Pétition pour l’arrêt immédiat de l’outing forcé des travailleurs du sexe en Grèce

May 4th, 2012

A l’attention de Monsieur Lucas Papademos, Premier Ministre de Grèce,

Monsieur,

Depuis fin avril 2012, les travailleurs du sexe en Grèce sont obligés d’être testés par le Centre pour le Contrôle et la Prévention des Maladies (KEEL)

Selon le journal Kathimerini, la police a mis en ligne les photos de 12 travailleuses du sexe sur leur site web www.hellenicpolice.gr. Celles qui ont été testées positives sont confrontées aux accusations d’un procureur pour « causer intentionnellement des dommages corporels graves », un crime.

Ces pratiques sont une violation des droits humains des travailleurs du sexe, leur droit à la liberté, à la vie privée et à la confidentialité de leur état de santé. Elles sont discriminatoires et en contradiction totale avec tous les traités internationaux et de l’UE que la Grèce a ratifié. Elles sont archaïques, car elles ne sont qu’une nouvelle version des Contagious Diseases Acts mises en œuvre pendant l’Angleterre victorienne.

Elles sont aussi totalement contre-productives en termes de prévention du VIH et à l’opposé de toutes les recommandations formulées dans la lutte contre le VIH.

Faire des travailleurs du sexe un bouc émissaire ne va pas empêcher de nouvelles contaminations, mais seulement aggraver la stigmatisation et les discriminations contre les travailleurs du sexe et les personnes vivant avec le VIH. Le dépistage obligatoire et l’outing des travailleurs du sexe vivant avec le VIH vont seulement contribuer à davantage de méfiance envers les institutions médicales et les travailleurs du sexe risquent d’éviter l’accès aux soins médicaux, alors qu’ils devraient plutôt être encouragés et respectés.  Si les travailleurs du sexe ignorent leur statut sérologique et évitent les services médicaux, ils ne seront pas en mesure d’accéder à des traitements qui peuvent améliorer leur santé et réduire le risque d’une nouvelle infection.

Le nouveau climat de paranoïa et de peur ne peut que dissuader les gens à se faire dépister et à révéler leur statut. Cela va forcer les travailleurs du sexe vivant avec le VIH à se cacher et à accepter des rapports sexuels non protégés pour éviter les soupçons, et cela va inciter les clients à demander des rapports sexuels non protégés pensant que les travailleurs du sexe sont testés pour leur sécurité.

Nous exigeons :

- L’arrêt immédiat du dépistage obligatoire et des tests forcés

- La non criminalisation et la non discrimination des travailleurs du sexe et personnes vivant avec le VIH

- Le respect du droit à la vie privée

- L’accès au dépistage gratuit, anonyme et sur la base du volontariat

- Des campagnes publiques pour la prévention du VIH, ses modes de transmission, et contre la stigmatisation des travailleurs du sexe et des personnes vivant avec le VIH

- La fin des coupes budgétaires gouvernementales sur les services et soins de santé, en particulier concernant la prévention du VIH, l’accès aux soins et aux traitements.


Les travailleurs du sexe ne sont pas le problème, mais font partie de la solution.

http://www.change.org/petitions/to-mr-lucas-papademos-prime-minister-of-greece-stop-the-forced-testing-and-outing-of-sex-workers

Ne nous parlez pas de « vrai travail », parlez-nous de droits !

May 1st, 2012

En ce 1er mai assombri par l’omniprésence médiatique d’idées et de représentantEs d’une droite extrême et nuisible, le STRASS se joint à cette journée des travailleurSEs.

Nous réaffirmons que nous, travailleurSEs du sexe, si nous ne revendiquons pas d’être de ces « vrais travailleurSEs » telLEs que définiEs par Sarkozy, nous n’en méritons pas moins les droits fondamentaux dont bénéficient touTEs travailleurSEs.

Alors que nous sommes de plus en plus stigmatiséEs et répriméEs, et face aux tentatives de division de toutes sortes, c’est en tant que travailleurSEs que nous venons manifester aujourd’hui, pour réaffirmer notre solidarité avec touTEs les travailleurSEs qui souffrent des mesures favorisant l’exploitation, la précarité, la stigmatisation.

