Manifestation 17 décembre 14H Paris-place Pigalle

December 17th, 2011

JOURNÉE INTERNATIONALE DE LUTTE CONTRE LES VIOLENCES FAITES

AUX TRAVAILLEUSES-EURS DU SEXE ET AUX PROSTITUÉES-ES

TravailleurSEs du sexe, prostituéEs, et alliéEs, nous manifestons aujourd’hui pour dénoncer les violences que nous subissons.

Qu’elles  soient  d’ordre  physique,  moral,  social,  sexiste,  homophobe,  transphobe  ou  raciste, ces violences sont rendues possibles et encouragées par la loi, ainsi que  par  les  discours  qui nous stigmatisent toujours plus et nient notre légitimité à nous exprimer sur nous-mêmes.

Le délit de racolage passif, instauré en 2003 par Nicolas Sarkozy, a accru la répression policière  et  les  expulsions  de  nos  collègues  migrantEs.

Le bilan de cette mesure est catastrophique. L’objectif annoncé, la lutte contre les réseaux de traite, n’a en rien été atteint,  au  contraire  :  seulEs  les  travailleurSEs du sexe ont fait les frais de cette disposition inique.

Aujourd’hui, dans un consensus inédit en cette période électorale, c’est ensemble que droite et gauche ont initié, validé et adopté une repression des travailleuRses du sexe.

Sous couvert d’”aider des victimes”, il s’agit encore d’une mesure répressive et dangereuse à notre  encontre.  Cette disposition va accroître la présence et les potentielles violences policières sur les lieux de tapin, nous invisibiliser un peu plus, nous éloigner des sructures de soins, de dépistage, de prévention, entraver notre capacité à imposer des rapports protégés.

Cette situation va faire les choux gras des réseaux, et des patronNEs de l’industrie du sexe, qui seront d’autant plus à même de nous fournir ce dont les parlementaires nous privent :  des moyens et des lieux pour exercer, une protection, des clientEs.

La première violence faite aux travailleuRses du sexe est institutionnelle  :  c’est elle qui, en niant la parole des putes, justifie toutes les autres.

Nous exigeons :

- l’abandon du  projet  de  pénalisation  de nos  clientEs , la fin de toute répression, directe ou indirecte, à notre encontre.

- d’être  enfin  consultéEs  et  associéEs à l’élaboration de politiques publiques qui  nous concernent au premier chef.

- l’abrogation du   délit  de  racolage ,  et  du  délit  de  proxénétisme  d’aide  et  de  soutien,  qui instaure un véritable  délit  de  solidarité  à  l’égard des prostituéEs et de cELLeux qui les soutiennent.

- La régularisation des travailleurSEs du sexe sans papier, seul moyen de lutter contre la traite des êtres humains.

- L’accès aux droits fondamentaux : santé, retraite, logement, chômage, justice et sécurité .

NI PROXOteS, NI PATRONneS, TRAVAIL SEXUEL LIBRE!

MANIFESTATION samedi 17 décembre 2011 – Départ Place Pigalle à 14h

http://www.facebook.com/event.php?eid=207296019346685

D’autres manifestations auront lieu à Lyon, Marseille et Toulouse.

Courrier des Femmes de vincennes aux députéEs

December 16th, 2011

Les Femmes de Vincennes

Domiciliation Administrative

Les Amis du Bus des Femmes

58 rue des Amandiers

75 020 Paris

Tel : 01 43 14 98 98

Assemblée Nationale

A l’attention de Mesdames et Messieurs les Députés

126 rue de l’Université

75355 Paris 07 SP

Paris, le 2 décembre 2011

Objet : Proposition de résolution n°3522 « réaffirmant la position abolitionniste de la France en matière de prostitution ».

Mesdames les Députées, Messieurs les Députés,

Le mardi 6 décembre 2011, vous aurez à examiner et voter la proposition de résolution n°3522 « réaffirmant la position abolitionniste de la France en matière de prostitution ».

