme en Thaïlande est la deuxième industrie de notre pays et les gens ont des rapports sexuels pendant les vacances. Sont-ils censés rester célibataires? Est-il aujourd’hui inacceptable pour les Européens d’avoir des rapports sexuels avec des Asiatiques au cas où ils nous exploiteraient? Si les politiciens français sont si préoccupés par notre exploitation, ils feraient mieux de soutenir des lois protégeant le travail des travailleurs du sexe et  pousser l’OIT à reconnaître le travail du sexe comme un travail.

Jusqu’à ce que les partis de la gauche et la droite de la politique française se décident à d’augmenter substantiellement l’aide au développement pour redistribuer les richesses que la France et d’autres anciens pays coloniaux ont volé au monde en développement, nous serions reconnaissants si vous continuez à nous envoyer vos touristes, afin que nous puissions leur montrer ce qu’est passer du bon temps et obtenir une partie de votre argent durement acquis.

Khun Chutchai
Réseau Asie-Pacifique des travailleurs du sexe, Bangkok. Thaïlande.

http://apnswdollhouse.wordpress.com/

Reference sur l’apport economique des travailleurs du sexe Thais a leur pays :

The Sex Sector: The Economic and Social Bases of Prostitution in Southeast Asia. Edited by Lin Lean Lim of the International Labour Office in Geneva,

It has come to our attention that their is still continuing debate around the issue of the French Culture Minister,

Frédéric Mitterrand, and his admission that he paid for sex with male sex workers in Thailand. We have seen attacks on him from both the left and the right of French politics- attacks which we see as both homophobic and anti-sex worker.

Worse we see the racist, orientalist views of the elites on both sides of French politics who construct Thai sex workers as somehow “backward” and unable to choose what we do. In Thailand all male sex workers are referred to by the term “Nong” which means boy. We are not duped under age boys forced into “sexual slavery.” We are people in a poor country exercising our choices to live and earn money to support ourselves, our family and our country.

The money we earn and send home to the rural areas of Thailand is far larger than any international development programme and supports far more people.

Tourism to Thailand is our country’s second biggest industry- and people have sex on holidays. Are they meant to be celibate? Is it now unacceptable for Europeans to have sex with Asians in case they are exploiting us? If French politicians are so concerned about our exploitation they would do better to support labour laws for sex
workers and to push the ILO to recognise sex work as work.

When and until the parties of the Left and the Right of French politics agree to substantially increase development aid to
redistribute the wealth that France and other former colonial countries stole from the developing world, we would appreciate it if you keep sending us your tourists so that we can show them a good time and get some of your hard won cash.

Khun Chutchai
Asia Pacific Network of Sex Workers, Bangkok. Thailand.

Pour que cesse la criminalisation des sex workers. Petition

Wednesday, October 21st, 2009

Arrêtez de criminaliser les travailleurs du sexe !

Communiqué de presse du mardi 20 octobre 2009.

Le journal en ligne La Dépêche publiait le 17 octobre dernier un article relatant l’arrestation d’une escort, pour racolage sur internet. Jean-Noël Gros, l’auteur de l’article1, précisait que cette arrestation avait été rendue possible par l’application de l’article L 225-10-1 de la loi n° 2003-239 du 18 mars 2003, relative à la sécurité intérieure (LSI). Pourtant, si l’on se rapporte à la circulaire d’application de la LSI, datée du 3 juin 2003, le délit de racolage public est présenté comme un moyen de garantir la tranquillité publique, en débarrassant les rues de toutes manifestations sexuelles ostentatoires.2 Mais la sollicitation des clientes et des clients sur Internet ne s’affiche pas aux yeux des passants. Elle est confinée aux sites spécialisés, qu’on ne consulte pas par accident. On ne voit pas très bien, dans ces conditions, ce qui peut motiver son interdiction, si ce n’est la volonté délibérée d’empêcher les escorts de travailler.

Or, il n’est pas interdit en France de se livrer à des rapports sexuels tarifés : la loi française ne proscrit pas la prostitution. D’ailleurs, l’État reconnaît bien la prostitution comme un travail puisqu’elle est soumise au régime fiscal. Dans ce contexte, l’affaire toulousaine constitue une violation de l’un des droits humains proclamés dans l’article 23 de la Déclaration des Nations unies de 1948, : le droit au travail.3 Elle ne paraît choquer personne. Même les plus sensibles au respect des droits humains demeurent indifférents. Il faut croire que la prostitution reste une activité dont il est tellement évident, pour la plupart des gens, qu’elle doit être empêchée, qu’on peut se permettre de vouloir l’interdire en infraction à un droit fondamental, sans prendre la peine de justifier cette position.

Alors que tous/tes les travailleurs/ses sont confronté/e/s à la situation de crise économique et que les gouvernements font leur possible pour éviter une situation de chômage et de pauvreté catastrophique, la répression du travail sexuel, lequel constitue une solution financière intéressante pour les minorités et les femmes appartenant aux classes populaires, réalise une avancée considérable en s’attaquant à la prostitution via internet. En l’occurence, l’argument de la défense de la dignité humaine, au risque de sacrifier les libertés fondamentales de la personne dont la dignité serait menacée, sensé justifier l’existence du délit de racolage public est difficilement soutenable dans ce cas. En effet, sauf à considérer que proposer des services sexuels sur internet est contraire à la dignité humaine, il n’y a pas de motif qui puisse justifier son interdiction. De plus, les sites de rencontres sur internet servent précisément aux prostitué/e/s à se protéger des dangers liés au racolage de rue (arrestations policières, agressions physiques, vols, humiliation ou encore proxénètes) et, en cela, criminaliser l’usage d’internet entre en contradiction avec les objectifs de la LSI.