À la veille d’un potentiel « changement », nous sommes également là pour rappeler que nous ne saurions nous en réjouir tant que nos collègues sans-papiers continueront d’être expulsées, tant que notre voix ne sera pas prise en compte dans les décisions nous concernant, tant que nous continuerons d’être considérées comme des délinquantEs ou des déviantEs à réinsérer.

Les changements que nous attendons :

- Accès au droit commun pour les travailleurSEs du sexe, seule manière de nous protéger des exploiteurs tout en nous permettant de nous organiser afin de travailler dans les conditions que nous estimons les meilleures pour nous, notamment en termes de santé et de sécurité

- Arrêt immédiat de la répression, directe ou indirecte à l’égard des travailleurSEs du sexe, notamment migrantes : abrogation du délit de racolage, qui ne sert qu’à légitimer rafles et expulsions : un être humain, quelque soit son travail, n’est jamais illégal. Non-pénalisation des clients : refus de céder aux pressions d’un féminisme autoritaire qui préconise des mesures en contradiction avec l’opinion des premièrEs concernéEs.

- Liberté de circulation pour touTEs les travailleurSEs, avec ou sans papier, travailleurSEs du sexe inclusES.

- Augmentation des budgets pour les structures et associations de lutte contre le VIH et les IST et de santé communautaire qui travaillent sur le terrain.

48% pour la droite. Et après ? Appel à rassemblement lundi 30 avril, 19 heures, au pied de la statue de Jeanne d’Arc à Paris

April 30th, 2012

Appel à rassemblement lundi 30 avril, 19 heures, au pied de la statue de Jeanne d’Arc à Paris

Act Up-Paris - Étudions Gayment - OUTrans - SOS racisme - STRASS (Syndicat du Travail Sexuel) - SUD Etudiant

Nous sommes des islamo-gauchistes qui se lèvent tard, faux-travailleurSEs, musulmanEs d’apparence, racailles, égorgeurSEs de moutons, assistéEs, confortablement avortéEs. Nous vivons sur le dos des contribuables, nous menaçons l’ordre public. Nous sommes des aberrations anthropologiques, nous vivons avec le cycle des saisons, nous ne sommes pas entréEs dans l’histoire. Nous ne sommes pas néEs hétérosexuelLEs, nous ne sommes pas attachéEs à la valeur travail, à la discipline, à la famille traditionnelle.

Si on fait les comptes des votes donnés à Le Pen, Sarkozy et Dupont-Aignan, ce sont 48 % des votantEs qui ont donné leur soutien à des partis qui prônent la haine des minorités. Nous sommes certes habituéEs à cette haine publique, ce repli sur soi que nous combattons ; mais de tels chiffres donnent le vertige.

Pour Sarkozy, « le FN est compatible avec la République », aussi compatible qu’une UMP qui a entériné un racisme, un sexisme et une homo-lesbo-biphobie et une transphobie d’Etat, une casse des services publics, des politiques répressives, qui a détruit les droits sociaux, les libertés individuelles.

Le progrès pour l’UMP, c’est utiliser la crise contre les malades, les étrangerEs, les immigréEs, les non-blancHEs, les gouines, les trans, les chômeurSEs, les précaires, les LGBT, les droguéEs, les putes, les prisonniErEs, les salariéEs, les étudiantEs, les retraitéEs, les femmes, et tant d’autres.

Soyons celles et ceux qui se battent, qui luttent pour nos conditions de vie et pour celles de touTEs.

Rejoignez-nous au pied de la statue de Jeanne d’Arc pour un die-in le 30 avril à 19h. Parce que Le Pen, Sarkozy et Dupont-Aignan nous veulent invisibles, soyons là et ne nous laissons pas faire.

Rejoignez-nous aussi le 1er mai pour instaurer un rapport de force avant le 6 mai et après…

Ne nous libérez pas, on s’en charge !

April 13th, 2012

Aujourd’hui, les lobbys catho-féministes nous invitent à apprendre comment nous libérer sexuellement. Cette libération ne saurait selon elles se réaliser tant que l’on aura pas débarrassé le monde des putes.

En dépit d’un discours démago et racoleur prétendant agir pour notre bien, les faits prouvent pourtant que les lobbys de la répression du travail du sexe ne nous aiment que malheureuses, repentiEs ou mortEs.

Réclamant la liberté sexuelle mais privant les travailleurSEs du sexe de leur liberté de parole,  leur abolitionnisme n’est rien d’autre qu’une idéologie de dames patronnesses, un féminisme autoritaire et puritain.