Préalablement à ce débat parlementaire, nous souhaitons vous transmettre quelques observations que la lecture du texte a suscitée auprès de nous qui exerçons l’activité prostitutionnelle, sachant que nous sommes particulièrement visées.

Une fois de plus, nous déplorons qu’une telle réaction ait été faite sans que jamais un dialogue, un échange dépassionné et respectueux des uns et des autres , n’ait eu lieu.

Le code pénal français est riche de dispositions permettant de lutter contre la traite des êtres humains, le proxénétisme, et même le racolage. D’ailleurs, pour le racolage, près de 9 ans après la loi sur la sécurité intérieure, toutes les études s’accordent à dire que le dispositif conduit davantage à la mise en danger d’autrui qu’au démantèlement de réseaux criminels et à la protection de celles qui en sont victimes.

Nous l’avons toujours dit et écrit : nous ne méconnaissons pas la nécessité de lutter contre les réseaux mafieux, souvent internationaux, dont les premières victimes sont les personnes qui y sont soumises. Toutefois, force est de constater que la mise en place du dispositif répressif n’a fait qu’aggraver la situation des personnes prostituées, quelque soit leur nationalité - française ou étrangère -, sans que les réseaux criminels, censés être concernés par le durcissement des lois pénales françaises, ne soient inquiétés.

Et, comme nous le précisons également sans relâche depuis 2003, le dispositif répressif adopté contraint les personnes prostituées à exercer dans des conditions extrêmement dangereuses. Tout d’abord, étant obligées d’exercer en dehors des lieux traditionnels, les personnes prostituées sont de plus en plus exposées aux agressions de toutes sortes. En second lieu, elles se trouvent contraintes d’accepter certaines exigences des clients, au péril de leur santé, dont celles d’avoir des rapports sans préservatif. Ainsi isolées, les personnes prostituées n’ont plus aucun contact avec les associations de prévention et réduction des risques intervenantes sur les lieux d’activité prostitutionnelle classique.

Aujourd’hui, nous allons avoir un texte de plus. Certes, il s’agit, non pas d’une proposition de loi, mais d’une résolution ne revêtant pas de pouvoir contraignant. Néanmoins, et comme le soulignait déjà en 2002 la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, « l’inflation des règles encadrant l’exercice des libertés publiques, et parfois même de la vie privée des individus, suscite l’inquiétude de notre société démocratique ».

Nous sommes au cœur du sujet. Tant les parlementaires que les associations n’ont qu’un objectif : alourdir l’arsenal français à l’encontre d’une catégorie de la population.

En effet, depuis des décennies, nous assistons à une stigmatisation des personnes prostituées et, parlons franchement, à une stigmatisation des femmes prostituées. Les hommes et les transgenres suscitent bien moins l’intérêt du monde associatif et des institutions. Il nous sera objecté que numériquement les femmes sont majoritaires dans le champ de la prostitution. Or :

  1. C’est méconnaître les autres formes d’activité prostitutionnelle, hors voie publique. Mais il est vrai que vous ne possédez aucun élément factuel ni de données chiffrées. Ainsi, vous ne vous aventurez pas sur ces autres terrains.

  2. C’est avoir une analyse un peu particulière de la défense des droits que de ne s’intéresser qu’à ce qui fait nombre, et penser que les « minorités » ne méritent pas une réflexion. D’ailleurs, si les autres activités étaient étudiées, vous verriez que la clientèle féminine y est présente, ce qui n’a rien de choquant. Mais une fois de plus, elle n’intéresse pas puisque plus minime.

Par ailleurs, le texte qui va vous être soumis demande à ce que « les politiques publiques offrent des alternatives crédibles à la prostitution » (article unique, paragraphe 18). Soyons concrets : cela signifie qu’une partie d’entre nous viendra grossir les rangs des inscrits à Pôle Emploi pendant que l’autre partie - relevant d’une moyenne d’âge de 60 ans – entamera les démarches aux fins d’un versement du minimum vieillesse.