Le STRASS exige :

la cessation de l’hypocrisie du gouvernement français concernant la prostitution.

la décriminalisation de tout acte sexuel entre adultes consentants.

l’abrogation de toutes les lois sur la prostitution.

le respect des libertés fondamentales des travaileurs/ses du sexe.

Pour que cesse la criminalisation des sex workers. Petition.

La police de Toronto arrête 70 hommes lors d’une opération anti-prostitution

Tuesday, October 20th, 2009

La police de Toronto arrête 70 hommes lors d’une opération anti-prostitution

TORONTO — La police de Toronto a porté des accusations contre 70 hommes dans la foulée d’un vaste coup de filet contre la prostitution.

Cette opération de trois nuits a ciblé les hommes qui sollicitaient les services de prostituées dans le secteur de l’avenue Danforth, au centre-ville de Toronto.

L’opération survient alors que les lois canadiennes contre la prostitution font l’objet d’une contestation constitutionnelle. Ces lois criminalisent la sollicitation tout en interdisant aux prostituées de travailler à l’intérieur.

Les policiers affirment que deux des hommes arrêtés ont chacun sollicité deux policières en civil différentes le soir de leur arrestation.

Tous les hommes arrêtés ont été remis en liberté, mais ils seront de retour en cour le mois prochain.

Copyright © 2009 The Canadian Press. Tous droits réservés.

The Canadian Press: La police de Toronto arrête 70 hommes lors d’une opération anti-prostitution.

Client au gouvernement contre pute arrêtée pour racolage ; le double poids, double mesure de nos politiciens.

Thursday, October 15th, 2009

Le STRASS, Syndicat du Travail Sexuel, tient à donner son avis sur la polémique lancée sur les agissements sexuels du ministre de la Culture, pour rappeler que l’achat de services sexuels est encore heureusement légal en France ainsi qu’en Thaïlande contrairement à ce que souhaiteraient certains membres du Parti Socialiste.

En revanche, s’il est acceptable pour un client de faire partie du gouvernement, ce même gouvernement condamne ceux qui vendent des services sexuels à deux mois de prison et 3 750 euros d’amende pour racolage passif depuis la Loi de Sécurité Intérieure du 18 mars 2003, dite loi Sarkozy. Nous demandons à nos politiciens pourquoi tandis qu’ils peuvent légalement acheter nos services, ils continuent de nous pénaliser pour les vendre ?

Nous exigeons que cesse cette hypocrisie et que tout acte sexuel entre adultes consentants soit décriminalisé.

Nous exigeons l’abrogation de toutes les lois sur la prostitution et la reconnaissance de nos droits humains et de travailleurs.

Nous condamnons également l’amalgame fait entre le travail sexuel et la pédophilie.

Pour plus d’information sur le mouvement des travailleurs du sexe en Thaïlande :

http://www.empowerfoundation.org

http://www.swingthailand.org

Client in government while whores are arrested for soliciting, our politicians’ double standard.

Thursday, October 15th, 2009

The STRASS, Syndicat du TRAvail Sexuel, wishes to give its opinion on the controversy started about the sexual behavior of the French Culture Minister, to remind that the purchase of sexual services is thanksfully still legal in France as well as in Thailand as opposed to the wish of some Socialist Party members.

However, if it is acceptable for a client to join the government, this same government condemns those who sell sexual services to two months imprisonment and 3 750 euro fine for soliciting liabilities since the Internal Security Law of the 18th March 2003, said Sarkozy Act. We ask our politicians why while they can legally purchase our services, they continue to penalize us for its sale?

We demand the end of this hypocrisy, and that any sexual act between consenting adults should be decriminalized.

We demand the repeal of all laws on prostitution and the recognition of our human and labour rights.

We also condemn the amalgam of sex work with pedophilia.

For more information on the sex workers movement  in Thailand:

http://www.empowerfoundation.org

http://www.swingthailand.org

The Canadian Press: Les lois contre la prostitution mettraient les prostituées en danger

Wednesday, October 7th, 2009

TORONTO — Les lois canadiennes encadrant la prostitution empêchent les travailleuses du sexe de prendre les mesures nécessaires pour exercer leur “métier” en toute sécurité, a affirmé mardi un avocat devant la Cour supérieure de l’Ontario.

Selon Alan Young, qui représente trois travailleuses du sexe ayant déposé une requête pour invalider les dispositions du Code criminel relativement au “plus vieux métier du monde”, l’interdiction de communiquer dans le but d’acheter ou de vendre des services sexuels, de vivre des produits de la prostitution et de tenir une maison de prostitution contribuent à l’horrible violence à laquelle ces femmes doivent souvent faire face partout au pays en exerçant une profession légale.

Selon M. Young, les lois adoptées en 1985 visaient à mettre fin à la nuisance publique découlant du racolage dans la rue, mais elles ont échoué à offrir une solution de rechange aux travailleuses du sexe, soit la possibilité de “travailler” de façon sécuritaire derrière des portes closes.

La dominatrice Terri-Jean Bedford, dont le “bondage bungalow” avait fait les manchettes dans le milieu des années 1990, Val Scott, une militante et travailleuse du sexe, et Amy Lebovitch, une prostituée active qui “travaille” chez elle, ont qualifié les lois contre la prostitution d’inconstitutionnelles.

L’Alliance des chrétiens en droit, la Ligue catholique pour les droits de l’homme et REAL Women of Canada, trois groupes qui s’opposent à la prostitution, interviennent également dans ce procès présidé par la juge Susan Himel.

The Canadian Press: Les lois contre la prostitution mettraient les prostituées en danger.