En voulant pénaliser les clientEs des travailleurEs du sexe, elles méprisent également volontairement les mises en garde répétées des acteurEs de la lutte contre le Sida, et des associations de santé communautaires. En créant un obstacle supplémentaire tant à l’accès aux structures de soins, de prévention et de dépistage, qu’a l’accès aux droits et à la justice, les conséquences seront aussi nuisibles aux putes que l’a été l’instauration du délit de racolage en 2003.

Nous poussant vers la clandestinité, l’isolement et la précarité pour nous décourager d’exercer notre métier, les mesures prohibitionnistes réduisent notre liberté de choisir nos clients, nos pratiques, nos lieux de travail.

De quelle liberté nous parlent donc ces lobbys si ce n’est celle de faire disparaître de l’espace public celles qui ne se sont jamais résignées à s’aliéner à un patron ou un mari ?

Parce que se battre pour la liberté sexuelle, c’est se battre pour pouvoir exercer cette liberté sans pour autant se mettre en danger, la libération sexuelle ne saurait passer par la prohibition : elle passe au contraire par un accès aux droits à la santé et à la sécurité.

Les femmes de l’UMP : le choix du sida, de l’obscurantisme et de l’atteinte à la dignité des femmes

April 12th, 2012

Après deux secrétaires nationaux il y a 10 jours, ce sont des « femmes de l’UMP [1] » qui dénoncent la proposition de François Hollande d’abolir le racolage passif.

La réaction tardive aux propos du candidat socialiste s’apparente avant tout à une justification bricolée face au communiqué d’associations de lutte contre le sida et d’organisations défendant les travailleurSEs du sexe.

Les signataires font semblant d’ignorer que le candidat socialiste répondait à un site de lutte contre le sida. Elles font semblant d’ignorer les alarmes qu’ont tirées scientifiques et associations sur les actions de prévention bloquées, sur la mise en danger des personnes que constitue cette mesure de répression. Avec les femmes de l’UMP, c’est donc le choix de plus de sida qui prévaut.

Les signataires font semblant d’ignorer que l’UMP et le PS marchent main dans la main pour assurer plus de répression avec la pénalisation des clients. Elles prétendent que la loi aurait permis d’orienter les travailleuses du sexe vers les services sociaux. Il s’agit d’une ineptie démentie par toutes les expertises de terrain et par un rapport parlementaire, validée à l’unanimité par les éluEs de l’UMP. Au contraire, la réalité le montre, la répression a accru la dépendance de travailleurSEs du sexe aux réseaux ; la LSI a fait le jeu des proxénètes.

Tout cela a déjà été dit. Le communiqué des femmes de l’UMP s’apparente à un refus de la réalité, celle du sida, celle du terrain, celle du reél. Quand on est à l’UMP, qu’on soit un homme ou une femme, on est dans l’idéologie, la haine des minorités, le délire répressif, l’obscurantisme le plus crasse.

Les femmes de l’UMP osent en appeler à la dignité des femmes. Les femmes représentent 14 % des députés de ce parti ; l’UMP réduit les financements dédiés à la santé et au droit des femmes à disposer de leur corps. C’est l’UMP elle-même qui est une atteinte à la dignité des femmes.

Notes

[1] Nadine Morano, Délégué générale de l’UMP, Michèle Tabarot, Députée des Alpes-Maritimes et Déléguée générale de l’UMP, Valérie Rosso-Debord, Députée de Meurthe-et-Moselle et Déléguée générale adjointe de l’UMP, Catherine Vautrin, Députée de la Marne et Déléguée générale adjointe de l’UMP, Marie-Anne Montchamp, Conseillère politique de l’UMP, Claude Greff, Conseillère politique de l’UMP, Salima Saa, Secrétaire nationale l’UMP

Sida : deux représentants de l’UMP sacrifient une fois de plus les prostituéEs à leur obscurantisme sécuritaire et à leur stratégie électoraliste

April 6th, 2012

communiqué inter-associatif

Jeudi dernier, deux secrétaires nationaux de l’UMP, Bruno Beschizza etSébastien Huygue, ont condamné la proposition faite par François Hollande de supprimer la pénalisation du racolage passif. Il s’agit pourtant d’une demande des associations de lutte contre le sida, des associations de santé communautaire et du STRASS, syndicat du travail sexuel. Nous condamnons la rhétorique sécuritaire et obscurantiste de ces deux représentantEs de l’UMP.