Dans le contexte économique et social actuel, de tels choix politiques – soucieux, selon les parlementaires auteurs de cette démarche, de la dignité humaine – sont quelque peu stupéfiants. Mais il est certain que de nous savoir à la charge de nos concitoyens, dont la situation économique se précarise davantage chaque jour, ne relève plus de votre mandat. Les françaises et les français y pourvoiront.

La conséquence directe de ces initiatives parlementaires et gouvernementales est de mettre en danger la politique de santé publique et la politique sociale à l’encontre d’une partie de la population vivant sur le territoire français.

Nous sommes fatiguées de ce débat moral et philosophique qui ressurgit à intervalles réguliers en France pour parler de nous, et qui aboutit toujours à des lois dont le but unique est de nous éradiquer.

Il n’y a sans doute aucune limite à l’ingéniosité des juristes, des ministères et des deux chambres parlementaires. Il y a, en revanche, une limite à l’injustice et au mépris.

Quand réfléchirons-nous hors du débat moral que nous sert la société française depuis de trop nombreuses années ?

IL est urgent d’assainir le débat, d’évacuer les arrière-pensées. Il faut en finir avec les stéréotypes. Ces caricatures, qui nous sont servies à longueur de temps, sont inutilement blessantes. Elles empêchent tout débat et même toute compréhension des véritables enjeux.

Pour l’ensemble de ces raisons, nous vous adressons le présent courrier, et nous nous tenons à votre entière disposition pour tout complément d’information.

Nous vous prions d’agréer, Mesdames les Députées, Messieurs les Députés, l’expression de nos respectueuses considérations.

Les Femmes de Vincennes

Justice - Communiqué de presse.

December 15th, 2011

Le 14 décembre 2011, la Cour d’Appel de Paris, a confirmé le jugement condamnant Mme Henriette Zoughebi, Vice- présidente (PC) du Conseil Régional d’Ile-de-France.

En février dernier, Mme Zoughebi avait été reconnue coupable de diffamation et condamnée à 500€ d’amende avec sursis, 1500 de frais de justice et 1€ de dommages et intérêts au STRASS, le Syndicat du Travail Sexuel. La Cour d’Appel a en outre alourdi cette peine de 500 pour frais de justice.

Sur son blog, Mme Zoughebi s’en était violemment pris aux organisateurs des “Assises de la Prostitution”. Le Tribunal a également ordonné le retrait du texte incriminé, ce à quoi la condamnée s’est toujours soustraite.

Le STRASS salue cette décision, qui rappelle clairement que si la Liberté d’expression doit être respectée et défendue dans le débat sur la prostitution, elle n’autorise personne à diffamer celles et ceux qui défendent les Droits des travailleusES du sexe.

infos :

contact@strass-syndicat.org

Prostitution et loi de pénalisation : analyse d’une hypocrisie orchestrée

December 12th, 2011

Manifestation contre l'abolition de la prostitution, Assemblée nationale, Paris, 6/12/2011 (DMI/WENN.COM/SIPA)

Manifestation contre l’abolition de la prostitution,

Assemblée nationale, Paris, 6/12/2011 (DMI/WENN.COM/SIPA)

Si vous pensez sincèrement que l’abolition de la prostitution est une mesure d’utilité publique, qui va sauver des femmes de l’esclavage et de la traite, plongez-vous dans cette analyse détaillée de la proposition de loi, par Thierry Schaffauser, prostitué et membre actif du STRASS. Ca secoue et ça fait réfléchir.

Lire la suite…

Sur le site du Nouvel Obs

Manifestation : Mardi 6 décembre à 15H, place Edouard Herriot.

December 4th, 2011

Le 6 décembre, les travailleurSEs du sexe et ceux qui les défendent se rassembleront à 15 h, place du Président Edouard Herriot près de l’Assemblée Nationale pour protester, une fois de plus contre les politiques répressives les visant ou visant leur clientEs.