L’UMP se moque du sida

Bruno Beschizza et Sébastien Huygue font semblant d’ignorer que François Hollande s’exprimait sur Seronet, un site dédié à la lutte contre le sida. Ils ne parlent jamais de cette priorité. Le constat des scientifiques, des prostituées et des associations de terrain est unanime et a été maintes fois répétés : la pénalisation du racolage passif a aggravé les conditions des travailleurSEs du sexe et entravé le travail de prévention des associations.

Bruno Beschizza et Sébastien Huygue se moquent du sida. Ils condamnent Hollande à des fins électoralistes mais oublient que sur le travail du sexe, UMP et PS marchent main dans la main : un rapport parlementaire a été approuvé par les éluEs des deux partis, qui défendent tous deux la pénalisation du client. Pourtant, cette mesure aura elle aussi des conséquences catastrophiques sur la sécurité des travailleurSEs du sexe et sur la lutte contre le sida.

L’UMP se moque de la loi et des droits

Sébastien Huygue prétend que la loi a été efficace pour lutter contre le proxénétisme. C’est soit un aveu d’ignorance, soit un mensonge, comme le prouve le bilan fait par les députéEs dans le rapport parlementaire [1]. Avec Beschizza et Huygue, l’UMP fait donc la promotion de lois qui n’atteignent pas leur objectif. Sébastien Huygue est pourtant député : quel respect pour le travail de ses collègues, y compris celles et ceux de son propre parti !

Les deux secrétaires ne précisent par ailleurs pas que la loi prévoyait une évaluation socio-sanitaire de son impact et ce, dès la première année de son application. Cette évaluation n’a jamais été faite. Avec Beshizza et Huygue, l’UMP fait donc la promotion de lois qui sont destinées à ne pas être respectées.

Enfin Sébastien Huygue prétend que l’application permet de protéger les travailleurSEs du sexe en les mettant en garde à vue. Enfermer pour protéger, plutôt que de donner des droits : c’est un résumé du projet politique de l’UMP.

L’UMP se moque des victimes de viols

Bruno Beschizza n’utilise la controverse sur le racolage passif que pour parler de viols. Il assimile donc prostitution et agressions sexuelles. Cet amalgame n’a qu’un effet : relativiser la gravité de ces dernières. Beshizza ne parle de viols que pour les placer sur le même plan qu’un rapport sexuel tarifé, ceci non pour améliorer la lutte contre les agressions sexuelles mais dans un but purement électoraliste. C’est une insulte aux victimes de viol que cautionne l’UMP en laissant son secrétaire national s’exprimer ainsi.

Nous exigeons :

- que Jean-François Copé s’excuse auprès des victimes de viol pour les propos tenus par son secrétaire national et pour l’utilisation électoraliste de leurs souffrances ;

- que Bruno Beschizza et Sébastien Huygue se tiennent informés avant de parler d’un sujet sur lequel ils sont visiblement incompétents ;

- que l’UMP cesse de passer sous silence les conséquences sanitaires catastrophiques de sa politique répressive en matière de prostitution ; que l’ensemble des partis, notamment des partis de gauche, se prononcent contre la répression des prostituéEs, mais aussi de leurs clientEs.

Act Up-Paris, Strass, Afrique Avenir, Fédération Total Respect | Tjenbé Rèd (Fédération de lutte contre les racismes, les homophobies & le sida), Acceptess-T, Cabiria, Support Transgenre Strasbourg

Manifestation Paris mars 2012, racolage passif, rébellion active !

March 23rd, 2012

VIDEO : 8 mars pour toutEs

March 16th, 2012

2012. Appel du “8 mars pour toutes” : l’idée est l’acceptation et la défense des droits de toutes les femmes : voilées, putes, trans, gouines… TOUTES les femmes sans exception.

TRAVAIL SEXUEL : STOP AUX RAFLES !

March 7th, 2012

Vendredi 2 mars, l’AFP nous apprend qu’une fois de plus, sur réquisition du procureur de la République, la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP) a procédé à une vaste opération anti-prostitution au terme de laquelle 25 personnes ont été interpellées et 16 mises en garde à vue. Des proxénètes ? Des chefs de réseau de traite et d’exploitation des êtres humains ? Non : des putes, juste des putes.

15 des 16 gardes à vue concernent des travailleu(r)ses du sexe en situation irrégulière. Qu’adviendra-t-il de ces personnes ? Centre de rétention, reconduite à la frontière, expulsion, interdiction de territoire ? … Qui s’en soucie puisqu’il s’agit de poursuivre la politique du Kärcher, la chasse aux putes, en particulier étrangèrEs !

Sécurité publique ?  Insécurité organisée !

Sous couvert de protection de l’ordre public, ces descentes de police régulières visent à réprimer la prostitution. Est-il encore besoin de rappeler aux représentants de l’État que le travail sexuel n’est pas interdit en France ?

Sous couvert de rapprochement avec les populations concernées et de lutte contre les réseaux, c’est l’insécurité des travailleurSes du sexe qui est organisée, en les poussant vers toujours plus de clandestinité, voire au recours à des intermédiaires, pour pouvoir continuer d’exercer, ou tout simplement pour survivre.

De l’abolitionnisme à la prohibition…

Certains mouvements abolitionnistes s’indignent de cette répression qui vise les travailleurSEs du sexe, et nous nous en réjouissons. Mais, aliénés par leur idéologie faisant du travail sexuel une violence en soi, ils ne proposent qu’une autre forme de répression, tout aussi irresponsable et dangereuse en voulant pénaliser les clients. Il ne s’agit que de prohibition.

Ainsi que nous le martelons depuis des mois, l’absence de droits et la répression du travail sexuel, de manière directe ou indirecte, sont des entraves à la liberté, à la santé et à la sécurité des travailleurSEs du sexe, tout comme ce sont des obstacles à la lutte contre la traite et l’exploitation des êtres humains.

Répression = contaminations

Les acteurs de la lutte contre le sida sont aujourd’hui dans l’incapacité de faire un travail de prévention efficace  dans de telles conditions. Tous dénoncent la répression qui exclut les putes de l’accès à la santé et aux soins, méprise la santé publique et augmente les risques de contamination.

Nous, travailleuses et travailleurs du sexe, prostituéEs, acteurs de la lutte contre le sida et les IST, associations de santé communautaire, continuerons de nous élever contre toute forme de répression du travail sexuel.

Nous exigeons :

  • Que cesse toute pénalisation des travailleusEs sexuelLEs et des personnes qui les aident, en particulier en abrogeant les infractions de racolage public et de proxénétisme de soutien.
  • Que les actes de violences et les abus, y compris l’exploitation, que peuvent subir les travailleusEs du sexe soient efficacement réprimés.
  • Que plus de moyens soient accordés aux associations de prévention et de santé communautaire, la garantie effective de l’accès à la santé et aux soins pour les travailleusEs du sexe, à l’instar de ce que demande le Conseil National du Sida (CNS).
  • Des campagnes de prévention aux VIH-sida et autres IST ciblant les clients.
  • Qu’un titre de séjour soit délivré de plein droit sans conditions aux étrangerEs victimes d’exploitation afin de garantir leur accès effectif à la justice et leur rétablissement dans leurs droits économiques et sociaux.
  • Que les travailleurSEs du sexe puissent se réorienter, s’ils/elles le souhaitent, sans subir de discrimination en raison de leur activité passée.
  • Que le droit commun soit appliqué aux travailleurSEs du sexe, ce qui implique notamment la possibilité effective de bénéficier de l’assurance maladie et de l’assurance retraite après paiement de leurs charges sociales.


Ni proxos ni patrons, travail sexuel libre !


Signataires :

Strass, Syndicat du travail sexuel - ActUp Paris - Aides - A.N.A, Avec Nos Ainées - Autres Regards - Collectif Droits & Prostitution - Cabiria - Grisélidis - Acceptess-t - les Amis du Bus des Femmes - OUTRANS’ - STS, Support Transgenre Strasbourg - “Fédération Total Respect | Tjenbé Rèd (Fédération de lutte contre les racismes, les homophobies & le sida)

version PDF à télécharger : Communiqué de presse 07/03/2012 STOP AUX RAFLES

Appel à manifester le 8 mars 2012, Journée internationale pour les droits des femmes

March 1st, 2012

8 mars pour TOUTES !