En effet, au même moment, les députés débattront et adopteront probablement, la proposition de résolution visant à réaffirmer la position abolitionniste de la France en matière de prostitution.
Cette proposition de résolution vise à entériner juridiquement et symboliquement les conclusions du rapport Bousquet sur la prostitution en France, au premier rang desquelles figure la volonté de pénaliser les clientEs des travailleurSEs du sexe.


C’est l’étape avant la proposition d’une loi de pénalisation des clients.


Les travailleurSEs du sexe et leurs alliéEs dénoncent depuis des mois cette volonté d’accroître encore un peu plus la répression à leur encontre, mettant en danger leur santé, leur sécurité, leur subsistance.

C’est ce que, le 28 novembre dernier, le Collectif Droits & Prostitution et le Strass rappelaient dans un courrier adressé à l’ensemble des DéputéEs, exigeant de nouveau que les travailleu(r)ses du sexe soient REELLEMENT associéEs aux politiques publiques en matière de prostitution.

Documents :

Courrier aux députés (co-signé par plus de 21 associations)

Dossier de presse contre la pénalisation des clients.

Contacts presse :

Pour ActUp Paris, Cécile Lhuillier : 06 65 64 52 88

Pour le STRASS : Maîtresse Gilda : 06 23 06 87 01
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journée mondiale de lutte contre le SIDA : nous ne sommes pas le problème, nous faisons partie de la solution.

December 1st, 2011

En cette journée de Lutte mondiale contre le VIH/SIDA, le STRASS tiens à réaffirmer sa solidarité avec toutes les associations qui luttent, depuis plus de trente ans, pour combattre ce virus, pour lutter contre cette maladie qui est avant-tout politique : parce que certains intérêts financiers et politiques priment sur notre santé, de nombreuses personnes, en raison de leur pauvreté, ou de la stigmatisation dont elles sont victimes, continuent d’être contaminées, continuent de mourir, dans une indifférence généralisée et inadmissible.

En tant que travailleurSEs du sexe, nous avons toujours été des acteurTRICEs essentielLes dans la lutte contre l’épidémie ; aujourd’hui, plus que jamais, des lois menacent le rôle de prévention que nous avons toujours tenu dans la prévention, et ce faisant, menacent également notre propre santé : en instaurant le délit de racolage en 2003, la LSI nous a éloignéEs des centres de santé et de prévention, nous a isoléEs, et, en nous précarisant, a rendu plus difficile l’exercice de notre travail, et notamment l’imposition du préservatif.

Le projet de pénaliser les clients, sous couvert de bonne morale bien-pensante qui nie la parole des premières concernées en les réduisant au statut de victime aliénée, ne fera qu’empirer la situation : c’est pourquoi aujourd’hui, le STRASS défilera au côté des associations de lutte contre le SIDA, pour interpeller les politiques sur cette question, et réaffirmer que, dans le cadre de cette lutte qui nous concerne touTEs, les travailleurSEs du sexe ne sont pas le problème, mais font partie de la solution.

Communiqué de presse - C’est nous qui travaillons alors c’est nous qui décidons !

November 29th, 2011

Le 6 décembre prochain sera discutée à l’Assemblée Nationale une résolution visant à réaffirmer la position abolitionniste de la France en matière de prostitution.

À une semaine du vote de cette résolution, donc, les tenantEs d’un certain féminisme autoritaire et puritain, qui, pour s’affirmer, nie la parole des premierEs concernéEs, organisent aujourd’hui une grande sauterie, intitulée pour l’occasion « convention abolitionniste », lors de laquelle ils et elles vont tenter une dernière fois de persuader les éluEs du bien-fondé de leur idéologie moralisante, répressive et dangereuse à l’égard des travailleurSEs du sexe.

À une semaine du vote de cette résolution, certes symbolique, mais qui, si elle est adoptée, sera la porte ouverte à l’adoption d’une loi pénalisant nos clients, nous tenons aujourd’hui à réaffirmer notre opposition à toute mesure criminalisant l’exercice du travail sexuel.

À une semaine du vote de cette résolution, nous, travailleurSEs du sexe, féministes, et personnes engagéEs dans la lutte contre le VIH et les IST, venons rappeler, comme nous le faisons sans relâche depuis des mois, que la pénalisation des clients, en instaurant un obstacle supplémentaire tant à l’accès aux structures de soins, de prévention et de dépistage, qu’aux actions des associations de santé communautaire, de prévention et de lutte contre le VIH et les IST, sera aussi nuisible aux putes que l’a été l’instauration du délit de racolage en 2003.

À une semaine du vote de cette résolution, nous venons donc faire entendre notre voix, car nous estimons qu’il est inadmissible que celles et ceux qui vont décider de notre avenir continuent ainsi à nier la parole des premiErEs concernéEs.

tract-29novembre2011 (format PDF)

Courrier aux Députés

November 28th, 2011

Paris, le 28 novembre 2011

Madame, Monsieur le Député,

Le 9 juin 2011, la proposition de résolution n° 3522 réaffirmant la position abolitionniste de la France en matière de prostitution a été enregistrée au bureau de l’Assemblée nationale.

Cette proposition de résolution est une conséquence directe du rapport n° 3334 déposé par la mission d’information sur la prostitution  en France, rendu public le 13 avril 2011.

Nous, associations de travailleurs du sexe, de prostituéEs, de prévention, de santé communautaire, de lutte contre le VIH, souhaitons par la présente affirmer notre opposition à l’adoption de cette résolution, qui doit être discutée devant l’Assemblée nationale le 6 décembre 2011, tant en raison de ses motifs que de son dispositif. En adoptant cette résolution, vous accepterez d’exclure un peu plus ces femmes, hommes et transgenres qui, dans un manifeste rédigé en avril 2011, rappelaient qu’ils n’étaient pas des inadaptés sociaux et qu’ils sont des citoyens à part entière.

Cette résolution vise à entériner d’un point de vue juridique, bien que non normatif, les conclusions de ce rapport. Nous contestons l’objectivité des conclusions de ce rapport et le fait qu’il soit défini comme « complet » par ses auteurs.

En effet, depuis avril 2011, nous dénonçons sans relâche les méfaits de la volonté de pénaliser les clients des travailleurs du sexe, mais également la violence des discours qui les disqualifient systématiquement et les considèrent comme des inadaptés sociaux, des aliénés dont la parole ne mériterait pas d’être écoutée.

Sans relâche, et jusqu’à ce que nous soyons entendus, nous continuerons à rappeler que l’absence de reconnaissance de droits aux travailleurs du sexe, la pénalisation du racolage public et du proxénétisme de soutien ont un impact négatif sur l’accès aux droits et aux soins des travailleurs du sexe et plus généralement sur les enjeux de santé publique. La pénalisation de leurs clients renforcera les effets délétères constatés. En effet, cela conduirait inévitablement à plus d’isolement et de clandestinité et constituerait un obstacle supplémentaire tant à l’accès aux structures de soins, de prévention et de dépistage qu’aux actions des associations de santé communautaire, de prévention et de lutte contre le VIH.

Cela a d’ailleurs été très clairement rappelé par le CNS (Conseil National du sida) dans un rapport de septembre 2010 puisqu’il « appelle de ses vœux une action de premier plan pour compenser le retard pris par la France dans l’accompagnement, le suivi et la garantie des droits des personnes prostituées et ceci afin de leur rendre une visibilité et de leur garantir l’accès effectif à la prévention et aux soins »1.