Le 8 mars sera une journée de lutte et de solidarité pour les droits des femmes, de toutes les femmes. Dans cette période de crise aigüe, les attaques touchent particulièrement les femmes dans le monde entier. Nous sommes solidaires des femmes en lutte en Grèce, en Espagne, au Portugal comme en Egypte, en Tunisie et dans tous les pays. En France nous sommes aux côtés des salariées de Lejaby et de toutes celles qui se battent pour leur emploi et leurs conditions de travail, de celles qui se battent contre la précarité et contre le démantèlement des services publics.
Dans un climat de renforcement de l’ordre moral nous défendons un féminisme non-excluant, nous voulons donner la parole à toutes les femmes dans toute leur diversité. Nous sommes ainsi solidaires des femmes sans-papiers en lutte pour obtenir leur régularisation, des gouines pour l’égalité des droits, des trans contre la discrimination, des assistantes maternelles et des mères musulmanes empêchées de travailler ou d’accompagner les enfants, des putes en lutte contre la pénalisation des clients.

Nous exigeons :

  • l’égalité salariale avec rattrapage immédiat
  • l’abrogation de la loi HPST et la défense du service public sur la santé des femmes (maternités, CIVG…)
  • de véritables services publics de la petite enfance au quatrième âge afin que les femmes ne soient plus obligées d’en assurer la prise en charge
  • l’évolution de la loi du 9 juillet 2010 sur les violences vers une véritable loi cadre contre les violences faites aux femmes élaborée en concertation avec toutes les organisations concernées
  • la régularisation des sans-papièrEs et un véritable accès aux droits pour toutes les femmes quelles que soient leur situation et leur origine
  • un ministère des droits des femmes avec des moyens conséquents
  • le droit d’asile pour les femmes cibles de persécutions et de violences sexistes, lesbophobes et transphobes
  • l’abrogation du délit de racolage public et la lutte contre les politiques actuelles et celles qui nous sont proposées qui ne visent qu’à pénaliser davantage les prostituéEs avec les mêmes conséquences que la LSI de 2003, leur mise en danger, leur stigmatisation au détriment d’une lutte effective contre les réseaux de proxénètes et leurs profits
  • la fin des discriminations racistes et xénophobes héritées de l’idéologie coloniale qui touchent en premier lieu les femmes
  • l’arrêt de l’instrumentalisation de la laïcité à des fins racistes et sexistes
  • la démission des élus auteurs de violences sexistes
  • le fin de toutes les mesures médico-juridiques imposées aux trans et des discriminations liées à l’identité de genre
  • l’égalité des droits pour les couples de même sexe (mariage, adoption…)
  • la construction et l’accessibilité au  logement pour les femmes, en particulier les femmes à  faible revenu et les femmes victimes de violences conjugales
  • une approche débarrassée des stéréotypes sexistes et hétéronormés de l’éducation à la sexualité, des droits sociaux et de la santé et ce dès la crèche.


Premiers signataires : Acceptess-t, Act Up-Paris, Afrique Avenir, ANA (Avec Nos AinéEs), Aides, Autres Regards, Cabiria, Collectif Tirésias, Etudions Gayment, la FSE (fédération syndicale étudiante), la Fédération LGBT, Fédération Total Respect - Tjenbé Rèd (Fédération de lutte contre les racismes, les homophobies et le sida), Frisse, G.A.R.Ç.E.S (Collectif Féministe Sciences-Po), Grisélidis, HomoSFèRe, Les Amis du bus des femmes, Mouvement Français Planning Familial (Confédération Nationale), NPA, OUTRANS’, STRASS (Syndicat du Travail Sexuel), Sol En Si (Solidarité Enfants Sida), STS (Support Transgenre Strasbourg), TaPaGeS (TransPédéGouines de Strasbourg), TumulTueuses,  …

Un point presse se tiendra à 18h place de la Nation, dans la contre-allée entre le Faubourg Saint Antoine et le boulevard Voltaire.

Version PDF à télécharger : Appel 8 mars pour toutes - PDF


Contacts Presse :

Morgane Merteuil, Strass : 06 63 58 45 23

Malika Amaouche, Collectif Droits & Prostitution : 09 50 16 54 56

Cécile Lhuillier, Act Up Paris : 06 65 64 52 88

Carine FAVIER, mouvement français Planning Familial  : 06 88 52 09 10