Sans relâche, nous rappellerons que cette volonté de lutter contre la prostitution, quel qu’en soit le coût pour les premiers intéressés, ne favorisera en aucun cas la lutte contre la traite et l’exploitation des êtres humains. Dans un avis de décembre 2010, la Commission nationale consultative des droits de l’homme a estimé que l’isolement accru des travailleurs du sexe, conséquence de la pénalisation de leurs clients, constituerait une entrave de plus à leur accès au droit et à la justice, et que cela ne ferait donc que favoriser l’exploitation et la traite des êtres humains. Ce constat s’appliquerait plus particulièrement aux travailleurs du sexe migrants, dont l’accès aux droits est déjà rendu difficile par l’absence de titre de séjour. Seul le droit au séjour sans conditions pour les victimes de la traite et de l’exploitation des êtres humains ainsi que l’amélioration des conditions d’exercice et de vie des travailleurs du sexe permettraient de lutter efficacement contre la traite et l’exploitation des êtres humains.

Sans relâche, nous rappellerons que les arguments juridiques employés sont erronés. Il est faux de dire que le travail sexuel constituerait une atteinte à la non-patrimonialité du corps humain. Les travailleurs du sexe ne vendent pas leur corps, mais bien un service sexuel. Il n’y a pas non plus esclavage puisque la personne ne s’aliène pas. La seule chose qui est monnayée est la force de travail, comme c’est le cas dans les autres activités.

Il est faux de dire que le travail sexuel porterait nécessairement atteinte à la dignité de toutes les femmes. La dignité ne saurait être définie de manière transcendante par des personnes qui n’exercent pas cette activité. Il s’agit d’un féminisme excluant qui rejette ce qu’il ne saurait intégrer dans son idéologie, d’un féminisme stigmatisant toutes celles qui font des choix différents.
Les signataires de cette proposition de résolution ont préféré croire sur parole les conclusions d’un rapport présenté comme « objectif et complet », alors que la parole des premiers concernés a une nouvelle fois été ignorée. Les associations de santé communautaire et de travailleurs du sexe constituent une infime minorité des personnes auditionnées. Les travailleurs du sexe entendus ne sont plus en activité parce, selon les membres de la mission, il n’est pas possible de croire la parole des travailleurs du sexe en exercice. Les personnalités qualifiées entendues ont largement été sélectionnées afin qu’elles ne contredisent pas les conclusions auxquelles la mission était arrivée avant même de commencer son état des lieux.

La volonté d’abolir la prostitution n’est rien d’autre que la lutte contre les travailleurs du sexe. Nous, associations de travailleurs du sexe, de santé communautaire, de prévention et de lutte contre le SIDA et les IST, nous battrons sans relâche pour que cela soit entendu.

L’adoption de cette résolution serait la porte ouverte à l’adoption d’une loi pénalisant les clients des travailleurs du sexe, qui aurait des conséquences catastrophiques comme l’a été la loi pénalisant le racolage public.

Adopter une résolution n’est peut-être qu’un geste symbolique pour un parlementaire, mais cela constituerait une violence supplémentaire et réelle à l’égard de ceux qui n’en peuvent plus de ne pas être entendus, malgré leurs cris réitérés.

Par ce courrier, nous voulons insister sur notre opposition à l’adoption de cette résolution et rappeler nos revendications.

Nous voulons :

  • Que les travailleurs du sexe soient RÉELLEMENT associés aux politiques publiques en matière de prostitution ;
  • L’abrogation des infractions de racolage public et de proxénétisme de soutien ;
  • Que cesse toute pénalisation des travailleurs sexuels et des personnes qui les aident.

En vous remerciant par avance de l’attention porté à notre courrier, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur le Député, l’expression de nos salutations respectueuses.

Pour le Collectif Droits et Prostitution
Malika AMAOUCHE
+33.6.08.00.52.91
Cécile LHUILLIER
+33.6.65.64.52.88
Morgane MERTEUIL
+33.6.63.58.45.23

Le présent courrier est co-signé par les associations suivantes :

Acceptess-T

Actup

Aides

A.N.A Avec nos Ainées

A.R.A.P Rubis

ARCAT

Autres Regards

Les Amis du Bus des Femmes

Cabiria

Collectif Droits & Prostitution

Elus Locaux contre le Sida

Entr’Actes

Etudions Gayment

Grisélidis

Le Planning Familial Auvergne

Médecins du Monde

Solidarité Sida

STRASS Syndicat du Travail Sexuel

STS Support Transgenre Strasbourg

Djenbé Rèd !

UNALS Union Nationale des Associations de Lutte Contre le Sida

notes : (1) « Commerce du sexe et VIH. Garantir l’accès universel à la prévention et aux soins », Conseil National du sida, septembre 2010, p. 40. Voir dans le même sens le Plan national de lutte contre le VIH/SIDA et les IST, 2010-2014, http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/plan_national_lutte_contre_le_VIH-SIDA_et_les_IST_2010-2014.pdf

P.J. : dossier de presse du collectif Droits et prostitution, « Travail sexuel : pourquoi pénaliser les clients est une mauvaise idée ».

Putes violentées pendant la manifestation contre violences faites aux femmes

November 9th, 2011

Ce samedi 5 novembre 2011, plusieurs milliers de personnes défilaient contre les violences faites aux femmes. Des travailleurSEs du sexe, ainsi que leurs alliéEs, venuEs revendiquer des droits furent la cible de violences de la part d’autre manifestantEs s’opposant à leur présence, illustrant une fois de plus que, pour certainEs, les violences faites aux putes ne sont pas des violences faites aux femmes.

Des pancartes arrachées, piétinées, quitte à donner un coup au passage, des huées, des insultes comme « bouffonne à pédés », « fachos », « aliénées » quand nous dénoncions la pénalisation des clients des travailleurSEs du sexe comme violence faite aux femmes et la liberté de parole pour les travailleurSEs du sexe. Des « dégagez » et des « vous êtes la honte de la manifestation » ont fusé  à plusieurs reprises. La présidente du centre LGBT de Paris, Christine Le Doaré, a voulu nous empêcher d’utiliser notre mégaphone et menacé de nous faire éjecter par une batucada… Choqués par une telle violence, quelques manifestantEs se sont d’ailleurs désolidariséEs de leur groupe pour venir marcher à nos côtés.

Quand les slogans invitaient à rompre le silence dont les femmes sont victimes, les putes étaient pousséEs au silence par des méthodes qui n’ont rien à envier aux machistes, qu’elles ne cessent pourtant, avec raison, de dénoncer. Il n’est pas possible d’être plus clair dans l’exclusion des putes de la catégorie des femmes.

La manifestation contre les violences faites aux femmes aurait-elle tourné en une manifestation pour les violences faites aux putes ?

La violence bien réelle n’était sans doute qu’une manière d’entériner la violence symbolique de la revendication de pénalisation des clientEs des travailleurSEs du sexe contenue dans l’appel porté par le CNDF et signé par des dizaines d’associations.

Nous avions dénoncé cette revendication car si elle aboutit, elle précarisera les travailleurSEs du sexe, les poussera dans des endroits plus dangereux et inaccessibles aux associations de prévention du VIH et des IST, elle rendra impossible l’imposition de l’usage du préservatif. Nous avions demandé aux organisations signataires de cet appel de s’en désolidariser, ce qui était le minimum quand on prétend lutter contre les violences faites aux femmes tant la pénalisation des clients des travailleurs du sexe augmenterait les violences faites aux putes. Le silence assourdissant que l’on nous a opposé illustrait déjà leur mépris à notre égard. Parmi les signataires, seul un parti, EELV, et une association, Paroles de femmes, nous ont répondu, disant qu’ils n’avaient pas encore de position déterminée sur cette revendication.

Après cet après midi de violences subies, l’une de nous a dû être transférée aux urgences par les pompiers en raison d’une brutale céphalée. Nous redemandons aux signataires et participantEs de cette manifestation de se désolidariser du projet de pénalisation de nos clientes, et leur demandons de dénoncer les violences dont nous avons été victimes. Act Up-Paris et le STRASS demandent encore une fois aux membres du conseil d’administration du centre LGBT de Paris la démission de sa présidente, Christine Le Doaré ; nous le ferons publiquement à chaque fois qu’elle fera preuve d’autoritarisme.

Parce que les signataires de cet appel, les manifestantEs qui nous ont violentéEs n’ont pas le monopole du féminisme, parce qu’il n’est pas possible de prétendre lutter contre les violences faites aux femmes tout en exerçant des violences à l’égard des putes, parce que la première violence réside dans le mépris de la parole des femmes travailleurSEs du sexe, nous continuerons de nous mobiliser pour porter cette parole, pour nous opposer aux féministes moralistes et paternalistes, pour toujours réaffirmer qu’une violence faite aux putes est bien une violence faite aux femmes.

STRASS, Act Up-Paris, Étudions gayment

Pénalisation des clients = violence faite aux femmes

November 5th, 2011

Les travailleuses du sexe, des femmes pas comme les autres ?

Ce samedi 5 novembre 2011 aura lieu la manifestation  nationale contre les violences faites aux femmes à l’appel du Collectif nationale pour les droits des femmes (CNDF).

Parmi des revendications louables visant à dénoncer une société sexiste et patriarcale, se niche une revendication moraliste et paternaliste : la pénalisation des clients des travailleuRses du sexe.

Depuis des mois, le STRASS, tout comme les associations de santé et de lutte contre le VIH/SIDA, se mobilise contre cette mesure proposée par le rapport parlementaire sur la prostitution en France rendu public le 13 avril 2011.

Une telle mesure mettrait en danger la santé et la sécurité des travailleuRses du sexe en les éloignant des structures de prévention, de soins et de dépistage1, en donnant aux forces de police le pouvoir de les contrôler davantage notamment.

Loin d’aller dans le sens de la lutte contre la traite et l’exploitation des êtres humains, une telle mesure la favoriserait en rendant les conditions d’exercice du travail sexuel encore plus difficiles et parce qu’elle inciterait les travailleurSEs du sexe à recourir à des intermédiaires afin de les mettre en lien avec leurs clients ou les protéger de la police.

La pénalisation des clients des travailleuRses du sexe produirait des conséquences encore néfastes que la pénalisation du racolage public.

Tout cela a très largement été rappelé par les travailleuRses du sexe et leurs alliéEs lors des Assises de la prostitution dès mars 2011, dans le cadre de conférences de presse par la suite et par le biais d’un dossier de presse. Mais ces voix ont une fois de plus été étouffées au motif que la parole des travailleuRses du sexe serait nécessairement aliénée, que ce ne seraient en somme que des inadaptéEs sociaux/les.

Au nom d’un abolitionnisme de façade, et tout en tâchant de masquer cela derrière la revendication de l’abrogation du délit de racolage public, les associations signataires de cet appel revendiquent ni plus ni moins la répression des travailleuRses du sexe et la prohibition du travail sexuel.

Le STRASS a dénoncé cela auprès de ces associations par voie de mail. À ce jour, aucune d’elles n’a souhaité se désolidariser publiquement de cette revendication.

Parce qu’il est faux d’affirmer que le travail sexuel serait une forme d’esclavage par nature, qu’il s’agirait en tant que tel d’une atteinte à la dignité de la personne humaine, qu’il serait impossible de consentir à l’exercice d’un travail sexuel, que ce serait une atteinte à la dignité de toutes les femmes, parce que la lutte contre les violences faites aux femmes ne passera pas par l’encouragement des violences faites aux travailleuRses du sexe, parce que la lutte contre les violences faites aux femmes ne peut se faire qu’avec les travailleuRses du sexe en écoutant et respectant leur parole, le STRASS demande que les signataires de l’appel du CNDF prennent une position claire contre la pénalisation des clients des travailleuRses du sexe.